Bocal Mazik, marmite magique !
Écrit par la rédac' Dimanche, 15 Mai 2011 19:58
Le cerveau bouillonnant de Robert Verrière, tourneur/producteur, a mis au monde voilà près de 5 ans cette petite structure qui a choisi de promouvoir le travail de six groupes, principalement issus de la région Centre. Trois d’entre eux ont déjà reçu les éloges de Jeunes O’Centre : c’est donc tout naturellement que nous avons été attirés par le travail de Robert.
Les Sœurs Moustache, Cordeone et The Surgeries font partie de ces quelques groupes dont nous avons très vite parlé dans les colonnes de notre rubrique Musique O’Centre (créée en janvier 2010) et pour cause : ils font partie, dans des styles diamétralement opposés, des artistes les plus prometteurs de la région, qui mijotent sur le feu en attendant d’être dégustés par des dizaines de milliers de futurs fans.
A quelques kilomètres de la rédaction de Jeunes O’Centre, un ancien musicien d’une quarantaine d’années, après avoir pris le risque de plaquer un boulot totalement différent, a fait les mêmes choix, mais avec une différence de taille : il “embauche” ces artistes ! Son métier est souvent méconnu du public et même des jeunes groupes : il est tourneur et producteur. Voyons voir un peu ça.
“Ce sont deux métiers bien différents, mêmes si certaines activités vont dans le même sens. Le producteur cherche avant tout à rendre un artiste ou un groupe visible, par l’organisation de concerts publics dans des salles de grandes villes, avec invitations très ciblées et relances. L’idée est d’activer un carnet d’adresses et un réseau : par exemple, on programme un groupe à Paris, à la Maroquinerie ou à l’Européen, des salles de 200 ou 300 places, on fait venir le maximum de professionnels et on croise les doigts pour qu’ils accrochent.”
Complément idéal des dispositifs régionaux tels que Propul’Son, Coup d’Boost ou des résidences telles que celles du Pôle Nord de Blois, le fait d’avoir un producteur permet d’être accompagné sur la durée, avec une perspective d’optimisation du projet. Bocal Mazik est au départ une association, mais affiche clairement des ambitions de développement financier, pour la structure comme pour les artistes.
“Même si ça peut paraître étrange, je suis en quelque sorte l’employeur des artistes qui signent un contrat chez nous : nous leur trouvons du travail, nous les rémunérons, leur fournissons des fiches de paie en bonne et due forme. Il y a une grosse partie administrative et marketing dans ce métier, ce n’est peut-être pas aussi glamour que les gens se l’imaginent. La partie la plus excitante, c’est ce pari à long terme sur des artistes !”
L’autre volet de Bocal Mazik, c’est donc l’activité de tourneur. Un tourneur, comme son nom l’indique, organise des tournées, en partant à la chasse aux dates : salles, festivals, en région, dans la France entière et même à l’étranger. Il faut une sacré pêche et savoir défendre ses artistes au maximum.
“C’est pour ça que je n’ai pas 50 artistes à mon catalogue : d’une part parce qu’il faut vraiment adorer ce qu’ils font, mais aussi parce que faire un vrai travail de fond prend un temps fou. La diversité est aussi importante : imaginez par exemple que j’aie 6 groupes de rap français et que j’ai un bon contact avec un directeur de festival qui ne me propose que deux “places”... Lesquels de mes 6 groupes je vais choisir ? Ce serait ingérable.”
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le catalogue de Bocal Mazik est hétéroclite : la power pop de The Surgeries y côtoie la caverne d’Ali Baba hip-hop/groove/jazz/funk de Cordeone, ainsi que la délicieuse “chanson de chambre” des Sœurs Moustache, la chanson française drôle et barrée de Gérald Genty - entre Mathieu Boogaerts et Raymond Devos ! -, le décapant, radical et déroutant postrock vocal de Clarys et la pop-folk terrienne, tendue et lumineuse de Xavier Plumas (déjà connu par certains sous le nom de “Tue Loup”).
Ajoutez à ça deux spectacles pour enfants vraiment originaux (En attendant le père Noël et La vache qui rock) et il y a déjà pas mal de pain sur la planche. Frédérique, la présidente de l’association, veille au grain et aide Robert, notamment dans la coordination de certaines activités comme l’excellent “Mazik au Village” !
Mazik au Village, c’est un concert par mois... chez l’habitant, dans un lieu tenu secret jusqu’au soir-même, où seuls les gens qui auront réservé un peu à l’avance auront le privilège d’aller. “C’est toujours complet, c’est une formule qui plaît ; d’ailleurs si nous sommes à la quinzième édition, c’est bon signe”, déclare Frédérique Barbier, la présidente de Bocal Mazik.
On est tout excités de suivre les aventures de Bocal Mazik et de ses groupes et on a hâte de voir comment chacun va évoluer dans les mois et les années à venir. Tout peut arriver bien sûr et c’est ça qui est passionnant, comme le dit Robert : “Notre but est d’emmener les groupes à un niveau supérieur de professionnalisation et de reconnaissance ; s’ils cartonnent, c’est bingo pour tout le monde !” Les paris sont ouverts : lequel des six va exploser en premier ? Allez, nous on se mouille un peu : on mise sur Cordeone...
Approfondir
> http://www.bocalmazik.com : une petite bio et un clip de chaque groupe vous permettent rapidement de découvrir leur univers
> Concerts mensuels (le premier samedi du mois), Mazik au Village : http://www.bocalmazik.com/mazik.html











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