Dans l'intimité de l'Intime Festival de Saint-Avertin (37)
Écrit par la rédac' Mercredi, 15 Février 2012 22:46
Nous nous sommes retrouvés dans les coulisses du festival, après les concerts de Owlle et de Mesparrow, pendant le set dévastateur de l'immense Dj Kéké qui sévit de l'autre côté de la cloison. Entre l'interview des deux stars féminines de la soirée, nous avons rencontré deux spécialistes du son, Manu et Pierre, qui ont bien voulu mettre leur faim de côté alors qu'à côté de nous, techniciens, organisateurs et musiciens étaient attablés tous ensemble et rigolaient bien...
Manu sourit lorsque nous lui demandons comment il en est arrivé là , à 35 ans. Son parcours est tortueux et passionnant. Il a commencé par un Bac technique en Plasturgie, Mise en œuvre des matériaux, option composites
précise-t-il de son air malicieux. Parallèlement à ses études, il joue dans des groupes comme guitariste et assiste à des tas de concerts.
Le Brin d'zinc, un bar du Vieux Tours qui organisait des concerts, était mon QG. A l'époque, mon oncle était régisseur à l'Espace Malraux à Joué-lès-Tours et il m'a montré le boulot en régie plateau (le responsable du son sur scène, NDLR). Parallèlement j'étais bénévole sur plusieurs festivals. J'ai appris le métier sur le terrain. Je touchais aussi à la lumière, au montage des structures et un jour, j'ai rencontré le régisseur du Bateau Ivre qui m'a demandé si je voulais venir bosser avec eux à l'essai.
L'aventure dans cette salle mythique de Tours a duré 10 ans, jusqu'à sa fermeture début 2011. Il a ensuite collaboré avec la mairie de Saint-Avertin et est aujourd'hui redevenu indépendant.
Lorsque nous demandons à Pierre ce qu'un jeune de 15 ou 16 ans qui est attiré par ce métier aujourd'hui doit prendre en considération, il commence sans hésiter par les aspects positifs : relations humaines nombreuses et enrichissantes, contact direct et régulier avec la musique (si on aime ça, c'est le bonheur) et des relations avec les collègues qui sont vraiment fortes.
Côté négatif (tous les métiers en ont, soyons clairs), on trouve les horaires, bien souvent extensibles et toujours décalés. Les conditions de travail sont parfois très difficiles (Voire inacceptables
ajoute Manu, mais pas ici au Nouvel Atrium
précise-t-il) et il faut être physiquement assez résistant.
Il faut que ça marche coûte que coûte, nous explique Pierre. Lorsque les gens entrent dans la salle pour voir le concert, tout doit rouler parfaitement, quoi qu'il arrive. De l'extérieur, on pense que tout se fait tout seul, que c'est simple, or la logistique d'un concert est un truc très complexe. Parfois on court partout et on stresse, mais personne ne se rend compte de rien
.
Pierre a un parcours un peu plus «direct» que Manu, puisque dès l'âge de 14 ans, il avait très envie de travailler dans le domaine de la musique et même très précisément dans la partie son. Il a commencé à faire des stages dans ce milieu au lycée et a été très tôt bénévole dans des festivals pendant ses vacances.
Hyper-motivé, Pierre - 24 ans aujourd'hui - a fait partie des (trop rares) lycéens qui n'hésitent pas à trouver des stages par eux-mêmes et à proposer à leur bahut de signer des conventions avec les entreprises ou associations concernées, pour pouvoir les faire... Un exemple à suivre, bien évidemment !
Après un Bac ES et déjà avec une solide expérience (Bateau Ivre, entreprise privée de location de matériel et de mise à disposition de techniciens, bénévolat dans des festivals...), Pierre a eu envie d'une formation théorique et après un an en Première STI (en sortant d'un Bac ES, il fallait oser !), il finit par trouver une école spécialisée à Nantes où il passera un diplôme en 2 ans. Dès l'année suivante, il a suffisamment de contrats pour obtenir le «statut» d'intermittent du spectacle.
Lorsqu'on leur demande quels sont leurs groupes locaux préférés, ils hésitent un peu, mais finissent par lâcher quelques noms : Fumuj, Bad Billy... mais avouent que la scène tourangelle du moment est bouillonnante et passionnante et qu'ils ont du mal à choisir.
Nous quittons le Nouvel Atrium peu avant minuit, retraversant la salle où Dj Kéké œuvre avec talent devant quelques amateurs éclairés et bien inspirés d'en profiter au maximum. Nous nous mettons à rêver d'un club où il serait résident et où nous passerions tous nos samedi soirs...











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