Interview exclusive : Goldigger, de l’or dans les machines !
Écrit par la rédac' Dimanche, 06 Novembre 2011 15:47
Il existe environ 12 650 raisons possibles de rater son bac, dont le célébrissime «mon chien a mangé tous mes cours en pleines révisions». Un certain Marc-Antoine, lycéen à Joué-les-Tours (37), DJ repéré par Les Inrocks, avait commencé l’année scolaire 2010-2011 par une soirée CQFD Party à Caen. Forcément, il était mal parti...
«Après des mois de travail et de réflexion, j’ai véritablement lancé le projet Goldigger pendant le printemps 2010. Quelques mois plus tard, je faisais les inter-plateau, puis une after au Bus Palladium au Festival des Inrocks à La Cigale à Paris.»
Visiblement amusé, mais content de son succès fulgurant, Marc-Antoine Goldigger enflamme un dance floor en trois minutes, mais sait garder la tête froide et relativiser. Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas parce que les Inrocks vous déroule le tapis rouge sur deux ou trois jours que votre carrière musicale est assurée.
«Mon objectif numéro un pour les prochains mois, c’est d’avoir mon bac ! Evidemment, je ne vais pas arrêter de travailler mes mixes, ni de faire quelques soirées, mais je vais ralentir et surtout me consacrer au peaufinage de mon futur premier EP.»
Pas facile, quand on travaille dans l’instant et la spontanéité des soirées, de fixer définitivement quelque chose sur disque.
Au départ, Goldigger est un pré-ado comme les autres et ne passe pas forcément tout son temps à écouter des disques. C’est vers l’âge de 12/13 ans que tout commence à basculer : il découvre le rap américain et se met à en consommer sans aucune modération.
Détail... de taille : c’est son frère qui lui passe un logiciel de mix à 16 ans et demi et influence ses goûts en lui faisant écouter un peu autre chose : Justice, Yuksek, Don Rimini... Son frère qui n’est autre que le chanteur du groupe Divine Paiste, que nous avons interviewé dans ces colonnes début 2010.
«J’ai vite commencé à bidouiller pendant des heures avec ce logiciel et j’ai découvert tout naturellement le mix. Très vite, je me suis mis à intervenir de plus en plus souvent dans des soirées privées à droite et à gauche, chez des amis d’abord, puis chez des amis d’amis. Je reste avant tout un DJ , basculer du mix à la composition n’est pas évident»
Touché par la grâce et laissant son talent exploser, Marc Antoine devient Goldigger en quelques mois et fait son premier vrai set en mai 2010 au club de la fameuse salle de concert Clermontoise La Coopérative de Mai.
Peaufiné de mois en mois, le style Goldigger donne déjà toute sa saveur dans une mixtape à la puissance hallucinante, écoutable sur SoundCloud (lien ci-dessous) et laisse augurer de beaux lendemains. Sans jouer sur les mots indéfiniment, parlons ici directement de «techno», et non d’électro, ce mot politiquement correct et fourre-tout.
En bavardant autour d’un café avec le bonhomme, on voit bien vite qu’il aime avant tout s’amuser, et que son jeu préféré est sans doute le fameux «je te mixe/tu me mixes» qui consiste à poser sa patte sur les morceaux des autres et à se faire remixer les siens par ces mêmes «autres». Le premier qui rira aura une tapette.
Soyons clairs : la musique de Goldigger est sacrément musclée, et avant tout taillée pour les dance-floors, pas pour la chaîne hi-fi du salon de vos parents. Ou alors, il faut les envoyer en week-end à la mer avant d’appuyer sur Play. Goldigger n’y va pas avec le dos de la cuiller et mixe sans arrière-pensée ni calcul, comme si rien n’avait été fait avant. De la à dire qu’il réinvente le genre 20 ans après, il n’y a qu’un pas...
Cette fausse naïveté fonctionnant à merveille grâce à son jeune âge, Goldigger avance tranquillement et son côté «passe-ton-bac-d’abord» brouille les pistes avec son air angélique. Car, prenez garde : dès qu’il passe derrière ses machines, c’est un monstre !
Avec les ingrédients déjà présents aujourd’hui, nul doute qu’en continuant à creuser encore ce filon, à mi-chemin entre le meilleur son des DJs anglais des années 90 et celui de leurs cousins de Chicago, et à des kilomètres de la French Touch, Goldigger peut se lécher tranquillement les babines : s’il sait apparaître où il faut quand il faut (ce qui fait aussi partie du talent, dans ce domaine) dans les mois et les années à venir, il pourra sans problème rivaliser avec les plus grands.
> Le morceau «Heads or Tails» sur SoundCloud : http://soundcloud.com/goldigger/heads-or-tails
> La déjà légendaire «Mixtape for Cultural Fervent», également sur SoundCloud : http://soundcloud.com/goldigger/mixtape-for-cultural-f













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