Interview Moonjellies. 2011 : l'année des méduses ?
Écrit par la rédac' Lundi, 21 Février 2011 18:20
Nous avons rencontré l'un des groupes qui montent dans la région Centre, le quartet tourangeau de Moonjellies. En concert un peu partout en ce moment, Moonjellies dépensent beaucoup d'énergie pour emmener leur beau projet le plus loin possible.
| Nom | Jouer | Télécharger | Taille (Mo) | Durée (min) |
|---|---|---|---|---|
| MOONJELLIES_Whispering_stone |
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2.6 Mo | 3:57 min |
Notre conversation avec Damien et Julien, respectivement guitariste et guitariste chanteur, est un peu comme les premières mesures du tout premier morceau de Inner Anger Feather, leur album sorti début 2010 sur le label tourangeau Un Je Ne Sais Quoi: elle part dans tous les sens et nous emmène sur plein de sujets différents qui nécessiteraient chacun de longues soirées dans des cafés pour tarir !
Le bien nommé “Meeting Place” commence par un petit choeur à la Beach Boys et enchaîne sur une ambiance pop-rock imparable, au son authentique, entre Feelies, Stone Roses et Beatles, nous gratifiant d'un superbe “bridge” avec un cuivre et un riff de guitare sautillant qui met immédiatement de bonne humeur. Un sacré lieu de rencontre, en effet... Trois minutes sobrissimes et proches de la perfection pop.
“Les Beatles sont pour moi une référence assumée, déclare Julien sans détour. Je les ai découverts sur le tard, vers 21/22 ans. C'est autant leur musique que leur côté touche-à-tout et bricoleur qui me plaît chez eux. Les Beatles ont écrit les chefs d'oeuvre que l'on sait avec parfois trois accords de guitare, dans l'urgence, un peu à l'arrache. Ce côté brut et immédiat correspond à mon approche de la musique.”
Damien, lui, se réfère plus à des grands noms des Années 90, époque cruciale pour l'ado qu'il était (il a aujourd'hui 31 ans et avait donc 15 ans en 1995) : Smashing Pumpkins, Oasis et la flopée de groupes indépendants anglais et américains qui marquèrent une décennie musicalement excitante et fascinante.
C'est pourtant dans un groupe hardcore/punkrock qu'il fait ses armes à Tours entre 1999 et 2004, les Martin Boreman Super Service, pendant que Julien gratouillait sa guitare et chantonnait tout seul dans sa chambre, avec une approche plus “analytique” de la musique. L'alchimie entre ces musiciens et leurs parcours nous sert un premier album aux richesses mélodiques et aux variétés digressives les plus étonnantes.
C'est sur le tard que tout ce petit monde se rencontre, avec le bassiste Guillaume, et entre la Dordogne, Nantes et Chinon, les Moonjellies débarquent sur Terre - à Tours, plus précisément - en 2007.
“C'est un gros avantage de démarrer un groupe quand on a la trentaine : on a du recul, on a tous un boulot, donc des revenus et une certaine sécurité financière, pas encore de contraintes familiales, donc du temps et une grande flexibilité,” nous confie Damien, formateur (Julien est instituteur).
Moonjellies ont du temps libre et comptent bien le mettre à profit pour continuer à explorer leur univers musical, à travailler les harmonies vocales, en cherchant à s'affranchir d'influences qu'ils estiment encore trop visibles aujourdʼhui.
Pourtant ceci est un vaste débat : par rapport à beaucoup de groupes plus connus, on peut trouver celles de Moonjellies plutôt bien digérées et surtout plus variées et moins mainstream. C'est plutôt côté légèreté, arrangements et profondeur mélodique que Moonjellies ont à notre avis une grande marge de progression.
“Pouvoir bosser notre musique jusqu'à six heures par jour est un luxe inouï par rapport à l'époque où nous vivons et par rapport à beaucoup d'autres groupes amateurs. Cela nous permet aussi de gérer la partie moins passionnante, mais tout aussi essentielle de notre projet : l'administratif et la communication.”
Damien est le maître incontesté de la bande sur le sujet, mais il aimerait avoir un autre luxe : celui de ne plus avoir à gérer QUE la musique ! Avec pour l'instant 0% de revenus, l'activité musicale de ces quatre “grands” adultes est un sacré challenge qui nécessite une motivation hors-norme.
“Je ne pense pas qu'un groupe puisse durer éternellement comme ça. Au bout d'un moment, soit on passe un cran au-dessus et on a une petite équipe rémunérée autour de nous pour gérer certaines choses, soit on devient juste un petit groupe de potes qui se retrouvent deux ou trois fois par an pour jouer des reprises dans un garage.”
Comme beaucoup d'artistes que nous avons rencontrés et dont vous retrouverez les interviews dans cette rubrique, Moonjellies sont un peu entre les deux et, c'est bien légitime, espèrent mieux dans les mois à venir.
Pour les soutenir, la recette de départ est très simple, c'est toujours la même : achetez leur album sur I-tunes et allez les voir en concert !
Approfondir
> un morceau sur notre playlist Deezer (en bas à gauche de cette page) + un autre en tête de cet article
> liste des concerts sur leur page MySpace : http://www.youtube.com/watch?v=VPi6TXfscKw&feature=related
> résidence Tous en Scène à Tours en avril
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