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Intime Festival 2011 à Saint-Avertin : on y était !

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okintimefestAvec sa programmation éclectique et de haute volée, l'Intime Festival s'installe peu à peu dans les références hivernales de la région. A la foule du jeudi (Arno) et du samedi (Daphné), nous avons préféré la jouer “locale” et nous avons assisté à la soirée du vendredi.

A l'image du reste du festival, la programmation des trois groupes locaux de ce vendredi soir était de qualité et idéalement variée, et le fait que Piano Chat se produise non pas sur scène, mais dans l'entrée, sans sono ni aucun artifice lumineux, a donné une dimension originale à la soirée.

Faut-il regretter que ces groupes locaux aient été esseulés (une centaine de personnes seulement) lors d'une soirée sans tête d'affiche ? Ou au contraire, se réjouir du fait qu'au moins les spectateurs présents étaient vraiment là pour eux et non pour passer le temps en attendant la suite, ce qui est le côté négatif de jouer en première partie ?

L'idée d'un pass 3 jours n'aurait-elle pas permis d'inciter les spectateurs des deux autres soirs à venir pointer leur nez le vendredi aussi ? A voir.
Passé ce détail, c'est une bien belle soirée que nous a offert l'équipe dynamique du Nouvel Atrium, la petite scène locale qui monte. Une belle salle, de taille idéale, nichée à deux pas du Cher et du centre-ville de Saint-Avertin, accessible en moins de 10 minutes du centre de Tours par l'autoroute, pas de difficultés pour se garer à proximité...

Les Tourangeaux devraient y regarder de plus près !
LX ouvre le bal. Affublé d'un batteur malin et bruyant, il distille un slam sympathique et bien rôdé, aux explorations sonores surprenantes. Même s'il lui reste du travail côté mise en scène, où on sent les deux acolytes un peu fébriles, LX a déjà la bonne humeur communicative, le flow et la plume bien affûtés et nous promet sans aucun doute de beaux lendemains.

Moonjellies confirment sur scène tout le bien qu'on pensait d'eux sur disque, mais aussi avec les mêmes limites : un manque de profondeur de son et/ou d'arrangements. Un concert impeccable où s'enchaînent leurs mélodies accrocheuses et légères et où, à certains moments, on finit par se croire 15 ans en arrière dans un bon petit club de Manchester ou de Liverpool.

Cette formation tourangelle est indiscutablement à deux pas de décoller, tel un bidon d'essence qui n'a besoin que d'une petite étincelle pour exploser. On encourage Moonjellies à ne rien lâcher dans les mois et les années qui viennent pour qu'un déclic les transforme en groupe majeur de la région... et bien plus encore.

A la fin de LX et avant Moonjellies, une voix nous invite gentiment à quitter la salle pour aller voir la suite dans l'entrée... Forcément, ça surprend et c'est les yeux plein d'attente que tout le monde se retrouve plus ou moins avec une Kro à la main, debout dans la lumière éclatante du hall, face à un phénomène musical dont on n'a pas fini d'entendre parler.

Passée la déception bien légitime de ne découvrir ni chat, ni piano, nous voilà face à un drôle d'énergumène avec une guitare électrique, une caisse claire, une cymbale et un petit synthé. Même si on ne peut s'empêcher d'emblée de penser à Boogers, le Rémy Bricka électro-pop-rock déjanté de la scène locale, Piano Chat se charge vite fait de nous montrer qu'il n'est qu'un lointain cousin.

Au bout de trois ou quatre morceaux délivrés dans une spontanéité et un dépouillement hallucinants, les sourires amusés du départ laissent place dans le public à des regards médusés ou des mines un peu gênées qui ne savent pas trop si c'est du lard ou du cochon (ou du chat).

La proximité (voulue) avec l'artiste renforce cette implication du public dans une musique brute, immédiate et sans compromission. Le mot “expérimental” serait abusif dans la mesure où le travail de Piano Chat est non seulement abouti, mais tout à fait “mélodique” et accessible, rappelant par certains côtés certains groupes hardcore comme Rage against the Machine, sauf qu'eux ont besoin d'être 4 ou 5 pour faire autant d'impression !

Véritable révélation de la soirée, Piano Chat, contrairement à LX et à Moonjellies, semble déjà avoir atteint sa maturité musicale et artistique et inflige une véritable claque au public, averti ou pas. S'il manque d'inspiration pour le titre de son futur album (mais au fait, cette expérience musicale peut-elle décemment être “enfermée” sur disque ?!) on lui suggère “Comment j'ai mangé Sonic Youth et Daniel Johnston”.

Bruyant sans être bruitiste, situationnel sans être situationniste (quoi que...), Piano Chat fait de la musique de chambre au sens propre du terme. Une chambre d'ado
bordélique où une vache n'y retrouverait pas son veau, mais où on s'y sent comme chez soi.

Approfondir
> découvrez notre reportage photo de la soirée

{gallery}musique/intimefest::::0{/gallery}

> http://www.ville-saint-avertin.fr/culture-patrimoine/la-saisonculturelle/ saison-2009-2010/lintime-festival.html

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