Misteur Valaire : les Beastie Boys au Club Med
Écrit par la rédac' Samedi, 06 Août 2011 14:32
Lointains cousins de The Shoes, les Québécois de Misteur Valaire, sorte de Tontons Flingueurs de l’électro-jazz ou Jean Dujardin du hip-hop (drôles, beaux, talentueux), sont en finalité impossibles à étiqueter tant leur show à couper le souffle regorge de références et écume trente ans de musique et... d’humour.
Quelques jours après un concert bouillant devant des milliers de festivaliers hystériques aux Vieilles Charrues, Misteur Valaire (5 sur scène et 1 DJ video en coulisse) ne se laissent pas refroidir par deux cents personnes assises et pas forcément toutes super motivées (le concert fait partie d’une séries d’animations estivales gratuites) dans un hangar austère à Châtellerault (86).
Il ne faut pas plus de deux minutes pour que tout le monde se lève et s’approche de la scène en commençant à se dandiner. Au fur et à mesure des morceaux, l’ambiance monte avec une force étonnante et les musiciens se donnent autant que s’ils jouaient dans un stade surchauffé.
Descentes récurrentes dans la salle, chorégraphies faussement improvisées, escalades intempestives sur les amplis, sauts en l’air, valse de lunettes de soleil, de casquettes et de costumes désuets et spectaculaires (au sens propre) : l’humour tantôt potache, tantôt pince sans rire, tantôt physique dénote constamment avec un son puissant et une musique qui empruntent aux plus grands, dans différents styles.
Tout en invectivant régulièrement le public comme de gentils organisateurs de club de vacances pleins d’adrénaline, ils nous servent l’air de rien un cocktail impeccable rappelant tantôt le meilleur de la funk des années 70, tantôt la techno radicale des Chemical Brothers, le rap américain old school des Beastie Boys, les samples et scratches bien sentis de Wax Tailor, la bonne humeur sautillante de Gonzales...
Des envolées electro-jazz appuyées par des parties de cuivre aériennees (saxo, trompette) nous emmènent quant à elle plutôt dans l’univers de c ertains albums du label ECM, comme ceux de Jan Garbarek ou Manu Katche, en plus rapide.
MV réussissent un truc inimaginable : ils parodient sans se moquer, se marrent tout en produisant une musique d’un niveau incroyable, passant d’une blague à deux balles à un gros son drum n’ bass qui cloue tout le public au sol, puis enchaînent sur un rap au flow super léché. Au bout du compte, on repart de là en se demandant si c’était du lard ou du cochon.
Difficile aussi de savoir où donner de la tête dans un tel spectacle : tous les sens sont stimulés. Regarder les vidéos (excellentes) qui défilent sur l’écran en fond de scène, rigoler, écouter, danser comme un dératé, suivre les incessants mouvements des musiciens... Pas facile de tout faire à la fois, ni de choisir !
Côté disque, certains diront que c’est un peu comme regarder des papillons morts cloués dans un boîte plutôt qu’en liberté dans la nature. Pourtant, Misteur Valaire, même absents physiquement, cartonnent aussi en studio. Leur dernier opus, Golden Bombay (dont nous vous proposons ci-contre quelques titres, dans le lecteur Deezer situé dans la colonne à gauche de cet article), est une parfaite introduction à leur univers déjanté et festif, mais aussi à leur capacité à construire des univers mélodiques mélancoliques ou pop.
Vous devrez vous en contenter pour l’instant car ils ne sont pas près de revenir en France : leur prochaine tournée est prévue pour octobre et, à ce jour, aucune date n’est malheureusement prévue en région Centre...
Approfondir
> Le clip fabuleux de “It’s all good” : http://www.youtube.com/watch?v=UyfIGe43GS8&feature=relmfu
> Un extrait de leur prestation aux Vieilles Charrues 2011, qui restera gravée dans les esprits présents : http://www.dailymotion.com/video/xjyknq_misteur-valaire-ave-mucho-live-vieilles-charrues_music#from=embediframe
> Leur site officiel où on peut, notamment télécharger légalement leur dernier album au prix de son choix : http://mv.mu











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