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Printemps de Bourges 2011 > rencontre en coulisses avec Anaïs, chargée de production

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visuel_cateringLe “catering” ? C’est quoi cette bête-là ? Derrière cet anglicisme difficilement remplaçable, il faut bien le dire, par les trop longs et peu séduisants “logistique repas” ou autre “gestion nourriture”, se cachent des personnes et des métiers. Leur objectif : nourrir dans les meilleures conditions tous ceux qui “font” le festival .

 


Après avoir montré patte blanche (la patte blanche au Printemps de Bourges, en ce qui nous concerne, était en fait un badge vert !), nous entrons dans un hall et tout de suite à droite, dans un tout petit bureau aux murs tapissés d’affiches de quelques-uns des artistes programmés cette année.

 

Assises derrière un bureau et des ordinateurs, Anaïs, chargée de production et son assitante-stagiaire, Fabienne. Les artistes, elles ne les voient (presque) pas sur scène, mais elles ne se contentent pas non plus de les regarder sur les affiches : elles les croisent plusieurs fois par jour lorsqu’ils vont manger.

 

Après avoir en vain tenter de négocier une affiche ou deux (“elles sont toutes réservées depuis longtemps”), nous commençons la séance photo et l’interview de deux demoiselles visiblement passionnées et contentes d’être là.

 

“Je suis en formation d’assistante de production à Issoudun et je suis ici dans le cadre de mon stage obligatoire, nous dit Fabienne pendant qu’Anaïs se débat avec une imprimante récalcitrante. J’ai 10 semaines de stage à faire en tout, dont une ici. Il n’y avait que trois places proposées à notre école, j’ai été sélectionnée sur dossier, pour ma motivation, et aussi un peu par rapport à mon expérience.”

 

Leurs horaires assez “décalés” (11h30-15h30, puis 18h30-23h30), correspondant à ceux des restaurants qu’elles “gèrent”, ne leur permettent pas de voir beaucoup de concerts, mais, visiblement très bien organisées, elles arrivent quand même à se relayer pour souffler un peu (et manger, elles aussi !). Sitôt débauchée, elles filent voir la fin des concerts ; nous croiserons d’ailleurs Fabienne le soir-même à la fin du concert de The Shoes, vers 1h30 du matin.

 

“En amont, mon travail consiste à récupérer toutes les demandes de repas qui ont été faites par les artistes, les techniciens, les musiciens, les équipes de production et d’autres professionnels présents au festival. Je centralise ces demandes et ensuite, la deuxième grande étape c’est l’édition de tous les tickets-repas correspondants”, nous explique Anaïs, enfin libérée et visiblement pas du genre à se laisser embêter par une imprimante.

 

Ces tickets-repas, une fois édités, sont répartis par groupes de personnes et mis à la disposition de celles-ci. Ils donnent accès à deux restaurants totalement privés, exclusivement réservés aux détenteurs de ces fameux tickets. A la fin de notre entretien, on aura même droit à mettre le nez dans l’un des deux restaurants où régnait une ambiance bien sympathique et plutôt calme, et où un stock impressionnant de superbe Forêt Noire nous mit l’eau à la bouche !

 

C’est le même prestataire qui gère les deux lieux. Une boîte de Montpellier, Little Big Catering, qu’Alain Piel (le big boss de la logistique, voir notre article sur lui, NDLR) a rencontré à Rock en Seine il y a quelques années, un autre grand festival de musique. Une vingtaine de personnes en tout bossent pour le catering du Printemps de Bourges.

 

“Nous devons prendre en compte tout un tas de demandes spécifiques : végétarien, végétalien, halal, bio, sans gluten, sans produit laitier, etc... Ensuite, sur place, c’est un self et tous les plats présentés sont plus ou moins “étiquetés” selon leur correspondance à tel ou tel régime alimentaire.”

 

Des régimes alimentaires qui donnent parfois lieu à des situations cocasses comme l’année dernière où un célèbre groupe de hip-hop français, arrivé dans le restaurant où il n’y avait pas de plats halals a dû ressortir pour se rendre dans l’autre.Ils se sont adressés à Anaïs :

 

“Ils m’ont demandé si je pouvais les escorter car dehors, des fans les attendaient pour leur demander des autographes et ils ne voulaient pas en signer, ils voulaient juste aller manger. Je me suis donc retrouvée “garde du corps” d’une demi-douzaine de solides gaillards qui faisaient presque tous deux têtes de plus que moi... C’était très drôle !”

 

Intermittente du spectacle, Anaïs ne travaille qu’une quinzaine de jours pour le Printemps de Bourges et le reste du temps, elle exerce son métier dans d’autres manifestations culturelles. Une vie professionnelle risquée, mais vraiment pas comme les autres.

 

Approfondir

 

> sur notre photo, Fabienne à gauche, Anaïs à droite

 

> l’organigramme du Printemps de Bourges vous donnera une idée des principales missions et des nombreux métiers en jeu dans la vie d’un festival... cherchez bien, Anaïs y est !

 

http://edition2011.printemps-bourges.com/fr/commun/organigramme.php

 

 

 

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