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Twilight Motion : interview exclusive Jeunes O’Centre

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Devinette : qui, dans un groupe, parle le mieux de sa musique ? Si vous avez répondu le chanteur, vous avez perdu. Chez Twilight Motion, de toute façon, il n’y en a pas ! On a quand même papoté avec eux sous le soleil de plomb de l’été indien, près du Pont Wilson à Tours. La réponse était : la musique elle-même.


Le morceau d’ouverture du premier album de ce trio tourangeau atypique, contrairement à leur refus d’assumer ce passéisme, flirte avec le meilleur de la fin des années 1980. Une espèce d’electro dark wave, passant tranquillement du meilleur de Front 242 au meilleur de Depeche Mode, versant mélancolique («Pimpf», «Somebody», «Little 15»...). Avec ce petit je-ne-sais-quoi en plus, la «Touraine touch» sans doute. 

Dès le deuxième morceau, ces influences disparaissent presque complètement et l’univers unique de Twilight Motion prend le dessus sur tout étiquetage à la noix.

Etienne, Francis et Julien ne se ressemblent pas et c’est tant mieux : parcours différents, goûts musicaux différents, personnalités affirmées et - visiblement - complexes... Au bout du compte : ce fatras incroyable qui, sorti le 12 septembre, n’en finit pas de tourner à la rédaction de Jeunes O’Centre. Objet fascinant, tantôt bruyant, tantôt tranquille, toujours à côté de toute attente, à la fois désuet et moderne, diablement séduisant et se fixant finalement relativement peu de limites dans l’exploration musicale.

«Sans dire qu’il s’agit d’un concept-album, il y a tout de même un scénario. Le disque s’appelle Dark City et raconte cette ville par différents angles. Les ambiances musicales sont nombreuses, même si la noirceur domine. Nos influences musicales sont elles aussi variées, de Birdy Nam Nam aux Chemical Brothers, en passant par Korn, les Smashing Pumpkins, High Tone, ou encore Archive et le rock progressif. Mais on peut d’abord dire que notre principale influence, c’est le cinéma.»

Les instrumentaux dominent l’album et lorsque chant il y a, comme dans le monumental «Lost», le ciel s’assombrit dangereusement et seules les chauve-souris et quelques rats peuplent les rues de ladite ville. Samples millimétrés, guitares plus ou moins sales, lignes de basse pures, autant issues de la new wave que de l’electro parfois la plus brutale, ou que du trip hop le plus radical, selon l’humeur.

«La majorité des compositions émanent de créations d’Etienne au clavier, à partir desquelles nous construisons les morceaux» explique Francis, le bassiste, dernier arrivé recruté par petite annonce quelques jours avant une série de concerts en 2009 !

«Au départ, nous composons plutôt en situation live, plutôt qu’en home studio, même si les machines ont une place importante dans notre musique. L’enregistrement de l’album a nécessité une accélération dans la composition, puisqu’il a fallu faire 5 ou 6 nouveaux morceaux en 6 mois !»

Un album produit par Neosonnix le petit label régional qui monte (et dont nous reparlerons très bientôt dans ces colonnes) et qui a donné une belle enveloppe au groupe pour qu’il parte enregistrer à Paris pendant trois semaines, à Montmartre Recording. Loin du glamour qu’on peut imaginer (hôtel 4 étoiles, champagne, lunettes noires et mannequins au bras), le trio campe dans le petit appart du frère d’Etienne, parti en Chine au bon moment et ne traverse pas la capitale en limousine pour aller glandouiller dans le studio une heure par jour !

Non, chez Twilight Motion on bosse dur, vite... et bien ! Avec l’aide de deux ingénieurs du son dont ils connaissent depuis un moment la «couleur du son». La pierre brute, mais déjà superbe, est alors ciselée par Chocko, qui collabore notamment avec le Peuple de l’Herbe et High Tone, deux groupes connus et reconnus pour leur son hallucinant.

«Nous sommes de plus en plus dans la logique d’une maîtrise technique, alors qu’au départ on était autodidactes au niveau de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur). Mais ce qui prime, c’est l’expression de chacun de nous trois, qui reste au même niveau : c’est l’une des raisons pour lesquelles nous n’avons pas de chanteur unique et permanent, pour éviter cette emprise de l’un sur les autres.»

Côté scène, le groupe se perfectionne de mois en mois, grâce à diverses résidences dans des structures de la région, mais aussi à des heures de travail associées à une motivation très forte : malgré leurs boulots et leur vie privée, les membres consacrent plus de 50% de leur temps au projet Twilight Motion.

Un album envoûtant qui mérite vraiment le détour. Un groupe étonnant qui n’a pas fini de nous emmener dans des contrées musicales dépaysantes...

 

> Le morceau «Dark City» sur SoundCloud :http://soundcloud.com/neosonnix-production/sets/twilightmotion-drakcity

 

> Plein d’infos et de liens sur le site du label Neo Sonnix :http://www.neosonnix-production.fr/artistes/twilight-motion,4,1,300.php

 

> Un reportage de France 3 sur leur récente résidence : http://www.dailymotion.com/video/xlw1ih_twilight-motion-en-residence_music


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