A 30 ans, cet orléanais originaire de Conakry (Guinée) dégage beaucoup de sérénité et de maturité, tant dans sa musique, que dans ses textes et le regard qu'il porte sur son travail.
-J'ai commencé la musique relativement tard, vers l'âge de 20 ans. J'ai une formation autodidacte. Par contre, j'écris depuis l'âge de 15 ou 16 ans, quand j'étais encore en Afrique.
Med Killah est depuis son adolescence un amoureux des mots. Au lycée il lisait beaucoup. Des classiques de littérature française, avec une préférence pour Zola, Voltaire et Hugo, mais aussi des piliers de la littérature africaine du 20ème siècle comme le nigérian Chinua Achebe ou le Guinéen Camara Laye.
- J'aimais beaucoup la lecture car ça me permettait de découvrir de nouveaux horizons sans quitter mon environnement quotidien. Je me suis mis naturellement à écrire, mais c'était un passe-temps sans prétention, juste des ébauches de textes.
La fibre artistique et littéraire de Med Killah prend un tournant décisif le jour où des amis lui rapportent de France la cassette du premier album de Mc Solaar (“Qui sème le vent récolte le tempo”, 1991). C'est une révélation pour lui, une sorte de “logique” de l'usage des mots et de la musique qui va rapidement donner plus de maturité à son écriture et qui, tout simplement, va le conduire à écrire plus. - Quand je suis arrivé pour mes études à Orléans en 2000, je ne pensais pas du tout à la musique. Cette vie en France était tellement nouvelle pour moi, dans une chambre de 9m2, sans amis, ni famille. Je me suis d'abord concentré sur les sciences économiques (la filière que j'avais choisie) et sur les rencontres, pour me recréer un entourage amical.
Ces premiers amis des premiers mois en France sont d'ailleurs quasiment tous toujours ses amis aujourd'hui. Quelques mois plus tard, la musique a commencé à prendre de la place parallèlement à ses études. Son premier “groupe” ou plutôt collectif, s'appelait Expressif.
- Début 2001, on se retrouvaient entre amis après les cours pour écouter beaucoup de musique. A la cité U, il y avait beaucoup de nationalités différentes, on se faisait écouter les musiques de nos pays, on échangeait, c'était très enrichissant.
De fil en aiguille, c'est grâce à un poste radio que le groupe d'amis se met à chanter pardessus des instrumentaux de hip hop, principalement des beats, ce qui leur permettait de s'entraîner. Ils étaient une dizaine au départ, à passer de chambres en chambres pour “travailler”. Les relations de voisinage étaient parfois tendues, mais l'ambiance était plutôt bon enfant.
- C'était super, on évoluait bien, il y avait une bonne ambiance. Mais dès les années 2002/2003 j'ai voulu autre chose en plus : j'ai commencé à travailler en solo et j'ai voulu me frotter à la scène. J'ai fait quelques concerts comme ça, tout en continuant mes études et mon travail avec le collectif Expressif.
A partir de 2006 environ, la musique va prendre une place vraiment importante dans la vie de Med Killah, avec entre autres, un premier “gros” concert avec Expressif à l'occasion de la Fête du Campus de la fac d'Orléans.
Aujourd'hui, Med Killah est toujours en train de promouvoir son premier album (Alkebulan, sorti en octobre 2008), produit par un jeune beatmaker orléanais, Astronote et réalisé grâce au dispositif Propul'Son.
- Cette aide m'a vraiment boosté : il y avait 100 candidats et la Fraca-Ma n'en a retenu que 13. Psychologiquement déjà, c'est énorme et puis après, on se sent pris en charge, considéré véritablement comme artiste. C'est essentiel.
Med Killah prévoit la sortie de son deuxième album fin 2010 et il travaille actuellement sur un live avec des musiciens. Même s'il est content de ses enregistrements, il insiste beaucoup sur le fait que c'est sur la scène qu'il défend le mieux son travail.
Entre autres dates (visibles sur sa page Myspace >http://www.myspace.com/medkiller), deux grands rendez-vous à retenir dans les prochains mois : la scène régionale Propul'Son au Printemps de Bourges en avril et une apparition très attendue au Festival Terres du Son à Monts (37) en juillet.
Vous avez aimé cet article ? Vous pouvez le partager !