Allez, sʼte plaît, sois cool, mords-moi dans le cou !
Écrit par la rédac' Mercredi, 25 Novembre 2009 11:56
Twilight 2 (et sa superbe bande-son, voir lʼextrait dans notre playlist ci- contre, le titre mythique de Lykke Li) marque de son entêtante empreinte cet automne 2009 : doutes existentiels, hésitations insupportables, ambiance high school américaine, paysages inquiétants... Entre le raffinement et lʼurbanité des vampires dʼun côté et le (brutal) retour à la nature promis par les hommes-loups de lʼautre, le cœur de la belle Bella balance.
A la grande question “sortir avec un mec musclé à mort qui se transforme en loup ou avec un immortel pâlichon qui sʼest un jour nourri de sang humain et qui pourrait, dans un moment dʼégarement, vous bouffer toute crue ?” on a envie de rétorquer : “Mais ma petite Bella, ça ne tʼest jamais venu à lʼidée de sortir avec un mec normal ?”
Evidemment si cʼétait le cas, la saga “Twilight”, qui cartonne dans à peu près le monde entier depuis la sortie du premier livre en 2004, nʼaurait pas lieu dʼêtre ! Cʼest pas de bol quand même, Bella aurait pu tomber amoureuse de nʼimporte quel minet de son lycée bien comme il faut du nord-ouest américain (regardez un peu sur une carte, cʼest le bout du monde).
Et bien non ! Il faut quʼelle tombe sur un vampire. Mais un gentil vampire attention, sinon il lʼaurait bouffé à la première occasion, et là non plus, la saga nʼaurait pas pu exister. Pour contrer un peu le problème, Bella aurait pu avoir un meilleur copain disons, “classique”... Et bing ! Le beau Jacob se transforme en loup un peu comme on éternue, comme ça, hop.
Bref, cʼest dans une ambiance hyper esthétisée, très pluvieuse et plutôt sombre que Twilight 2 nous enferme pendant environ deux heures. Malgré quelques longueurs (il faut bien faire traîner lʼintrigue pour justifier les 4 volumes), le film est assez envoûtant, servi par des acteurs plutôt bons, une image froide bien maîtrisée, un rythme narratif tranquille (ponctué de quelques scènes dʼaction un peu speed) et un beau final très coloré (et très shakespearien) dans un village italien.
Si Roméo et Juliette sont cités et même mis en scène au début du film, ce nʼest pas un hasard : lʼamour impossible entre Bella et Edward en raison de lʼincompatibilité supposée entre les humains et les vampires, les interminables états dʼâme des protagonistes, le quasi-suicide dʼEdward apprenant la mort de Bella (qui est bien vivante) et la querelle entre deux groupes (les loups et les vampires) est ni plus ni moins une transposition de la célèbre pièce de Shakespeare dans un autre univers et une autre époque, à un ou deux détails scénaristiques près.
Quʼon adhère ou pas, quelques scènes sʼimposent comme des grands moments de cinéma qui marquent les esprits : la poursuite dʼune vampire par les loups dans les bois sur un morceau de Thom Yorke, la déprime de Bella scotchée sur le fauteuil de sa chambre avec les mois qui passent (triple plan circulaire, octobre, novembre, décembre), lʼarrivée très James Bondienne ou Nouvelle Vague dʼAlice à fond dans une voiture de sport jaune, dans un paisible petit village toscan où se déroule une (forcément) étrange procession.
Pour ceux qui nʼont pas encore lu les livres, le suspens final est insoutenable, sur le thème pourtant plus que classique de lʼindécision amoureuse maladive dʼune femme, dʼun homme, des deux, avec tout le bazar qui va avec...Que vous soyez un gothique végétarien, un grand sportif attiré par la vie sauvage torse nu dans les bois, la bonne copine de service ultra-speed, une charmante lycéenne en quête de sensations fortes ou un juste un mec timide qui va vomir dès quʼil voit un peu de violence sur un écran, nul doute que ce film touchera par sa sensibilité toute une génération et restera comme une référence de votre adolescence, dont vous reparlerez à vos enfants dans 15 ou 20 ans !
Bande-annonce > http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18924755&cfilm=140991.html











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