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Vous êtes ici :  Accueil Actus et reportages Reportages, réflexions, infos, conseils Les dangers du copier-coller

Les dangers du copier-coller

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copier-collerPlusieurs scandales de plagiat - on pense notamment à PPDA - ont récemment eu des échos dans la presse. Ce délit ne concerne pas seulement des personnalités, mais chaque jour des enseignants y sont confrontés et des milliers de lycéens et d'étudiants pratiquent régulièrement le “copiercoller”, parfois en toute innocence...

Vous connaissez le “copy tracker” ? Comme son nom l'indique, ce type de logiciel (il en existe plusieurs) permet de repérer des contenus textes et de les associer avec d'autres contenus déjà publiés. Dans certaines facs, cela est en train de devenir incontournable et le phénomène va vraisemblablement se développer fortement dans les années à venir.

Le plagiat, avec l'omniprésence des nouvelles technologies dans le quotidien des élèves et des étudiants, est devenu un véritable fléau. Il commence souvent dès le collège et, chez beaucoup, sans penser à mal : un exposé à faire, hop, on va voir sur internet, on pique une phrase à droite, une phrase à gauche, on ajoute un peu sa sauce et le tour est joué.

Nous avons interviewé une jeune fille de 3ème qui avait une présentation PPS à faire pendant les vacances de février. Thème : les avions. Après quelques questions, il s'est avéré que la quasi-totalité des textes (courts) de son travail étaient issus de 2 ou 3 sites internet et avaient à peine été modifiés. En toute sincérité, elle nous a avoué qu'elle considérait que c'était ça, pour elle, un travail de recherche et elle ne voyait pas le mal !

L'argument qui revient souvent chez celles et ceux qui confondent travail rédactionnel de synthèse et mise en page de paragraphes empruntés est que tout a déjà plus ou moins été écrit sur tous les sujets, et qu'ils ne peuvent donc “rien inventer”.

Argument compréhensible chez un collègien, irrecevable de la part d'un lycéen et légalement répréhensible chez un étudiant. La présomption d'innocence disparaît en effet avec les années et il est indiscutable qu'un mémoire de Master qui pompe des passages entiers à un travail existant sans citer celui-ci est l'oeuvre d'un tricheur. Il faut appeler un chat un chat.

Hélàs, ces tricheurs sont souvent très malins, plus malins que la plupart des “copy trackers” en tout cas. C'est le cas de certains cas récents relayés par les médias : reformulations rapides, remplacement de certains mots par des synonymes, insertion de phrases personnelles au milieu des “volées”...

Comme dans tout processus malhonnête, les choses deviennent vite techniques et parfaitement organisées. Fort heureusement, il y aura aussi toujours des personnes attentives, cultivées, curieuses et bien informées qui tomberont un jour ou l'autre sur le travail plagié... à condition que celui-ci soit diffusé un minimum.

En effet, les DM, exposés, rapports de stages, mémoires de fin d'études tombent très souvent dans les oubliettes juste après leur utilisation. Et dans ce cas, à moins que le ou les enseignants chargés de les lire et de mettre une note ne remarquent qu'il y a supercherie, la note est attribuée et le diplôme délivré et hop, le tour est joué. Définitivement.

Attention tout de même si vous devenez quelqu'un de connu et que des personnes fouillent les détails de votre passé : le ministre allemand de la Défense vient d'en faire les frais. Sa thèse de doctorat a été décortiquée et pour des sources non citées en bas de page, il a perdu son poste. Il est désormais surnommé le “Baron du copier-coller” et sa carrière professionnelle, à 39 ans seulement, est très compromise...

Pour tous les autres tricheurs anonymes, ou ceux qui seraient tentés, reste un seul espoir : la culpabilité. Penser toute votre vie que vous devez vos bonnes notes et vos diplômes au travail d'autres personnes, ça ne doit pas vous rendre très fier ; ça doit être un boulet qu'on se traîne toute sa vie, une sorte de “cadavre enterré dans le jardin.”

On trouve désormais sur certains travaux scolaires et universitaires des signatures sous la mention suivante : « J'atteste que ce travail est personnel, cite systématiquement toute source utilisée entre guillemets et ne comporte pas de plagiat ».

Une dernière chose enfin : même si tout a déjà été écrit sur de nombreux sujets, tout être doué d'un minimum d'intelligence et de compétences rédactionnelles est capable de se réapproprier n'importe quel sujet avec ses mots à lui. Le seul et unique obstacle à cet exercice s'appelle la paresse.

Approfondir
> http://fr.wikipedia.org/wiki/Plagiat

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