Moins de drogues, mais plus de tabac et d'alcool chez les jeunes
Écrit par la rédac' Samedi, 04 Février 2012 20:24
Une étude récente fait état d'une bonne et d'une mauvaise nouvelle, comme notre titre l'indique. Sachant que l'alcool est nettement moins chère que le cannabis ou la cocaïne, cela veut dire que la régularité et la quantité de sa consommation sont beaucoup plus importantes et, à long terme, ses effets sur le cerveau, d'autant plus dévastateurs...
Le préjugé est trompeur : ceux qui se disent que le fumeur de joints qui plane pendant les cours de l'après-midi a beaucoup plus de chance de compromettre son avenir intellectuel et professionnel que le jeune qui se «contente» de prendre une cuite tous les samedis, vont peut-être devoir revoir leur copie.
Les effets de l'alcool sur la santé d'un jeune (plus encore que sur celle d'un adulte), à moyen et longs termes, sont très graves. A titre d'exemple, dans les réunions de préparation à l'accouchement de certaines maternités, le tabac et la drogue passent souvent au second plan : l'alcool reste la préoccupation numéro 1 des professionnels de santé.
Après quatre ans d'une enquête nationale de grande envergure, les résultats sont impressionnants : en 2008, un ado sur 10 déclarait avoir été ivre au moins dix fois dans l'année. Cette proportion émane d'une autre : un ado sur quatre déclare l'avoir été au moins trois fois dans l'année...
Evidemment, on peut se demander ce qu'on entend par «être ivre». Quand on voit dans l'actualité récente ce garçon de 16 ans qui est mort étouffé par son vomi avec 4,5g d'alcool dans le sang, on est sans doute dans des extrêmes. Mais entre un ou deux verres consommés en quatre ou cinq heures et qui tournent un peu la tête et une fin de soirée à quatre pattes dans les toilettes, il y a une marge... que trop de jeunes franchissent largement.
Ceci sans parler de ceux qui prennent le volant dans un tel état. L'augmentation ces dernières années des jeunes qui consomment de l'alcool une dizaine de fois par mois est de 18%. On est dans des chiffres proches de ceux des adultes avec une différence de taille : le corps et le cerveau d'un ado sont encore en formation et l'alcool compromet leur développement intellectuel !
Côté tabac, ce n'est guère mieux. Malgré l'explosion du prix du paquet et les nombreuses campagnes de prévention, la consommation de tabac chez les jeunes demeure encore à un niveau affligeant : près d'un jeune de 17 ans sur trois est accro à la cigarette (32,7% des garçons et 30,2% des filles).
Comme nous l'annoncions dès le titre, la consommation de drogues, dont l'ecstasy, le cannabis et la cocaïne sont en baisse. C'est une bonne nouvelle, mais il y a une mauvaise nouvelle à l'intérieur de celle-ci : le nombre des petits dealers a augmenté. La raison en est simple : avec un budget de conso personnelle mensuelle de 160 euros en moyenne pour un fumeur de cannabis, il faut bien que l'argent vienne de quelque part, peu de jeunes ayant autant d'argent de poche...
Ceux-ci deviennent donc souvent revendeurs, avec tous les risques que cela comporte. En 2010, plus de 50 000 usagers ont été condamnés par les tribunaux en France, contre... seulement 12 700 en 2002 ! On peut facilement en conclure que la baisse durable et généralisée du nombre de consommateurs est liée à cette pression judiciaire importante.
L'éternel débat de société revient donc : pourquoi interdire d'un côté si radicalement la drogue et rendre aussi accessibles le tabac et l'alcool, pourtant médicalement considérés comme des drogues aussi ?
Approfondir
- Résultats complets des enquêtes Escapad : http://www.ofdt.fr/ofdtdev/live/donneesloc/atlas.html
- Informations & prévention : http://www.preventionalcool.com/index.php?/nos-campagnes/alcool-a-jeunes/











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