The Dodoz : la grosse sensation des festivals d’étéÉcrit par la rédac' Vendredi, 04 Septembre 2009 19:05 Quand on les voit débarquer sur scène, on a envie de sourire et, avant même qu’ils aient attrapé leurs guitares, de leur dire de rentrer chez leurs mères. C’est bien simple, on dirait qu’ils débarquent direct de la Première S du lycée d’à-côté. Moins de 10 minutes plus tard, on n’a plus du tout envie de rigoler : c’est la grosse claque. Tout simplement l’un des tout meilleurs groupes français du moment.
Il y avait deux catégories de festivals pour cet été 2009 : ceux qui avaient programmé les Dodoz, et les autres. Les plus malins avaient choisi leur festival en conséquence (il y en a eu des dizaines aux 4 coins du pays, ça devient un vrai sport national !), les autres sont tombés par hasard sur le quartet toulousain et beaucoup ne s’en sont pas remis.
Enchaînant des bombes de moins de 3 minutes comme les boulimiques enchaînent les barres de Twix, les Dodoz offrent une sorte de feux d’artifice musical où après chaque série, il reste des traînées blanches dans le ciel, un silence assourdissant et un goût amer de trop peu. Energie pure, poses insolentes, staticité et indifférence apparente de la chanteuse, larsens savamment dosés, sauts en l’air des deux guitaristes électrisés, changements constants de mélodies à l’intérieur même des morceaux, intros sur deux ou trois notes pour mieux préparer les oreilles au déluge surpuissant qui s’en suit. On cherche vainement les vrais musiciens New-yorkais ou Londoniens trentenaires qui jouent cachés en coulisses : non, ce sont vraiment eux, là, à peine 20 ans, qui jouent çà ! Avec un talent et une grâce qui suintent derrière chaque accord, des refrains imparables et une mise en scène faussement désinvolte, en une quarantaine de minutes que personne ne voit passer, les Dodoz écrasent la concurrence. On imagine tout à fait le speaker du festival venir au micro sur la scène et annoncer tranquillement aux gens restés scotchés juste en-dessous : “Mesdames et messieurs, merci, vous pouvez rentrer chez vous. Bonne nuit.” A 21h. Mais comment peut-on, si jeune et même pas anglais, avoir déjà digéré une quarantaine d’années d’histoire musicale (des Clash aux White Stripes, des Who aux Pixies, de Nirvana aux Arctic Monkeys...) et servir une recette aussi fraîche et énergique, mûre et affirmée, à la fois humble et arrogante ? Comment une chanteuse-bassiste qui ressemble à votre copine assise à côté de vous en cours de maths toute l’année peut avoir une voix aussi posée et variée, un accent anglais aussi affûté et une audace scénique aussi tranquille, rappelant d’entrée de jeu les plus grandes du genre (Kim Deal des Pixies, Kim Gordon des Sonic Youth, Justine Freeman d’Elastica...) ? On peut se demander combien de temps ces ovnis dans le paysage musical français tiendront le coup. Visiblement très bien produits, conseillés et managés, ils peuvent aller au-delà d’un premier album très attendu (sortie le 5 octobre), qui devrait faire beaucoup de bruit (aux deux sens du terme) et faire longtemps bonne figure dans les collections de disques, auprès d’autres premiers albums exceptionnels qu’on écoute encore 10 ou 20 ans après. Pour une fois, les Anglais devraient nous envier autre chose que Vanessa Paradis et nos Djs parisiens. Il va sans doute falloir se battre pour les garder chez nous encore un peu : nul doute que les scènes anglaises ne vont plus tarder à leur tendre les bras... |
||
Ajouter un Commentaire






Ouvrir en popup
Plus sur cette playlist...

Quand on les voit débarquer sur scène, on a envie de sourire et, avant même qu’ils aient attrapé leurs guitares, de leur dire de rentrer chez leurs mères. C’est bien simple, on dirait qu’ils débarquent direct de la Première S du lycée d’à-côté. Moins de 10 minutes plus tard, on n’a plus du tout envie de rigoler : c’est la grosse claque. Tout simplement l’un des tout meilleurs groupes français du moment.