Retrouvez JeunesOCentre sur Facebook (nouvelle fenêtre) Suivez JeunesOCentre sur Twitter (nouvelle fenêtre) Regardez la chaîne JeunesOCentre sur Youtube (nouvelle fenêtre)

Radio Lycée Saison 4

CRJ - Agir, dialoguer, proposer - Parce que c’est avec vous que se construit l’avenir, devenez membre de la Conférence Régionale de la Jeunesse !

CRJ - Tout sur la Conférence régionale de la Jeunesse - Accès à la rubrique dédiée

Sondage du moment - Clique ici et donne ton avis

Tous les contacts

Sondage du moment

Votre participation à l'élection présidentielle ?

Votre sélection







Résultats

www.jeunesocentre.fr

lycéens-apprentis-étudiants

Vous êtes ici :  Accueil Actus et reportages Un regard sur notre drôle de monde Cinéma : nous avons vu... True Grit

Cinéma : nous avons vu... True Grit

0 Votes

truegritAlors que certains viennent encore de céder à la trop facile “Journée de la femme” (qui, bourrée de bonnes intentions, sous-entend forcément et quoi qu’on en dise, que la femme est une sous-catégorie de la population), un film décapant passe sur les grands écrans : l’histoire d’une fille de 14 ans qui fait des bras d’honneur efficaces à tout un tas de mecs, méchants ET “gentils”. Jubilatoire et férocement féministe !


Bon, on vous l’accorde, la toute fin du film qui montre la petite fille devenue grande vient quelque peu contredire ce qu’on vient d’écrire. L’héroïne est une vieille fille, sans enfants donc, et on ne peut s’empêcher de penser, au mieux à du féminisme d’arrière-garde, au pire à une pointe de machisme sur l’air de “elle passe sa vie seule et sans famille, ça lui apprendra à être comme ça !”.

On ne peut pas vraiment reprocher aux - fabuleux, une fois de plus - frères Coen cette petite anicroche, puisque le film s’inspire d’un livre datant de 1968, époque où la femme américaine commençait à briller dans les premières pubs de machines à laver.

Le synopsis est classique, dans le genre western : une vengeance et une course poursuite pendant quasiment tout le film, puis un épilogue plus ou moins “heureux”. On en voit déjà qui partent en courant rien qu’en voyant le mot “western”, pensant immédiatement à des vieux machins en noir et blanc, avec des cow-boys, des indiens, des effets spéciaux à deux balles et des dialogues ultra-bourrins (sans parler de la musique et des costumes ultra-ringards).

D’une part, ce préjugé est regrettable car les westerns ne sont pas nécessairement des films “de vieux” ennuyeux et clichés. D’autre part, c’est quand même un film des frères Coen, c’est-à-dire deux cinéastes américains parmi les plus décalés et talentueux de leur génération (ils ont environ 55 ans).

Ceux qui ont vu Fargo, Barton Fink, The Big Lebowski ou le très inquiétant et plus récent No Country for Old Men, savent en gros à quoi s’attendre et se jettent aveuglément sur toute nouvelle production du duo. Les autres doivent faire une séance de rattrapage d’urgence !

Des dialogues coupés au couteau, des plans toujours un tout petit peu trop longs sur une situation, un visage, ou encore rien du tout ; des personnages improbables qui disparaissent aussi vite qu’ils apparaissent... Tout cet équipement cinématographique imprime un rythme perturbant au film qui, bien que reprenant les incontournables du genre, vous entraîne dans un monde cru et poétique.

Cette gamine (jeune fille ? jeune femme ? femme ?) tient tête à toute la ribambelle d’hommes plus ou moins cinglés et/ou amochés par une vie impossible qu’elle croise sur son chemin.

Au fur et à mesure du film, les bonnes intentions volent en éclat. Les deux chasseurs de primes qui l’accompagnent veulent trouver le meurtrier de son père afin qu’il soit jugé au Texas pour le meurtre d’un personnage beaucoup plus important : un sénateur. Normal, la prime offerte est beaucoup plus élevée que celle de la gamine. Elle, elle voudrait que ce meurtrier soit jugé pour la mort de son père, pas de ce sénateur.

Toutes ces louables intentions de Mattie Ross (avec l’accent américain, ça donne à peu près “Maddie Rass”), en finalité, ne serviront à rien du tout puisqu’elle va se charger elle-même du jugement, en abattant ce monsieur au milieu de nulle part.

Les images sont superbes et d’une grande variété de couleurs et de lumières, la bande-son sort du registre habituel tout en restant adaptée au sujet, certaines scènes sont grandioses et inoubliables : à titre d’exemple, le procès du marshal à qui on reproche d’avoir tué beaucoup de monde est la quintessence du cinéma (et du génie) des frères Coen.

On est plongés pendant deux heures dans un monde tantôt trash, surréaliste, hostile, féérique, gore, mais pourtant terriblement “normal” et hyper chaleureux. On n’a pas envie que ça s’arrête, on se sent super bien dans ce joyeux bazar.

Jamais en reste d’une déconvenue pour balader leurs spectateurs à leur guise, les frères Coen nous enfoncent un couteau dans le cœur à la fin, lorsque Mattie devenue vieille, fait face à un passé définitivement révolu (celui du film qu’on vient de voir). L’occasion de dernières images somptueuses, épurées, aux limites du conte et de certains films d’animation.


Approfondir

La bande-annonce longue en VO non sous-titrée, pour le plaisir pur des voix exceptionnelles des comédiens de ce film (Matt Damon, Jeff Bridges...)

> http://www.youtube.com/watch?v=CdJu5SX1iZo&NR=1&feature=fvwp

Il n'y a aucun commentaire pour cet article

Ajouter un commentaire

D'autres articles traitant du même thème :

Je ne suis pas une princesse !

Jamais en reste de mots nouveaux, quelques Britanniques énervés viennent de créer un mouvement intéressant visant à lutter contre la «rosification» («pinkification») de l'enfance des petites filles. Il est vrai que les choix graphiques...

Cinéma : nous avons vu... 17 Filles

Que le scénario soit tiré d'un fait réel n'a finalement aucune importance et n'apporte pas grand-chose au propos : ce film est d'abord du cinéma, et le cinéma, c'est bien connu, c'est fait pour faire rêver, pour faire voir des choses qu'on n'a...

«Intouchables» ou la pratique de la critique facile

Question profondément philosophique du moment : a-t-on le droit de ne pas aimer un film que tout le monde aime ? Vous avez quatre heures. Nous avons décidé d’aller encore plus loin dans cette démarche : nous ne sommes pas allés voir les...

Cinéma : nous avons vu... Ma part du gâteau

Après ses deux énormes succès qui vont repasser pendant 30 ans tous les ans à la télé - L’Auberge Espagnole et Les Poupées Russes - Cédric Klapisch s’attaque à un thème social d’actualité : les traders qui font joujou avec la vie...

“Deux DVDs et un café, s'il vous plaît !”

On pourrait juste vous dire qu'à l'Instant Ciné il y a les plus belles toilettes et la meilleure bande-son de Tours et ça justifierait déjà une visite. Le souci c'est qu'en plus, il y a une atmosphère chaleureuse, des jeux de société à...

Cinéma : nous avons vu... Black Swan

N'écoutez pas ce que tout le monde dit : Black Swan n'est pas un film sur la danse. C'est un film sur la différence entre le sport et l'art, sur la maternité castratrice, sur la force inouïe de la création artistique (quelle qu'elle soit) et...

Le livre plutôt que le film : No et Moi

Malgré (ou à cause de ?) son beau casting, sa superbe bande-son et quelques scènes très réussies, le film “No et moi” noie peut-être un peu trop certaines réflexions nuancées vraiment intéressantes, qui nécessiteraient du recul. A la...

Concours de films courts Berry Movies

La MJC de la Châtre (36) continue cette aventure cinématographique et propose pour la 4ème année aux cinéastes de tout poil de présenter un film inédit de moins de 10 minutes qui, s'il est sélectionné, aura le privilège d'être confronté...

Le cinéma : génial mais cher…

Aller voir des films en salle, on trouve ça vraiment bien, génial, grandiose…, mais le souci, c’est le portefeuille qu’on traîne.Aujourd’hui, aller voir un film sur toile, coûte de plus en plus cher. D’accord, certains budgets de film...

AVATAR, LE FILM du moment…

Avatar est le dernier film d’aventure de James Cameron. Il est sorti le 16 décembre 2009 au cinéma. C’est le nouveau film en trois dimensions que vous pouvez voir dans vos salles actuellement ; et pour un bon moment…