Claire Diterzi : une “pensionnaire tourangelle” à Rome
Écrit par la rédac' Vendredi, 16 Juillet 2010 13:41
En étant sélectionnée par l'Académie de France à Rome, ce qui lui permet de partir travailler pendant un an dans la prestigieuse Villa Médicis, l'ancienne lycéenne du célèbre établissement tourangeau Paul-Louis Courier, a déplu à certains puristes et est à l'origine d'une polémique qui fait sourire...L'Académie de France à Rome c'est un peu la consécration “avant l'heure” : des résidences de six mois à deux ans attribuées au compte-gouttes à des artistes de
plusieurs disciplines, ayant notamment pour particularité d'être de jeunes artistes (Claire Diterzi a 39 ans).
Créée en 1666 par Colbert, cette institution a pas mal évolué et changé de lieux à plusieurs reprises, notamment pendant la Seconde Guerre Mondiale, Mussolini n'aimant plus trop l'idée d'accueillir des artistes français dans son pays.
Depuis Napoléon, ces artistes sont logés dans la Villa Médicis, une magnifique demeure perchée sur une colline qui surplombe Rome. Historiens, designers, architectes, compositeurs, musiciens, cinéastes, plasticiens, photographes, écrivains y sont reçus dans des conditions de création idéales.
C'est aujourd'hui le ministère de la culture qui gère cette Académie, d'ailleurs récemment dirigée par Frédéric Mitterrand, devenu juste après ministre de la culture...
Théoriquement et historiquement ouvertes à toute les formes d'art, ces résidences ont soudainement donné lieu à une polémique en juin dernier lorsqu'un jazzman (mon dieu !) et une chanteuse pop-rock (horreur !) ont été annoncés parmi les heureux lauréats du cru 2011.
Claire Diterzi a, il faut le dire, un gros défaut : elle n'appartient pas au milieu super ouvert de la musique contemporaine qui aime par-dessus tout les compositeurs “savants”, capable de vous pourrir la vie pendant deux heures avec des morceaux expérimentaux dissonnants, parfois aussi excitants qu'un dimanche de novembre sur un parking désert de centre commercial.
Une pétition ridicule l'accuse, en gros, de ne pas avoir sa place dans cette prestigieuse structure; son genre musical “populaire” n'ayant pas besoin de ça pour la faire manger. Heureusement, une contre-pétition est venue remettre un peu d'ordre et rappeler que la création artistique dans son ensemble devait être soutenue, sans discrimination autre que la qualité artistique elle-même...
Comme l'écrivait sans détour l'hebdomadaire Télérama dans un de ses numéros de juin, “Claire Diterzi est la créatrice la plus audacieuse de la scène pop française actuelle.” Le mot qui tue ? “Pop” Une certaine frange intellectuelle française voudrait encore que le talent et la beauté restent inaccessible au plus grand nombre et que, dès lors qu'un artiste plaît à n'importe qui, il ne soit plus considéré comme tel. Vous avez dit “élitiste” ?
A 17 ans, la petite Claire s'éclatait à chanter le fabuleux “Petite bouteille” avec son groupe les Forguette Mi Note, auteur de deux albums fort sympathiques. Elle a depuis parcouru beaucoup de chemin et rencontré des personnes qui lui ont permis d'affirmer son talent et de cultiver une maturité créative hors du commun.
Elle a notamment écrit des musiques pour le chorégraphe Philippe Decouflé, une bande originale de film et la bande-son de différents spectacles, pas vraiment pouffe de base du style reality shows à la TF1, mais plutôt Théâtre de Chaillot... Sans doute pas encore assez pour les ronchons qui doivent avoir mal entendu ses disques et les confondre avec ceux de Jennifer.
Bref, réjouissons-nous donc : une artiste majeure de notre région est la première artiste “non-savante” à partir à la Villa Médicis. Qu'est-ce que c'est chouette la musique nonsavante, alors !
En savoir plus
Sur Claire > http://www.myspace.com/diterzi + 54 morceaux en écoute libre sur Deezer
Sur la villa Médicis > http://www.villamedici.it/fr/home/











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