La profondeur, c'est la peau
Écrit par la rédac' Dimanche, 09 Janvier 2011 17:17
Depuis quelques années, la série britannique Skins qui dépeint le quotidien d'un groupe d'ados à Bristol, propose dans un style trash et mélancolique des portraits à la fois sombres et attachants de jeunes entre deux eaux.
Apparue en 2007, la série Skins (titre à double sens, évoquant à la fois les feuilles de papier à rouler et la notion de “mue” qui caractérise l'adolescence) a la particularité de ne proposer que très peu d'épisodes par saison (entre 8 et 10) et de changer complètement de casting toutes les deux saisons, afin que les personnages restent vraiment jeunes.
On parle donc de saisons et de “générations” au sujet de Skins. Diffusée sur Canal + depuis 2007, la série n'en est qu'à la saison 3 en version française (la saison 4 est annoncée pour 2011). Diverses rediffusions ont confirmé son succès auprès du public français. Elle a été diffusée dans une vingtaine de pays et a reçu de nombreux prix.
On peut bien sûr regretter le changement d'acteurs, notamment parce que ceux des saisons 1 et 2 sont particulièrement attachants (et bons), mais le concept derrière ces changements est également très séduisant puisqu'il permet de relancer perpétuellement la machine, avec une recette, des scénarios et des dialogues qui fonctionnent parfaitement.
Les thèmes “classiques” de l'adolescence sont abordés sans détour et de manière parfois tellement crue qu'elle a pu choquer certaines personnes : sexualité, homosexualité, égoïsme, moqueries et méchanceté gratuite, anorexie, drogue, problèmes familiaux...
Si on en reste à la première génération (saisons 1 et 2), il est vrai que le background familial de la plupart des personnages n'est pas forcément des plus positifs (parents démissionnaires et/ou indifférents au mieux, irresponsables et totalement absents au pire) et que les relations entre jeunes mettent souvent en avant une violence incroyable qu'on aurait vite tendance à oublier dans le quotidien de la “vraie vie”.
Sid, personnage classique de faire-valoir qui tient la chandelle pour son meilleur ami (?) et rêve de sortir avec sa copine, est sans doute le plus emblématique de cette première partie et de toute une génération : qui n'a pas eu dans son entourage ce genre de personne dont tout le monde se moque plus ou moins gentiment, dont on se sert pour se valoriser comme on peut, qui est maltraité chez lui, mais qu'on est bien content de trouver quand tout va mal parce que lui, au moins est “entier” et sincère...
La belle et frêle Cassie qui ne mange plus grand-chose critallise également plusieurs thèmes qui vous rappelleront forcément quelque chose : au-delà du thème difficile de l'anorexie, on peut comprendre que son ambiance familiale, centrée autour d'un petit bébé, ne lui ouvre pas forcément l'appétit et qu'elle préfère s'enfermer dans son petit monde (“Waow, cool !” ne cesse-t-elle de répéter pour se donner une contenance en toute circonstance, même quand la situation n'est pas cool du tout...)
Bref, malgré quelques caricatures (non, les ados ne vivent évidemment pas tous ça), Skins est incontestablement une série essentielle de notre époque, à mettre entre toutes les mains et surtout celles des parents, trop souvent à des kilomètres de ce qu'un ado peut penser et ressentir, alors que ce n'est finalement pas si compliqué qu'on veut nous le faire croire. Skins nous montre des scènes que seule l'adolescence peut offrir, sans le côté cinématographique un peu gros de Lol ou de La Boum : tour à tour banales, tristes, violentes ou simplement belles.
Approfondir
> http://www.e4.com/skins
> http://fr.wikipedia.org/wiki/Skins_(Royaume-Uni)#Liens_externes











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