Les détails sont-ils vraiment des détails ?
Écrit par la rédac' Mercredi, 02 Décembre 2009 10:01

Le dictionnaire est formel : le détail est un “petit élément” issu dʼun “grand ensemble” et qui “PEUT être jugé comme secondaire”. Il “peut” ne veut donc pas dire quʼil EST secondaire ! Pourtant quand ça nous arrange, on peut balayer dʼun revers de la main quelque chose qui peut paraître énorme et hyper-important aux yeux des autres. Dernier exemple en date : la main de Thierry Henry lors de France-Irlande.
On peut se moquer de tout, toujours répéter “ça nʼa pas dʼimportance” ou “cʼest pas grave” et tourner en dérision toute revendication de précision, de rigueur, dʼexplication de la part de ceux qui nous entourent. Il faut un “s” au pluriel des mots ? Ouais, bon dʼaccord, mais si on lʼoublie, on nous comprend quand même, alors pourquoi sʼembêter ?! Ou un autre petit exemple encore : “Jʼavais dit quʼon se voyait à 8h et il est neuf heures moins le quart, ouais, arrête, tu vas pas en mourir !”
Lʼexpression “le souci du détail” est très claire : le mot “souci” nʼest pas neutre, il sous- entend dʼun côté un effort, dʼun autre la possibilité dʼun problème ! Faire attention au moindre détail, que ce soit dans un devoir de maths ou de français, dans le réglage dʼun avion en plein vol, dans le remplissage dʼun chèque, au volant dʼune voiture ou dans une recette de cuisine, cela nécessite, il est vrai, un certain degré dʼattention et de concentration.
On est souvent émerveillé devant les prouesses techniques ou scientifiques développées pour réaliser des choses plus ou moins extraordinaires : lʼenvoi dʼun engin sur Mars, un film aux effets spéciaux spectaculaires, la construction dʼun pont gigantesque, le tunnel sous la Manche ou, plus proche de nous, un succulent gâteau, le travail dʼun artiste qui intervient au lycée, un cours particulièrement réussi par un prof, le bon diagnostic dʼun médecin dont la prescription nous soigne en quelques jours...
Ces réussites sont rarement le fruit du hasard : une personne ou un groupe de personnes qui aboutit à de tels résultats nʼa laissé aucun “détail” de côté et a au contraire pris en compte lʼensemble des éléments nécessaires sur le même plan.
A titre dʼexemple, imaginez une scène de film particulièrement réussie, comme par exemple celle du plongeon dans la mer de Bella dans le dernier Twilight et quʼau montage on ait oublié un raccord dʼune demi-seconde... Au milieu des centaines dʼheures dʼun travail réalisé par deux ou trois cents personnes, ce tout petit oubli dʼune seule personne peut avoir une conséquence visible : lʼimage saute et tout le monde le voit.
Certains diront que cela nʼenlève rien à la valeur du film. Sans doute. Mais cʼest en multipliant ce genre de négligences, tous les jours, dans de nombreux domaines, quʼon tombe vite dans une espèce de médiocrité ambiante. Transposée à certains secteurs, les conséquences peuvent parfois être dramatiques.
“Jʼavais pas vu le stop”, se défend le conducteur qui vient de tuer une famille de 4 personnes. “Jʼai confondu les deux flacons”, explique lʼinfirmière qui vient dʼempoisonner une petite fille.
Moins grave, mais tout à fait injuste, la main de Thierry Henry lors de la qualification de la France à la coupe du monde de football 2010. Elle lui permet de contrôler le ballon et de le passer à son coéquipier qui marque le but suffisant pour gagner le match.Un détail ? Allez expliquer ça aux Irlandais...











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