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Parler une langue étrangère

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couple en discussionTout le monde en rêve, sauf ceux qui ne considèrent l'anglais, l'allemand ou l'espagnol que comme une matière scolaire comme toutes les autres. Au vu
des lacunes persistantes du système éducatif français dans ce domaine, on voit bien que pour maîtriser une autre langue aujourd'hui, il faut vraiment en
vouloir. Pourtant, être capable de comprendre et de s'exprimer hors de sa langue maternelle, c'est couper le cordon, s'ouvrir d'insoupçonnés horizons et se (re)découvrir soi-même. Une fois l'âge des ricanements passé (soit, en France, vers 25 ans hélàs), on peut se mettre sérieusement à apprendre une langue étrangère sans avoir l'impression d'être ridicule et de faire trois fautes par phrase dès qu'on ouvre la bouche. Il faut avouer que dans une classe de 35 ados tous plus énervés, bruyants, indifférents, moqueurs les uns que les autres (vous vous reconnaissez ?), ce n'est pas simple.

Parler une langue étrangère, je veux dire VRAIMENT, ce n'est pas seulement l'assurance d'avoir entre 18 et 20 à chaque DS ou DM et de se la péter devant les
copines, c'est aussi ouvrir en soi une nouvelle dimension, faite de sons, d'histoires, de mots, de culture. Une part de vous qui vous éloigne de vos origines tout en vous y replongeant d'une manière différente et plus intense.

On dit que les voyages forment la jeunesse, mais ce proverbe s'adapte parfaitement aux langues aussi. Dans notre pays, pas franchement doué dans ce domaine, des dizaines de milliers d'adultes font régulièrement part de leur frustration d'être incapables, lorsqu'ils quittent la France ou croisent un étranger dans la rue, de comprendre ce qu'il raconte et de lui répondre correctement. Et on ne parle même pas d'être capable d'aller boire un pot et d'échanger sur nos cultures respectives ou sur le dernier album des White Stripes...

Ces mêmes personnes font souvent la même remarque : “Si j'avais été moins con quand j'étais au lycée, j'en aurais profité pour apprendre davantage !” Car même s'il est vrai que notre méthode d'apprentissage est critiquable, certains profs sont excellents et donnent la possibilité à ceux qui sont vraiment motivés d'atteindre un niveau oral correct.

L'oral : voilà bien ce qui est au coeur du problème. Des élèves brillants à l'écrit, capables de se prendre un 15 ou un 16 au bac, bafouillent et font des tas de fautes dès qu'ils croisent un locuteur de la langue en question, et encore, beaucoup se sauvent en courant car, c'est bien simple : ils ne savent pas utiliser une chose qu'ils maîtrisent parfaitement sur le plan théorique.

C'est grave, docteur ? Non, une base solide, voire très solide à l'écrit sera toujours utile pour progresser à l'oral. Le souci est de dépasser le cap de l'écrit, pas facile quand on voit que les épreuves orales de langues vivantes sont au système scolaire français ce que le monstre du Loch Ness est à la culture écossaise. Une légende, un truc que quelques rares personnes ont vu, il y a longtemps, de loin, un jour de brume...

A vous de réclamer à corps et à cris plus de pratique orale et, dans les conseils lycéens, pourquoi ne pas insister pour réclamer un retour de l'oral de langue au
baccalauréat ? Tout le monde se plaint de ce problème récurrent, mais personne ne semble vouloir prendre l'initiative de revoir en profondeur un système qui fait qu'un jeune Allemand parle anglais couramment vers 14/15 ans et qu'un jeune Français du même âge n'est même pas capable d'aligner trois mots corrects pour draguer une Anglaise l'été au bord de la mer...

1 commentaire pour cet article

  1. Waouh... Très joli article, il bouste ! Merci à son auteur !

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