Presse magazine : la femme (enfin !) autrement
Écrit par la rédac' Lundi, 31 Janvier 2011 14:47
Depuis environ deux ans, le magazine mensuel Causette met de grands coups de pied dans la fourmilière de la presse féminine. Engagé, drôle, sérieux, documenté, créatif, dynamique et esthétique, il remet en cause des décennies de pseudo-féminisme.
Jusqu'aux années 1980, la presse féminine se cantonnait principalement à entretenir une image de la femme au mieux de potiche ou de sympathique objet d'intérieur, au pire de voleuse de carte de crédit de son mari seulement obsédée par l'achat compulsif de fringues, de bijoux et de maquillage.
Peu à peu s'est ajoutée à cette “offre” une presse véhiculant une soi-disant image moderne de la femme : la perfection incarnée, capable à la fois de réussir une carrière professionnelle épanouissante, d'élever ses enfants, de gérer la maison, de plaire à son mari, tout en étant bien entendu maigre, bronzée, toujours en pleine forme et, tant qu'à faire, bonne cuisinière et jardinière à ses heures. Ben voyons !
Avec toute cette pression, pas étonnant de voir des femmes quadragénaires rincées, déprimées, usées jusquʼà la moëlle, au bord de l'implosion ou de l'infarctus à force de faire des journées de 20 heures pour correspondre à la belle image des magazines dits “féminins”. Tu parles d'un féminisme !
Causette reprend le débat à la base : pourquoi les mecs peuvent sans aucun problème particulier poser mal rasés au saut du lit en couverture d'un magazine, alors que les femmes doivent obligatoirement être nickel ? Le sexisme primaire ne commence-t-il pas par là ?
Ainsi, on peut voir depuis douze numéros, sur la couverture de Causette, des femmes qu'on ne voit quasiment nulle part ailleurs dans la presse : ni à moitié à poil pour attirer le chaland, ni forcément maquillées, ni habillées - et maigrelettes, et pâles - comme des mannequins, ni lisses comme des lavabos, ni en tailleur pour “faire comme les garçons” (enfin, ceux qui portent des costards, quoi).
La signature du magazine, “Plus féminine du cerveau que du capiton”, annonce tout de suite la couleur : oui, messieurs, mesdames, les femmes pensent ! Le nom du magazine lui-même en dit long sur le message à faire passer, entre allusion ironique à l'activité numéro un de la commère de base (causer) et rappel de la position de la femme dans notre société encore aujourdʼhui, malgré quelques évolutions quand même, à savoir la petite bonniche qui va chercher de lʼeau dans son seau pour les Thénardier !
Côté ton des articles, des brèves et des chroniques, ça arrache et on est à des kilomètres du consensus mou de titres commes Psychologie Magazine et du féminisme revendicatif et trop bruyant des années 70 qui avait une fâcheuse tendance à décrédibiliser sa cause à force de se prendre trop au sérieux. D'ailleurs, dans les pages de Causette vous trouverez régulièrement des attaques en règle contre des initiatives, déclarations, lois censées défendre la cause (tiens encore un mot qui fait penser à Causette...) de la gente féminine.
Vous l'aurez compris : Causette est un magazine moderne, nerveux, passionnant, branché, jeune, qui plaît autant aux mecs qu'aux filles, MAIS, et c'est là tout le défi du projet, tout en restant un magazine féminin... Vous nous suivez ?!
Autre source de très grand plaisir : contrairement à la plupart de ses confrères, Causette a plus de pages d'infos journalistiques que de pubs et de sélections d'objets chers et inutiles. D'ailleurs, c'est bien simple, dans le numéro de ce début d'année 2011, il y a 3 pages de pubs sur les 100 que compte le magazine... Oui, vous avez bien lu, 3 ! Et en plus, ni pour des parfums ni pour des voitures. Chapeau bas !
Au lieu de ça, une interview fleuve de Nicolas Bedos avec de beaux portraits, un superbe portfolio des mormons polygames, un dossier sur les ouvrières chinoises et un autre sur les multiples visages de la pudeur et un reportage sur les femmes qui chassent.
Comme vous pouvez le voir ça part un peu dans tous les sens, sans jamais toutefois perdre de vue l'essentiel : le respect de soi et des autres, la dénonciation plus ou moins engagée de certaines formes d'injustices, et pas seulement envers les femmes.
Approfondir
> Causette, en vente en kiosque, bimestriel, 4,90 €
> http://www.causette.fr











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