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Lʼanalyse de texte : pas si difficile que ça !

oklyceeBête noire de beaucoup dʼélèves, cette discipline qui, plus on avance vers la fin des études, devient lʼessentiel des cours de français, nʼest pas forcément si désagréable et difficile quʼelle peut en avoir lʼair. A condition, pour commencer, de ne pas la voir dʼentrée de jeu comme un moment de torture intellectuelle...

 

Certains disent que pour avoir le bac, cʼest le nerf de la guerre. En effet, être capable dʼanalyser un texte littéraire et dʼen faire ressortir un beau commentaire composé, cʼest développer des qualités de compréhension et dʼexpression écrites qui servent forcément dans les autres matières dites “littéraires” (histoire-géo, philo) et plus globalement les SES et les matières scientifiques.

En effet, savoir analyser, synthétiser puis restituer tout ça par écrit le plus clairement possible sert dans quasiment toutes les matières, puis plus tard, dans les études supérieures, dans pas mal de boulots différents et parfois même dans sa vie personnelle aussi.

Aussi évident que cela puisse paraître, une bonne analyse commence par une bonne lecture du ou des document(s). Une “bonne” lecture, cʼest quoi ? Une lecture “plaisir” dʼabord, car si dʼavance vous attrapez votre objet dʼanalyse juste comme un froid et glacial objet dʼanalyse, vous êtes mal parti ! Il faut dʼabord lire pour vous et vous seul, être forcément unique, avec ses propres goûts, sa propre sensibilité, ses propres références. Nʼoubliez jamais quʼun texte sʼadresse à tous et à... chacun !

Evidemment, ça ne veut pas dire que le texte doit vous plaire à tout prix et que cette approche va vous le rendre tout de suite très clair, mais au moins, ce sera le début de “lʼappropriation” du document à analyser. En effet, vous devez regarder scrupuleusement ce qui est dit, ce qui est “non-dit”, au lecteur en général bien sûr, mais dʼabord à vous en tant quʼindividu.

Ensuite, le brouillon doit être votre meilleur allié : un espace vierge, très grand, libre, privé où vous pouvez mettre tout ce qui vous vient, faire des listes, des dessins, des ratures, des bonnes et des mauvaises idées, pour libérer votre esprit au fur et à mesure que vous entrez dans le texte lors dʼune lecture analytique linéaire, au cours de laquelle vous allez faire en sorte de comprendre le maximum et de ne rien laisser passer.

Un des pièges de lʼanalyse est dʼabord de survoler le texte et de prendre tout ce qui est écrit pour argent comptant, comme si le choix de tel ou tel mot ou de telle ou telle expression était “normal”. Non ! Le texte à étudier est souvent relativement court, il convient donc de bien peser tout ce qui le compose et de voir où lʼauteur nous emmène et aussi, où il ne nous emmène pas, comment il dit les choses et comment il ne les dit pas...

Sans vouloir à tout prix chercher des doubles sens et des choses cachées partout (autre défaut, à lʼextrême inverse), il faut être simplement à lʼaffût de chaque détail. La paraphrase (qui consiste en gros à récrire le texte avec ses propres mots) est lʼun des autres pièges classiques de lʼanalyse, mais si vous la laissez dans votre brouillon, elle peut sʼavérer utile : cʼest encore une fois le moyen de mettre noir sur blanc le sens de ce que vous lisez, avec des mots et des expressions qui vous sont plus familiers que ceux utilisés par lʼauteur.Il faudra ensuite bien ranger tout ça et en dégager, en prenant bien votre temps et en laissant vos idées mûrir un peu, des thématiques et des problématiques, ce qui, si la prise de notes pendant la lecture approfondie est bien faite, sʼavère généralement beaucoup plus simple.

Ceux qui font leur plan au bout dʼune demi-heure et commencent à rédiger dans la foulée nʼont vraisemblablement pas vu tous les enjeux du texte et risquent fort, dʼune part dʼavoir un plan un peu bancal, et dʼautre part, de vite tourner en rond dans ce quʼils auront vraiment à dire.

Un peu comme un scientifique qui nʼattendrait pas la fin de ses expériences avant de quitter son laboratoire pour rédiger ses conclusions...
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