Pourquoi sommes-nous nuls en anglais ?
Écrit par la rédac' Samedi, 23 Juillet 2011 00:13
Même si on peut tout à fait dire la même chose des autres langues, le fait que la langue la plus parlée au monde nous échappe, malgré nos trois heures hebdomadaires pendant une dizaine d’années et alors que de très nombreux non-anglophones natifs d’autres pays nous dépassent sans problème, reste un mystère insondable.
“Ze pipeul arr mad!” Ce pourrait être une phrase emblématique de l’anglais malmené quotidiennement par des centaines de milliers de Français : “th” prononcé comme un “z” (horreur classique, pourtant toujours prescrite dans certains manuels), terminaison en “ple” massacrée, “r” à la française (ou à l’écossaise, c’est toujours la bonne excuse) et côté grammaire, le “the” qui ne devrait pas être là, car il s’agit d’une généralité.
En quatre mots, vous avez un condensé du parler anglais façon vache espagnole. “Nous sommes tous des vaches espagnoles !” aurait pu être le titre de notre article, histoire de réhabiliter ces pauvres bovidés qui n’ont rien demandé à personne et dont le mauvais niveau d’anglais n’a jamais été officiellement attesté. Il paraît d’ailleurs, au passage, que l’expression originale est “comme un basque espagnol...”
Alors, d’où vient le problème ? On entend régulièrement des experts et des journalistes trouver toujours les mêmes coupables idéaux : les programmes, les méthodes, les profs, la timidité des gens, une incompatibilité syntaxique et phonétique entre nos deux langues.
Même d’excellents élèves de 17 ou 18 ans que nous avons rencontrés avouent être totalement incapables d’engager une conversation simple, malgré une moyenne proche de 20/20 en anglais depuis la sixième. Un étudiant de L3 en fac d’anglais, nous raconte avoir été bloqué sur plein de situations de la vie quotidienne lors d’un séjour en Grande-Bretagne, alors qu’il traduit Shakespeare sans souci et peut écrire une dissertation de 6 pages en anglais sur à peu près n’importe quel sujet, en ne faisant quasiment aucune faute.
Les méthodes révolutionnaires et les organismes pullulent, promettant “l’anglais facile” ou le très comique “devenez bilingue” (le bilinguisme étant par définition une situation de la petite enfance où l’un des deux parents est anglophone natif, il ne peut pas réellement s’acquérir plus tard, même en vivant 20 ans dans un pays anglophone...). Là encore, discutez autour de vous et ceux qui ont testé ces nouvelles méthodes, à quelques rares exceptions près, restent dubitatifs quant à l’efficacité des cours qu’ils ont suivis.
Bon, il y en a bien quand même quelques-uns, des bons en anglais, véritables pépites chéries par les recruteurs et... par les célibataires (bien parler anglais épate toujours la galerie et est un outil de drague d’une redoutable efficacité !). Alors, comment ils ont fait ?
La plupart ont vécu à un moment donné de leur vie dans un pays anglophone, mais ils reconnaissent bien volontiers que ça ne suffit pas. Ils ont été très actifs pendant leur séjour et se sont créés leurs propres outils et leurs propres techniques.
A titre d’exemple, les phrases-types de la vie de tous les jours ne s’inventent pas, mais s’entendent sans arrêt, dans des séries, des émissions de télé, de radio, des films, et, si vous avez la chance d’être sur place, absolument partout et tout le temps. Il “suffit” d’établir un lien fort entre ce que vous entendez et ce que vous travaillez/mémorisez, puis de l’appliquer au plus vite derrière, pour que les déclics se produisent enfin et que vos centaines d’heures de cours scolaires servent enfin à quelque chose.
Une dernière chose : c’est long et fastidieux, un travail de longue haleine et de tous les instants. A une époque où l’on veut tout, tout de suite, c’est un énorme obstacle. Et sans doute une explication plus rationnelle à ce déficit national dans la pratique correcte de la langue anglaise...











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