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Et si on se lavait un tout petit peu moins ?

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“We don't need to wash the way we did when we were farmers!” C'est avec cette phrase lapidaire lue récemment dans le New York Times qu'une américaine résume l'état d'esprit d'un nouveau mouvement qui consiste à reconnaître enfin qu'on se lave beaucoup trop à notre époque et qui critique nos sociétés, d'où la moindre odeur corporelle est littéralement bannie.

Au-delà de l'aspect écologique de la chose (en prenant une douche tous les deux jours, on consomme moitié moins d'eau et d'électricité pour la chauffer, et on rejette moins d'eaux usées dans la nature - CQFD), c'est un débat bien plus profond qui semble agiter une (encore toute petite) partie de la société américaine.

Se laver tous les jours (voire deux fois par jour pour les plus accro) est-il nécessaire ?
La vie en société dite “civilisée” impose-t-elle vraiment ces batailles d'effluves de parfum tous les matins dans les salles de cours, les bureaux, les magasins, les transports en commun ? Qu'est-ce qui est le plus indécent : de légères odeurs corporelles ou le mélange d'un gel douche à la rose, d'un déodorant au lilas avec du Chanel n°5 ?

Un coup de gant entre les jambes et un autre sous les bras, d'après les porte-paroles de ce mouvement, cela suffit quand on n'a pas transpiré comme une vache la veille. Un petit frottement de rondelle de citron sous les bras en été vaut mieux que l'utilisation systématique (et massive et répétée jusqu'au ridicule chez certains) de déodorants chimiques qui dérégule votre système et abîme votre peau à long terme.

Une adepte de ce nouveau mode de vie affirme tout simplement qu'un jour elle n'avait pas eu le temps de se laver avant d'aller à un rendez-vous professionnel important et qu'elle avait réalisé après coup que cela n'avait absolument rien changé, ni à son bienêtre personnel, ni aux négociations qui s'étaient très bien passées...

Elle en a tout simplement conclu qu'il ne lui était dès lors plus utile de se laver tous les jours. D'un point de vue logique, c'est absolument inattaquable. Côté mise en oeuvre, bon courage. C'est remettre en cause environ 60 ans de politique hygiéniste dans la grande majorité des pays occidentaux et dans beaucoup d'autres...

On entend déjà des gens gémir et s'offusquer sur des forums français qui abordent le sujet : “Oh non, c'est dégoûtant !” s'offusque une jeune femme qui a visiblement refusé de réfléchir avant de réagir. “C'est un manque de respect pour les autres” s'exclame une autre qui, sans aucun doute, tient toujours la porte aux vieilles dames et ne répond absolument jamais à son portable dans un espace public confiné.

La question se pose-t-elle vraiment ? Les aspects positifs d'une telle démarche étant quasiment intouchables, la frilosité des centaines de millions de potentiels adeptes peut seulement venir d'une petite chose toute bête qui englue régulièrement l'humanité dans ses nombreux travers : l'habitude.

APPROFONDIR (et bosser un peu son anglais !)
Article du New York Times > http://www.nytimes.com/2010/10/31/fashion/31Unwashed.html?pagewanted=1&_r=1
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