Série “Mur de Berlin”, Vol. 5 > 28 ans de vie avec le Mur...
Écrit par la rédac' Jeudi, 05 Novembre 2009 13:44
A l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Jeunes Oʼ Centre vous propose de bien comprendre pourquoi il avait été construit, ce quʼil symbolisait, lʼimportance historique de sa destruction et ce qui reste de la Guerre froide aujourdʼhui.
> Cette semaine, nous vous proposons une petite plongée dans la vie quotidienne avec le Mur et nous revenons sur les événements des quelques mois qui ont précédé sa chute. (source de l'image : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Berlin_entering.jpg - photo : JKB 1985)
Essayez juste une minute ou deux dʼimaginer Paris coupée en deux parties par un grand mur, surgi de nulle part en plein milieu de la ville, coupant parfois une grande avenue en deux, parfois un parc, une place... Imaginez surtout lʼimpossibilité quasi- absolue de passer dʼun côté à lʼautre librement, dʼaller et venir comme bon vous semble.
Enfin, imaginez quʼune partie des membres de votre famille sont de lʼautre côté, mais que vous nʼavez pas le droit de leur rendre visite. Les années passent, les enfants grandissent, les personnes les plus âgées meurent, séparées des leurs. Aujourdʼhui ça nʼarriverait plus ? Allez raconter ça aux Coréens ! Aux Israëliens et aux Palestiniens !
Entre 1961 et 1989, soit pendant 28 ans (28 ans !) une grande capitale européenne va subir ce que lʼhumanité peut inventer de plus laid : séparer des gens qui, avant, vivaient très bien ensemble, et ce pour des raisons qui dépassent totalement la grande majorité dʼentre eux.
Les miradors (plus de 300 !) et les barbelés défigurent le quotidien de centaines de milliers de personnes qui continuent à vivre à peu près normalement (ont-ils vraiment le choix ?) Les quelques téméraires qui tenteront de le franchir ouvertement seront abattus comme des chiens. Ceux qui parviendront malgré tout à “passer à lʼOuest” le feront de manière plus indirecte.
Le président Kennedy se rend à Berlin en 1963 et il déclare “Ich bin ein Berliner” (“Je suis un Berlinois”), une phrase qui restera à jamais dans lʼhistoire, comme symbole de la solidarité internationale face à une attaque délibérée de la dignité humaine et de la liberté individuelle. On entendra une formule similaire après les attentats du 11 septembre 2001, divers hommes politiques du monde entier déclarant dans les jours suivants : “Nous sommes tous des New-Yorkais.”
Le Mur est lʼapothéose de la violence idéologique des dirigeants Soviétiques et, dʼune certaine manière, il résume en une image simpliste et désastreuse le communisme dans son ensemble, pour des centaines de millions de personnes : une prison !
Il sera aussi un moyen de rassembler tous les Allemands, qui se sentent humiliés de subir ainsi des guerres idéologiques entre deux blocs politiques. Paradoxalement, le Mur signera le début dʼune forte volonté de réunification et dʼindépendance totale vis-à- vis des vainqueurs de la Seconde Guerre Mondiale.
On peut aller imaginer que le Mur a finalement accéléré le retour de lʼAllemagne comme nation à part entière sur la scène internationale et lʼeffondrement du bloc soviétique qui, notamment avec Gorbatchev, infléchira de plus en plus ses positions, ce qui conduira à la destruction du Mur en 1989, puis à la mort de lʼURSS deux ans plus tard.











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