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La Conférence du grand n'importe quoi.

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drapeau onuComment inaugurer une conférence sur le racisme ? En faisant un discours raciste, bien sûr ! Il fallait y penser. L'ONU a dû oublier de préciser au président iranien qu'il s'agissait d'une conférence contre le racisme, et pas pour le racisme. Entre les pays absents et ceux qui ont quitté la salle après le discours anti-juif prévisible d'Ahmadinedjad, la cacophonie généralisée était bien au rendez-vous à Genève.
Il est bien sûr toujours mal venu de critiquer une initiative très importante, celle qui consiste à réunir de nombreux pays pour trouver des solutions à l'échelle planétaire pour lutter efficacement contre le racisme.
Mais il faut aussi savoir regarder les choses en face : comment une telle initiative peutelle être crédible lorsqu'elle omet dans son ordre du jour certaines discriminations qui, certes, ne peuvent être appelées “racisme” si on prend la définition de base de ce mot, mais sont tout de même essentielles, en premier lieu celle contre les homosexuels et celle contre les femmes.
Comment prendre au sérieux une telle démarche quand on met à l'honneur, en lui donnant la parole dès l'ouverture de la conférence, un homme qui est ouvertement raciste depuis des années et qui dirige un pays où la place de la femme est pour le
moins “limitée” ?
On appelle ça une mascarade. D'ailleurs des pays aussi importants et influents que le Canada, l'Allemagne et les Etats-Unis n'y participent pas. Pourtant, on dit souvent que les absents ont toujours tort. C'est pourquoi de nombreuses démocraties y participent, comme par exemple la France et la Grande-Bretagne.
“Y participent” mais quittent la salle après les propos violents d'Ahmadinedjad contre Israël. Bonjour le dialogue ! Le président iranien doit rire dans sa barbe : au lieu de parler du racisme, les médias du monde entier, pendant plusieurs jours, n'ont parlé que de lui...
Le fait que les représentants de l'Union Européenne quittent la salle après son discours n'est-il pas un acte de lâcheté, un aveu d'impuissance face à des arguments pourtant plus que discutables ?
Le racisme n'est, hélàs, pas réservé à Israël, mais est sans doute l'un des “biens” de l'humanité le mieux partagé. La seule chose que l'on peut vraiment reprocher à Ahmadinedjad est sans doute de ne s'en prendre qu'à Israël, comme si lui-même et les autres pays n'étaient pas coupables d'actes racistes.
Le vieux débat obsessionnel “antisémitisme contre islamophobie” occulte une dimension beaucoup plus vaste et universelle. Ces deux “camps” monopolisent le débat. Le racisme anti-noir, le racisme anti-albanais, le racisme anti-maghrébin, entre autres, peuvent aller se faire voir ailleurs.
Après le geste de jeune femme effarouchée des représentants de l'UE, on s'est mis d'accord rapidement sur une résolution bien pâle qui, en cherchant à ne froisser personne, n'aboutit finalement à pas grand-chose.
Une fois de plus, la religion a faussé le débat et a fait oublier à tout le monde l'essentiel : le racisme est d'abord une peur de ce qui est différent de soi (définition de la “xénophobie”) et une volonté de domination et de pouvoir. Le problème du racisme n'est donc en aucun cas religieux, mais totalement “humain”, au sens large du terme.
Les femmes, les homos, les handicapés n'ont pas eu voix au chapitre (comme en 2001). D'une certaine manière, Ahmadinedjad a donc bel et bien “gagné” (comme en 2001). Obama, de par sa simple présence, aurait sans doute écrasé le faux débat réducteur Israël/Iran. Il a boycotté la Conférence. C'est ce qu'on appelle (poliment) un rendez-vous manqué.

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