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La Thaïlande : un paradis au bord du chaos ?

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drapeau thaïlandaisL’actualité internationale nous réserve parfois des suprises. Quand on prononce le mot Thaïlande, beaucoup de personnes voient immédiatement défiler des paysages magnifiques, des plages interminables, une population accueillante, une nourriture exceptionnelle... Ce n’est pourtant pas qu’une destination touristique pour occidentaux, mais aussi un vrai pays, avec des vrais gens, un paysage politique, des querelles de pouvoir. Comme partout ailleurs, en somme. Quand le chat n’est pas là, les souris dansent... Et quand le Premier Ministre n’est pas là, les militaires prennent le pouvoir ! C’est ce qui s’est passé en novembre 2006 en Thaïlande, lors d’une visite à New York du chef du gouvernement. L’armée, fidèle au roi, a par la suite décrété l’état d’urgence dans tout le pays et en a pris le contrôle.

Comme quoi l’équilibre démocratique et politique d’un pays ne tient pas à grand-chose. Même si, a priori, en France, il est très peu probable que l’armée profite d’une visite à l’étranger de Nicolas Sarkozy et de François Fillon pour encercler Matignon et le Palais de l’Elysée avec ses chars, il est important de ne jamais prendre pour argent comptant la stabilité démocratique d’un pays.

En Thaïlande, dans les mois qui ont suivi, les militaires ont nommé un nouveau gouvernement, approuvé par le roi et même organisé des élections au cours desquelles ils n’ont pas obtenu la majorité au Parlement. Ce fut donc un coup d’état plutôt soft : il est en effet assez rare que des putschistes se mettent volontairement dans la position risquée de perdre une élection démocratique quelques mois après avoir pris le pouvoir par la force.

Mais ce fut un coup d’état quand même ! L’ancien Premier Ministre Thaksin, réfugié à Londres, bien que vainqueur des élections, n’est bien entendu pas rappelé pour reprendre ses fonctions. De son lieu d’exil, il va organiser la résistance et début novembre 2008, il met la pression sur le roi lors d’une allocution téléphonique retransmise devant près de 100.000 de ses défenseurs.

En quelque jours, la Thaïlande va basculer au bord de la guerre civile et des dizaines de milliers d’étrangers vont être évacués d’urgence ou bloqués, ternissant pour longtemps l’image d’un pays déjà affaibli par le tsunami de décembre 2004 et faisant pourtant de gros efforts pour avoir sa place dans la communauté internationale...

Le 3 décembre 2008, la Cour constitutionnelle invalide les dernières élections et interdit d’exercice du pouvoir le nouveau Premier Ministre Somchai Wongsawat et prononce la dissolution de son parti, le PPP (People's Power Party), le même que celui de Thaksin. En effet, les élections de fin 2007 auraient été gagnées grâce une fraude.

Donc, d’un côté on a des personnes qui ont bafoué la démocratie en prenant le pouvoir par la force et d’un autre, le parti qui s’est fait voler le pouvoir qui triche pour gagner des élections ! Vous comprenez pourquoi des milliers de gens sont decendus dans la rue...

Ce sont les militants de l’opposition qui étaient les plus nombreux et les plus virulents, c’est pourquoi la situation vient de se débloquer. Les partisans de Thaksin et de son beau-frère Somfai ont donc perdu et se sont “repliés”.

Maintenant, le PPP va se retirer du pouvoir et de nouvelles élections devraient avoir lieu très vite pour que tout “rentre dans l’ordre.” Mais pour combien de temps ? Et si les partisans du PPP n’acceptaient finalement pas la décision du Conseil constitutionnel ?

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