L’Irak après Bush.
Écrit par la rédac' Mardi, 03 Février 2009 12:55
L’arrivée au pouvoir de Barak Obama va changer la donne en Irak : il a toujours prévenu qu’il retirerait rapidement les troupes américaines de ce bourbier. Pourtant, ce n’est pas si simple : le pays a du mal à se relever des années Saddam Hussein et de l’invasion américaine qui a suivi. Renverser un dictateur c’est bien beau, mais abandonner un pays ingouvernable, nettement moins... Retour sur une erreur stratégique monstrueuse.
Vous en avez forcément entendu parler : beaucoup de gens critiquent George W Bush pour avoir envoyé les GIs en Irak et déclenché une guerre qui a rapidement tourné au désastre. Mais savez-vous pourquoi la majorité des experts ne cessent de répéter depuis des années qu’il s’agissait bien d’une erreur monumentale ?Contrairement à l’Afghanistan, au moment des attentats du 11 septembre 2001, l’Irak n’était pas infesté de militants islamistes radicaux. Au contraire, le parti du dictateur au pouvoir, Saddam Hussein, était un parti laïc et les islamistes n’avaient pas trop voix au chapitre dans ce pays, contrairement à ses deux grands voisins, l’Iran et l’Afghanistan.
Certes, la première réaction des Etats-Unis après les attentats a été d’attaquer l’Afghanistan pour destabiliser les talibans, extrémistes ouvertement anti-Occidentaux et faisant régner la terreur dans tout le pays.
Mais en 2003, après de multiples gesticulations internationales et des pressions en tout genre, les Etats-Unis décident finalement d’attaquer un pays apparemment inoffensif. L’ONU, qui n’a pas donné son aval pour une telle attaque, est ridiculisée par cette décision grave, unilatérale. Seuls quelques pays suivent, comme la Grande-Bretagne, fidèle allié des Etats-Unis.
La condamnation de cette attaque est quasi-unanime dans le monde, emmenée par une diplomatie française particulièrement virulente et “ultra-pacifiste”, le tandem Chirac-de Villepin (alors Ministre des Affaires Etrangères) fonctionnant parfaitement face au rouleau compresseur américain. Un discours particulièrement remarqué à l’ONU le 14 février 2003 n’avait pourtant pas réussi à stopper le processus guerrier.
Bush, persuadé que sa mission est juste et divine, fait la sourde oreille, réussissant même le 5 février 2003, à faire dire de très grosses bêtises à son secrétaire d’Etat Colin Powell qui a sorti de sa poche une petite fiole pour convaincre l’ONU de voter l’attaque de l’Irak. C’était censé être une “preuve” que l’Irak détenait des armes de destruction massive et des armes bactériologiques ! Du vrai cinéma burlesque.
Mais la palme de l’humour (noir) revient sans aucun doute à Bush lui-même, déclarant à peine un mois et demi après le début du conflit, sans rire : “Nous avons gagné la guerre.”(“In the Battle of Iraq, the United States and our allies have prevailed.”)
Depuis cette déclaration, il s’est passé 5 ans et demi. Depuis lors, il ne se passe pas une semaine sans qu’un avion de l’armée ne se pose en territoire américain avec à son bord de jeunes soldats, souvent inexpérimentés, soigneusement allongés entre quatre planches, elles-mêmes recouvertes du “prestigieux” drapeau américain...
Le nombre de morts (civils et soldats de toutes nationalités) depuis 2003 serait supérieur à 650 000 ! En plus d’une guerre civile entre diverses communautés, les attentats se multiplient, l’Irak ayant été rapidement envahi par des islamistes radicaux de divers horizons, ravis de pouvoir en découdre presque à domicile, avec leur ennemi juré.
Aujourd’hui Obama hérite de ce cadeau empoisonné. Les soldats américains devraient partir assez rapidement, sans avoir réussi à stabiliser le pays, déchiré en plusieurs communautés que Saddam Hussein, en dépit de son régime ultra-autoritaire et clairement répressif, avait néanmoins réussi à faire vivre ensemble.
“Le mieux est l’ennemi du bien.” Voila un proverbe que Bush aurait dû méditer avant de s’entêter : oui, le peuple irakien souffrait sous Saddam Hussein, mais depuis l’invasion américaine, le pays est à feu et à sang et la question kurde déstabilise gravement une région déjà sous tension.
Obama le sait, la solution passe nécessairement par la seule véritable grande puissance régionale : l’Iran... vieil ennemi des Etats-Unis et autre “bête noire” des Occidentaux. Bref, il va falloir “pactiser avec le diable”... Bon courage, mister President !











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