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L’Iran : bête noir de l’Occident, avenir du Moyen-Orient ?

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drapeau iranienEntre sa volonté de s’affirmer et de participer au concert des grandes nations d’un côté et, de l’autre, l’ancrage d’une partie de ses chefs dans un islamisme radical anti-occidental et anti-israëlien, l’Iran est véritablement coupé en deux, sur le fil du rasoir... Pour combien de temps encore ? L’élection de Barack Obama et sa volonté affichée de dialoguer avec l’Iran sont deux bonnes nouvelles pour la société iranienne et pour sa jeunesse, désireuse de tourner enfin la page d’un héritage lourd à porter et qu’ils n’ont pas demandé.

Le régime actuel ne serait véritablement soutenu que par une petite partie de la population (on parle de 15%), mais est-ce que les élections à venir vont confirmer cette tendance ? Réponse en juin.

L’Iran, contrairement aux très nombreux a priori qui circulent, est un pays résolument moderne, tourné vers l’Occident, mais affirmant sa culture. La protection sociale y est très correcte et le PIB par habitant dépasse très largement celui de l’Egypte par exemple ! Les créateurs et les jeunes entrepreneurs sont nombreux et, malgré les différentes formes d’embargo qui sclérosent le pays, ils arrivent à “s’exporter”, qu’ils vivent sur place ou qu’ils se soient exilés dans différents pays étrangers.

Près d’un tiers de la population a moins de 15 ans, ce qui est énorme et très encourageant pour l’avenir. Cette proportion n’est aucunement dûe à un taux de fécondité mal géré, au contraire. Suite à la révolution islamique de 1979, il est passé d’environ 5 enfants par femme à moins de 2 aujourd’hui, soit moins que la France.

On pourrait dire de l’Iran qu’il est un pays “en attente”. Cette jeunesse déborde d’énergie et de vitalité et réclame un droit légitime à participer pleinement à la vie globale qui caractérise aujourd’hui la nôtre, en France par exemple. Rien à voir avec les volontés guerrières de certains de ses dirigeants.

C’est la ligne fine entre ces deux types de revendication qui refroidit régulièrement les dirigeants des grandes puissances occidentales : faut-il donner à ce grand pays la liberté de développement qu’il demande ou faut-il continuer à le museler ?

Qu’est-ce qui est le plus risqué pour les Etats-Unis et ses alliés : se priver de l’Iran et essayer tant bien que mal de mettre fin au conflit irakien et à la menace persistante des talibans en Afghanistan et au Pakistan ? S’en faire un allié de poids en lui laissant accéder à la puissance (et donc, forcément, à l’arme) nucléaire qu’il réclame à corps et à cris et risquer le déclenchement d’un conflit régional majeur, voire d’une Troisième Guerre Mondiale (on n’ose même pas imaginer les conséquences d’un bombardement nucléaire d’une grande ville israëlienne...) ?

Barack Obama n’a pas seulement du pain sur la planche : il a une grande, très grande décision à prendre. Il attendra logiquement le résultat des élections du 12 juin pour le faire. L’arrivée au pouvoir d’un gouvernement modéré pourrait changer la donne et enfin dévérouiller un pays au potentiel énorme (ce que l’Arabie Saoudite, autre “poids lourd” du coin ne voit pas d’un très bon oeil, mais ceci est une autre histoire...)

Le maintien d’extrémistes nationalistes et religieux à des postes-clés laisserait le Conseil de Sécurité de l’ONU dans l’obligation de maintenir un statu quo très tendu et compromettrait des négociations pourtant vitales en vue de régler le double problème afghano-irakien. Passionnant, mais... très flippant !

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