Nos voisins les Allemands
Écrit par la rédac' Lundi, 13 Décembre 2010 18:45
Il est évident qu'après avoir étudié à plusieurs reprises les deux Guerres Mondiales pendant notre scolarité, même si les profs d'histoire-géo nous expliquent bien que depuis, tout a changé, on peut se poser pas mal de questions et être un peu méfiant à l'égard de ces voisins-là...1870, 1914, 1940, c'était il y a longtemps... Oui, mais bon, quand même ! En moins d'un siècle, nos ancêtres se sont massacrés par centaines de milliers, à trois reprises.
Ce n'est pas rien. D'accord, mais nos ancêtres sont nos ancêtres et nous, c'est nous.
Les “Boches”, “Fritz” et autres “Schleu” ne sont pas tous morts et enterrés (un soldat de 0 ans en 1940 a 90 ans aujourd'hui), mais ce qui est clair c'est que ces termes racistes qui désignaient l'ennemi appartiennent de plus en plus au passé et que, heureusement, aujourd'hui, dans le regard de la grande majorité des Français, un Allemand n'est plus du tout vu comme un ennemi, un nazi, ni un fils ou petit-fils de nazi.
Malgré tout, cette réconciliation a été longue, lente et progressive et autant les dirigeants nazis ont alimenté cette haine destructrice, autant ceux qui les démocrates qui les ont remplacés à la tête du pays après 1945 (Adenauer, Brandt, Schmidt, Kohl, etc.) ont tout mis en oeuvre pour que nos deux peuples puissent de nouveau se regarder dans les yeux et même s'apprécier “normalement”, malgré ce passé lourd et tragique.
De nombreux échanges, des rencontres, des sommets, des cérémonies officielles, des commémorations en tout genre aux quatre coins des deux pays, la mise en place de jumelages (dans les années 1950), l'enseignement des deux langues aux jeunes des deux pays, bien plus tard la création de la chaîne de télévision Arte (1992)... sont autant de petits et grands événements qui ont contribué à cette fameuse amitié francoallemande qui paraissait inimaginable au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.
En 1963, le Traité de l'Elysée a scellé officiellement ce rapprochement et cette volonté très forte et profonde de vivre ensemble. Cette métaphore a d'ailleurs été poussée à l'extrême puisque l'on parle souvent de “couple” franco-allemand, d'abord incarné par De Gaulle et Adenauer, puis par d'autres “duos”, celui de François Mitterrand et Helmut Kohl, restant à ce jour l'un des plus emblématiques de cette relation.
Déjà en grande partie à l'origine de la construction européenne, le partenariat francoallemand reste aujourd'hui un socle très important de l'Union Européenne, même si le Royaume-Uni vient parfois perturber cette harmonie au sommet de l'Europe en voulant, ce qui est normal, avoir aussi son mot à dire.
Sur le plan économique, la France plus l'Allemagne réunifiée pèsent à elles deux très lourd, ce qui entraîne automatiquement une domination politique et d'une certaine manière relègue au second plan les autres membres de l'Union.
Depuis une dizaine d'années, l'accord de Weimar permet quant à lui des échanges entre universités et grandes écoles françaises et allemandes. Près de 5 000 étudiants sont actuellement concernés par ces cursus “bi-diplômants” qui sont répartis sur pas moins de 170 filières ! (> http://www.dfh-ufa.org)
Une chose est sûre : étudier en détail l'histoire tumultueuse des relations entre nos deux pays est important, pour réfléchir et pour nous rappeler qu'à tout moment, si nous n'y prenons pas garde, les bonnes relations entre les peuples peuvent être menacées. Et il convient à chacun de nous d'être vigilant pour contribuer autant que possible au maintien de la paix.











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