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Vous êtes ici :  Accueil Actus et reportages Fenêtre sur la planète Réchauffement climatique : “politiques” de l'autruche

Réchauffement climatique : “politiques” de l'autruche

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usineDepuis quelques années, des scientifiques du monde entier tirent la sonnette d'alarme. Au début, on souriait gentiment et poliment en les traitant en privé d'illuminés, d'écolos gonflants et de Cassandre. Puis ils se sont multipliés et ont lourdement insisté. On a alors (presque) unanimement décidé qu'ils avaient raison.

Et puis la vie a repris tranquillement son cours : les 4x4 continuent à rouler et à se vendre par centaines de milliers, les vols d'avion ont continué à se développer, les fruits et légumes se vendent toujours à n'importe quelle saison et des dizaines de millions d'êtres humains prennent toujours leur voiture individuelle pour faire 200m... Bref, tout va bien ! 

Bien sûr, il y a du mieux. Un léger mieux. Mais que pèse-t-il face à l'immense menace qui plane sur la Terre ? Et si cette menace n'était qu'une ènième idée de scénariste hollywoodien ? Il est aujourd'hui difficile, en tant que simple citoyen, de savoir ce qui se passe vraiment, ce qu'on risque vraiment. De savoir qui exagère et qui minimise.

Pourtant, une chose est sûre : que nous soyons à l'aube de désastres de grande ampleur ou pas, nous abîmons notre planète. Nous consommons, produisons, jetons, polluons beaucoup trop. Le premier mérite de ces multiples menaces, qu'elles soient justifiées ou pas, c'est de faire prendre conscience à de plus en plus de gens que certains modes de vie ont un impact négatif sur notre environnement.

Or, nous sommes des enfants nés en plein dans ces modes de vie : les années 1990, même si elles ont vu l'explosion des produits bio et de la conscience écologique, ont sans doute été le summum de la société de consommation à outrance, alliée à un individualisme extrême dans la plupart des pays occidentaux.

Aujourd'hui, la protection de l'environnement est une mode. Or, tout le monde le sait, une mode ça ne dure pas et ça n'est jamais pris au sérieux. On assiste en France à la cohabitation entre deux catégories de population : celle qui fait attention et revoit tout son mode de vie pour mieux préserver certaines valeurs et éviter au maximum de gaspiller et de polluer; et celle qui pioche quelques idées écolos branchées à droite à gauche, mais qui en finalité persiste dans la majorité de ses bonnes habitudes.

Quelques exemples typiques de contradictions qu'on peut facilement observer autour de nous : prendre sa voiture pour aller au petit marché Bio sympa à l'autre bout de la ville plutôt qu'y aller à vélo, trier ses déchets tout en continuant à ne boire que de l'eau en bouteilles, acheter une voiture qui ne rejette pas trop de CO2 et s'en servir beaucoup plus que nécessaire, consommer des produits Bio et acheter des cerises au mois de janvier... Un peu de cohérence serait la bienvenue !

Bien sûr, on pourrait ajouter deux autres catégories à chaque extrémité : les écologistes radicaux qui font sans arrêt la morale aux gens d'une part, et, d'autre part, les fervents défenseurs des libertés individuelles qui revendiquent leur droit à rouler en 4x4 en ville ou à chauffer leur piscine extérieure tout l'hiver si ça leur plaît ! Ceux-là finissent évidemment parfois par se taper dessus, ce qui, certes, ne pollue pas, mais ne fait pas non plus avancer le débat.

En tout cas, beaucoup de gens privilégient la politique de l'autruche, surtout les grands décideurs. Des mesures sont prises, mais tout doucement. “Beaucoup trop doucement” disent certaines ONG et autres experts internationaux. Même si aujourd'hui on s'accorde à dire que la planète va mal, c'est un peu comme si on se refusait à anticiper, comme si on disait : “On verra bien, il sera toujours temps de faire quelque chose le moment venu...” Un “attentisme” qui pourrait nous coûter très cher.

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