Une dictature récente : l'Irak de Saddam Hussein
Écrit par la rédac' Vendredi, 14 Mai 2010 09:02
(série sur les dictatures, article n°3) Vous avez peut-être en tête les images du “déboulonnement” de l'immense statue de Saddam Hussein par des soldats américains et des Irakiens après le renversement du régime de ce dictateur ? Le culte de la personnalité est souvent un élément clé d'une dictature. Saddam Hussein fut un modèle du genre.Comme dirait l'autre, “le talent n'attend pas le nombre des années” ! A 26 ans déjà, en 1963, Saddam Hussein se positionne pour jouer un futur grand rôle politique dans son pays ; il devient le secrétaire général d'un parti politique (Baas), au moment où celui-ci renverse le gouvernement en place.
Pour accéder au pouvoir, ça commence déjà très fort sur le plan démocratique... OEil pour oeil, dent pour dent, quelques mois plus tard, c'est un autre monsieur tout aussi passionné du droit de vote et de l'accession tranquille au pouvoir qui renverse tout ce petit monde et torture le jeune Saddam en prison.
Il faudra attendre juillet 1968 pour que Saddam Hussein se retrouve aux côté de son cousin à la tête du pays, suite à une élection nationale au suffrage universel... heu, non, pardon, suite à un nouveau coup d'état. C'est tellement plus simple et rapide !
En 1979, il devient président de l'Irak après avoir gentiment dit à son cousin de se reposer un peu vu son grand âge (c'est une image, bien sûr, mais c'est à peu près ça), faisant une fois de plus l'économie d'une élection et, surtout, opérant un grand nettoyage dans son propre parti pour éliminer d'éventuels opposants.
Par la suite, Saddam Hussein joue à la guerre, ce qui, certes, n'est pas exclusivement réservé aux dictateurs, mais est tout de même assez caractéristique d'une personnalité égocentrique et obstinée. Huit ans de guerre contre l'Iran pour des raisons de suprématie régionale feront un million de morts.
Puis, s'ennuyant un peu sans doute, Saddam remet le couvert deux plus tard en envahissant le Koweït, ce qui vaudra à son pays des centaines de milliers d'enfants
morts de malnutrition en raison de l'embargo, 35 000 civils et 100 000 soldats tués sous les bombes des avions de la coalition internationale. Merci, Saddam !
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, tous les regards se sont braqués vers le dictateur irakien et, même s'il a été très clairement prouvé que le problème venait principalement des talibans afghans, les Américains et leurs alliés se sont arrangés pour justifier une attaque massive qui a renversé la dictature en place en quelques semaines.
Aujourd'hui encore, 7 ans après, l'Irak vit au rythme des attentats dans un chaos parfois indescriptible, qui pose une terrible question : n'aurait-il pas mieux valu accepter de laisser un dictateur en place qui, certes, malmenait toute une partie de sa population et provoquait régulièrement ses voisins ?
La dictature peut avoir ce bon côté : la cohésion nationale et la stabilité. Depuis la chute, l'éxécution et la capture de Saddam Hussein, l'Irak est un pays totalement instable, où les ethnies et les différents groupes se déchirent et où l'objectif de démocratisation “forcée” ressemble à une greffe qui ne prend toujours pas et qui coûte très cher à la communauté internationale et à la population irakienne elle-même, finalement pas beaucoup moins malheureuse qu'à l'époque de son tyran...
Notre précédent article sur l'Irak (publié le 3 février 2009) :
http://www.jeunesocentre.fr/fenetre-sur-la-planete/lirak-apres-bush.html











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