Retrouvez JeunesOCentre sur Facebook (nouvelle fenêtre) Suivez JeunesOCentre sur Twitter (nouvelle fenêtre) Regardez la chaîne JeunesOCentre sur Youtube (nouvelle fenêtre)

Radio Lycée Saison 4

CRJ - Agir, dialoguer, proposer - Parce que c’est avec vous que se construit l’avenir, devenez membre de la Conférence Régionale de la Jeunesse !

CRJ - Tout sur la Conférence régionale de la Jeunesse - Accès à la rubrique dédiée

Sondage du moment - Clique ici et donne ton avis

Tous les contacts

Sondage du moment

Votre participation à l'élection présidentielle ?

Votre sélection







Résultats

www.jeunesocentre.fr

lycéens-apprentis-étudiants

Vous êtes ici :  Accueil En Région Centre 17 ans et deux romans au compteur !

17 ans et deux romans au compteur !

2 Votes - 60 % de votes positifs

Erika-SomwellSi à 13 ans et demi, votre copine vous dit “j’adorerais lire l’histoire d’une jeune fille qui entre dans une école de magie”, qu’est-ce que vous faites ? Vous lui dites d’aller fouiller dans une bibliothèque ou une librairie. Emilie Sandrin, elle, écrit un pavé de 930 pages. Rencontre.

“Cette année avec le bac, j’ai un peu levé le pied, mais sinon je suis en plein travail de réécriture de mon premier roman et je commence à travailler sur mon troisième.” Evidemment, ça force le respect. Longiligne, sobre et brune, Emilie ressemble à beaucoup d’élèves de son âge.

Ce n’est qu’en soupesant les deux livres qu’elle a posés devant elle qu’on mesure qu’il s’agit d’une lycéenne pas vraiment comme les autres. L’écriture d’”Erika Somwell” lui a pris en tout et pour tout 15 mois (le temps qu’il faudra pour le lire pour les plus lents d’entre nous), sachant qu’elle était au collège et avec les mêmes contingences du quotidien que nous tous...

“Je n’avais aucune difficulté scolaire, bien au contraire. Faire les devoirs du week-end et des vacances me prenait donc très peu de temps ; j’ai profité de tout ce temps-libre pour écrire.”

Au lycée, ça se corse un peu, du coup le deuxième opus d’Emilie ne fait “que” 260 pages ! Bouclé en trois mois, “Identité perdue” est sorti fin 2010 et se vend plutôt pas mal, alors qu’il a pu dérouter les fans du premier, puisqu’il n’a rien à voir, ni dans le fond, ni dans la forme.

En effet, après un passage dans l’heroic fantasy dans un ton qui plaît plutôt à la tranche d’âge 13-17 ans, Emilie est passé dans la littérature générale pour peaufiner son style et aborder d’autres thématiques qui lui tenaient à cœur. Edité à compte d’auteur (en gros, ça veut dire que c’est l’auteur qui “paie” son livre et prend le risque, et non l’éditeur), “Erika Somwell” s’est vendu à 300 exemplaires et “Identité perdue” prend le même chemin. Plutôt pas mal pour quelqu’un d’inconnu, qui n’est pas porté par un “gros” éditeur.

“Je fais des séances de dédicaces et des salons, c’est actuellement le seul moyen de vendre mes livres, même si ceux-ci peuvent être commandés en librairie ou sur des sites de vente de livres en ligne.”

Coachée par sa mère, elle a, à l’âge 14 ans, envoyé une dizaine de tapuscrits (“manuscrit” signifiant “écrit à la main”) à des éditeurs, dont deux ont répondu positivement. L’année dernière, elle est entrée en contact avec un troisième éditeur, mais cette fois-ci un “vrai”, Le Faucon Rouge, c’est-à-dire une structure éditoriale qui prend le risque de soutenir un auteur en publiant son livre et en le défendant et le diffusant au mieux, sans que cela ne coûte un centime à l’auteur... qui peut même espérer toucher des droits si ça marche.

“Ce n’est pas ce que préfère dans le travail d’écriture, mais depuis un an je réécris mon premier livre dont le style et certains passages n’étaient pas terribles dans la première édition. Il devrait donc ressortir en deux volumes, le premier fin 2011.”

“Mon goût pour l’écriture n’est pas né de la lecture assidue de centaines de livres, mais plutôt d’une envie de passer de l’autre côté de la barrière et d’avoir le plaisir de créer des personnages, de les faire vivre, de décrire avec précision leurs traits de caractère et leur passé.”

Pas étonnant qu’Emilie, son bac L en poche, s’inscrive en fac de psycho, dans le but de travailler plus tard dans le milieu carcéral et judiciaire. Elle aurait aimé être criminologue, mais cela implique des études à l’étranger, ce qui ne correspond pas à ses envies. “Je suis un peu casanière, j’ai besoin d’être bien posée et entourée des gens que j’aime pour continuer à écrire, donc il n’est pas question pour l’instant de partir à l’aventure à l’étranger.”

L’aventure qu’a choisie Emilie, c’est donc celle, infinie et terriblement excitante, du maniement des mots.

Approfondir

 

> www.emilie-sandrin.fr

 

Extrait d'Erika Somwell, la lumière du soleil - chapitre 1 :

"Le troisième et la seconde année commencèrent à partir vers les étages, puis ils s'arrêtèrent, se retournèrent : Erika restait immobile, au même endroit :

- Je... je dois vous dire quelque chose..., commença-t-elle.

Erika se sentit immédiatement rougir. Elle était gênée. Pourtant, elle retournait les derniers événements dans tous les sens, et ce n'est qu'après en avoir fini avec Matthias qu'elle avait réalisé. Elle se sentait mal à l'aise. Elle ignorait si ce qu'elle avait à dire allait les faire rire ou pleurer. De plus, Aïsha l'implora :

- Oh non, pas de mauvaises nouvelles, s'il te plaît.

Matthias croisa les bras et se rapprocha de la jeune fille, qui n'avait toujours pas bougé. Elle bégayait des mots inintelligibles. Il se pencha vers elle, les sourcils froncés :

- Qu'est-ce qui ne va pas ?

Aïsha arriva à son tour, sachant déjà ce que la nouvelle venue allait leur annoncer. Elle ne voulait pas le savoir, mais elle ne pouvait pas non plus l'igorer et elle soupira. Alors Erika prit sa voix la plus basse en évitant leur regard :

- Gabriel n'a pas menti tout à l'heure. Je suis bien une humaine."

 

Extrait d'Identité Perdue - Chapitre 8 :

"Deux semaines après cet incident, mon agent me propose de faire une apparition médiatique afin de booster l'intérêt populaire du film. Cela m'a paru judicieux lorsqu'il m'en a parlé, seulement maintenant, j'ai la froide impression d'être seule devant les mitraillettes qui me flashent :

- Comment vous sentez-vous depuis votre sortie de l'hôpital ?

- Quels sont vos projets ?

- Avez-vous déjà reçu des contrats ?

- Dites-nous, des rumeurs circulent à propos de votre visage...

J'inspire malaisément, un large sourire aux lèvres pendant que mon estomac semble vouloir rejeter mon dernier repas. Faire preuve de tact, tout en trouvant quelques piques à rétorquer. Je me suis pourtant entraînée avec Marc, alors pourquoi est-ce si difficile de ne pas étouffer ?

- Je me sens vraiment mieux depuis ma sortie, merci de vous en soucier. Pour ce qui est des projets, il n'y a rien d'éventuel, seulement du concret. J'ai effectivement reçu un contrat, que j'ai accepté. Quant à mon visage, il me semble évident que j'ai dû faire des dizaines d'opérations esthétiques pour le retrouver dans sa totalité.

Je suis prête à me tourner moi-même en dérision si cela peut plaire au public.

Tandis que je me retrouve confrontée à la pire espèce d'abeilles qui me dardent de flashs, les frelons me questionnent sans cesse, sans que j'aie réellement le temps de leur répondre. Lorsque Marc me disait que le temps n'était rien dans le showbiz, je le croyais les yeux fermés ; pourtant, aujourd'hui je me demande si l'indifférence n'est pas le résultat fortuit de ceux qui règlent les horloges : les bourdons."

Il n'y a aucun commentaire pour cet article

Ajouter un commentaire

D'autres articles traitant du même thème :

Cinéma : nous avons vu... 17 Filles

Que le scénario soit tiré d'un fait réel n'a finalement aucune importance et n'apporte pas grand-chose au propos : ce film est d'abord du cinéma, et le cinéma, c'est bien connu, c'est fait pour faire rêver, pour faire voir des choses qu'on n'a...

Eulalie, lycéenne en région Centre

Chaque mois, nous donnons la parole à un jeune de la région Centre : études, vie perso, projets, activités, musique... une tranche de vie, au hasard de nos rencontres ! Eulalie, lycéenne en région Centre17 ans, Terminale S à Lycée Jean...

Le livre plutôt que le film : No et Moi

Malgré (ou à cause de ?) son beau casting, sa superbe bande-son et quelques scènes très réussies, le film “No et moi” noie peut-être un peu trop certaines réflexions nuancées vraiment intéressantes, qui nécessiteraient du recul. A la...

A Bourges, ouvrez les Pages du Donjon !

Quand vous voyez écrit “librairie jeunesse” vous partez en courant en pensant que c’est pour votre petite sœur de 6 ans ? Erreur ! La “jeunesse” n’a pas d’âge et les livres pour les ados sont aujourd’hui d’une richesse...

“Le grand livre pour sauver la planète” : Un petit chef d'oeuvre !

Quand un éditeur indépendant (Rue du Monde), engagé, juste, sérieux et drôle à la fois, ayant du goût et étant parfaitement en phase avec le langage et les attentes des jeunes se lance dans une entreprise aussi joliment prétentieuse que...