Nous avons testé... Le Tours-Bourges de 7h03
Écrit par la rédac' Dimanche, 08 Janvier 2012 23:54
Dans la nuit automnale douce de ce vendredi matin de décembre, l'un de nos rédacteurs est sorti de son lit à une heure indécente pour expérimenter la vie d'un «commuter» interrégional et s'installer dans un beau TER qui a quitté les lumières de la gare de Tours pour s'enfoncer dans les ténèbres !
«La litanie des noms de villes traversées est un poème à elle toute seule : Saint-Pierre-des-Corps, Montrichard, Saint-Aignan-Noyers, Selles-sur-Cher, Gièvres, Villefranche-sur-Cher, Vierzon-ville, Bourges, Nevers, Imphy, Décize, Le Creusot, Monchanin, Beaune, Dijon-ville. Oui, vous avez bien lu : Dijon ! Je me suis permis de rebaptiser le train «Tours-Bourges» histoire de rester dans la région, mais le 7h03 est en fait le «Tours-Dijon». D'ailleurs, lorsque j'ai vu le TER avec son beau logo «Bourgogne», je me suis dit que je devais rêver et qu'il fallait que je retourne me coucher d'urgence.
En partant de Tours, en traversant le Loir-et-Cher, puis le Cher, le 7h03 est un peu à la région Centre ce que le Transsibérien est à la Russie. En beaucoup moins froid et en beaucoup moins long ! En tout cas, j'ai tout de suite l'impression agréable de «partir en voyage», ce qui ne doit vraisemblablement pas faire le même effet à celles et ceux qui le prennent cinq fois par semaine depuis des années...
Je m'installe dans la partie haute, en prévision d'être en position de domination, pour mieux voir le jour poindre dans une petite heure sur les beaux paysages du 41. Pas grand monde autour de moi. Je m'approche d'une fille qui vient de dire au revoir à sa copine restée sur le quai.
Pas de chance pour moi, Ophélie n'est pas une «commuter» («commutrice» ?!), mais une utilisatrice occasionnelle. Lycéenne à Vierzon et originaire de Salbris, elle a passé la soirée à Tours pour aller voir le spectacle d'Audrey Lamy, a dormi chez sa copine et espère arriver à l'heure à son stage. Exemple original de l'utilité de ce genre de train...
Je me dis que je vis un moment historique car dans deux jours, la SNCF met en place ses nouveaux horaires, objet de nombreuses polémiques un peu partout en France et dans la région Centre en particulier.
En bavardant avec le contrôleur, j'apprends que le 7h03 va simplement devenir le 7h00 : les usagers de cette ligne ne vont donc pas sentir le changement, si ce n'est qu'ils perdent le charme du «trois», le «sept heures zéro zéro» sonnant nettement moins bien. Je pourrai donc dire un jour à mes arrière petits-enfants que j'ai été un des tout derniers voyageurs à prendre le 7h03 !
Je rencontre ensuite une certaine Julie, jeune prof de français au collège de Saint-Aignan, «usagère» quasi-quotidienne de la ligne depuis plus de deux ans. Le 7h03 fait partie de son paysage, premier truc de la journée à ne surtout pas rater. Son lit étant à peu près situé à 120m du siège du TER où elle s'assoit, ses risques sont limités !
Je prends soudain conscience que les «commuters» tourangeaux doivent en majorité habiter à une distance raisonnable de la gare et choisir leur habitation en conséquence. Ou alors les habitants du quartier sont là pour être proches de la briocherie de la gare, véritable institution locale (une boutique qui ne vend QUE des brioches, inutile d'y cherche des croissants ou du pain !).
ll est 7h42 et c'est dans une nuit d'encre que le TER ralentit pour s'arrêter à Saint-Aignan, ou plutôt à Noyers car j'aperçois le château de Saint-Aignan très loin à l'horizon... Ce n'est qu'à Selles-sur-Cher à 7h51 que l'aurore dessine une petite traînée bleue au loin. C'est à ce moment-là que je décide de finir ma nuit avant d'arriver à destination...»
Approfondir
> Tout savoir sur Mobillico Centre : http://www.regioncentre.fr/jahia/Jahia/AccueilRegionCentre/domaines-intervention/Transports/mobillico-centre
> La définition de «commuter» en anglais : http://www.thefreedictionary.com/commuter
















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