PDB 2011 > (portrait en coulisses) > Alain, l’infatigable régisseur logistique
Écrit par la rédac' Mercredi, 27 Avril 2011 23:56
Tous les chemins mènent à Bourges... ou presque. A 60 ans, Alain Piel a un parcours qui donne envie et rappelle qu’avec un bon diplôme on peut toujours rebondir, même 30 ans après. Hébergement, transport, “catering” : le festival est une grosse machine et Alain, un drôle de machiniste !
Les chiffres donnent le tournis : 27 chauffeurs disponibles quasiment 24h/24, près de 1 500 chambres et plus de 2 500 personnes hébergées sur 5 jours... Chaque année, un quart du temps de travail d’Alain Piel comme permanent au PDB depuis 2005 est consacré à l’organisation de trois élements fondamentaux de l’accueil d’artistes, de techniciens, de VIP, de managers, de partenaires et de journalistes : les transporter, les faire manger et les faire dormir. Le B.A.BA d’un festival réussi !
Pourtant, quand on demande à Alain, ce qu’il doit gérer pendant le festival, sa réponse est déroutante : “Je suis en train de rédiger un dossier de demande de subventions, puis je prépare le bilan pour la conférence de presse de dimanche.” Et, heu, la logistique dans tout ça ? “Tout roule, à part deux ou trois urgences à gérer, le système est rôdé et le gros du travail est derrière moi.”
Déjà collaborateur sur la partie hébergement en 1998 et 1999, Alain revient pour de bon à Bourges en 2005 et met en place différents outils pour maîtriser au mieux ce qui, vu de l’extérieur, semble un véritable casse-tête : gérer des centaines de demandes qui arrivent de partout, plus ou moins en même temps, entretenir les meilleures relations avec les hôteliers de la ville et des proches environs (rayon de 7 km autour de la ville), pré-réserver des chambres et, par-dessus tout, dispatcher au mieux les festivaliers dans les différents hôtels... Argh !
“Nous avons des quotas de chambres dans une trentaine d’hôtels, généralement bloqués jusqu’à 15 jours du festival. Certains hôtels sont plus prisés que d’autres, comme l’Hôtel d’Angleterre et le Bourbon, l’un des plus prestigieux du secteur. Il faut donc ventiler les demandes au mieux pour satisfaire le plus de personnes possibles.”
Dans ce jeu d’équilibriste qui fait briller les yeux du Docteur Logistique, il faut du sang-froid et de l’organisation. Alain Piel s’en amuse. Il s’est créé un outil informatique sur mesure qui répond à sa seule logique, d’après lui “très personnelle” : en quelques minutes, il peut répartir au mieux un groupe de 20 personnes. Sa grande fierté : que ceux qui en ont le plus besoin, notamment des techniciens qui terminent parfois à 3 ou 4h du matin, puissent rentrer tranquillement à pied à leur hôtel.
Côté transport, ce sont 27 chauffeurs de tous horizons, non-professionnels, mais rémunérés, avec comme régisseur Frédéric Couderc, un maître dans ce domaine, qui conduisent des festivaliers en ville ou vers les gares, les aéroports parisiens ou autres. “En 1998, nous avons même été chercher un groupe hollandais à la sortie d’un concert là-bas car ils jouaient chez nous le lendemain !”
Après un DEA d’économie à Paris Dauphine (ancêtre du Master 2), Alain est contrôleur de gestion chez Essilor (verres de lunettes) pendant une vingtaine d’années. Ses deux frères étant producteur de cinéma, il change une première fois de direction en travaillant dans ce milieu, côté juridique et gestion.
Jugeant cet univers “trop violent”, il se tourne ensuite vers la musique et travaille pour différents festivals, en tant que professionnel ou bénévole (festival Django Reinhardt), dans les deux cas en complément de Bourges, sur son temps... de congés !
“Je suis un boulimique de travail, je le reconnais. Dans la fonction que j’occupe, il est difficile d’avoir des limites, il faut foncer et être toujours prêt à réagir vite en cas de besoin.” Quand il ne gère pas la logistique, Alain monte les dossiers financiers, un autre gros morceau sans lequel le festival ne pourrait pas exister.











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