PDB 2011 > (rencontre + concert) > The Shoes, grosse sensation
Écrit par la rédac' Mercredi, 27 Avril 2011 23:06
Si on devait comparer ce duo électro-pop festif à un objet, ce serait sans doute une bouilloire, ou une cocotte-minute. Leur premier album, véritable bombe, acclamé par la presse britannique et française, n’est qu’une petite étape dans leur carrière. Leur prestation scénique de bidouilleurs géniaux qui s’éclatent comme des gamins a enflammé la salle et nous a laissés sans voix.
On ne l’a pas fait exprès, mais nos deux choix d’interview + concert se sont portés sur deux duos français chantant en anglais. La comparaison s’arrête là : alors qu’Olivier et Simon d’AaRON offrent une pop ciselée et puissante qui charme un public de plusieurs milliers de personnes en majorité conquises d’avance, Guillaume et Benjamin s’aventurent dans une électro (ils détestent ce terme) à la fois festive, décalée, expérimentale, bruyante devant 200 curieux qui veulent voir ce que ces deux-là peuvent donner sur scène.
Puisqu’aucun journaliste présent à la conférence de presse n’a eu l’indélicatesse de poser la sempiternelle (et soporifique) question des influences, nous nous y collons à leur place : impossible de ne pas penser aux Beastie Boys (dans l’attitude et sans le hip hop), à New Order (pour la légèreté du chant, mais sans la noirceur), aux Happy Mondays (pour l’humour et l’appétit festif) aux Stereo Mcs (pour le groove imparable de certains morceaux qui donne immédiatement envie de grimper aux arbres) et à Daft Punk (pour les parties de basse/beat box entêtantes).
“Nous nous connaissons depuis longtemps et The Shoes doit être notre dixième formation. Nous avons touché à beaucoup de styles différents, et c’est encore le cas aujourd’hui, même si nous pensons avoir trouvé une unité avec cet album.”
Si Guillaume et Benjamin n’en sont qu’à leur premier album, ils ne sont pas nés de la dernière pluie : ils ont à leur actif de nombreuses collaborations et ce n’est que le début. DJs, remixeurs, arrangeurs, producteurs, ils enchaînent les rencontres artistiques et fonctionnent dans un échange permanent. Non seulement, à 32 ans, ils vivent de leur musique et de leurs différents travaux de production, mais en plus ils s’ouvrent en permanence des portes vers de futurs projets plus excitants les uns que les autres.
“Nous avons eu des mésaventures avec des managers malhonnêtes, puis un jour nous avons rencontré quelqu’un par l’intermédiaire d’amis qui vivent en Angleterre. On a fait écouté nos démos à cet ingénieur du son. Il a haussé les épaules et il a dit “pas terrible”. On aurait pu l’envoyer balader, mais au lieu de ça, en une heure, on est devenus les meilleurs amis du monde ! Il a été décisif dans la finalisation de cet album.”
The Shoes admettent facilement ne pas savoir s’arrêter, toujours ajouter des choses, retravailler des morceaux... c’est vraiment grâce à leur maison de disques qu’ils ont pu sortir cet album, parce qu’un jour elle leur a dit : “stop ! on le sort !”
“Crack my bones” est une réponse à la mode du “lo-fi” qui consiste, en gros, à travailler avec un son un peu crade et basique. “Nous, on voulait un album hi-fi, un truc qui passe super bien dans une bonne chaîne, avec de belles basses bien ronde et des nappes de synthé nickel, ça peut paraître simplet comme envie, mais c’est important.”
Côté partage, difficile de faire mieux : la quasi-totalité des morceaux de l’album sont le fruit d’une collaboration avec des noms prestigieux des stars montantes de l’électro et de l’indie comme The Bewitched Hands, Wave Machines, Esser... pour n’en citer que quelques-uns.
“Nous ne sommes pas de grands chanteurs, alors on travaille beaucoup avec des samples et avec de “vrais” chanteurs.” Quand on leur parle de leur succès fulgurant ils relativisent : “Il y a une part de chance, beaucoup de choses excellentes sortent et passent inaperçu... Parfois on écoute des albums qui n’ont pas super bien marché, comme celui des Wave Machines par exemple et on se dit que c’est fabuleux et que c’est vraiment injuste.”
Soutenue par une section rythmique indestructible (deux batteurs imperturbables et puissants, debout au fond de la scène + une basse que les deux acolytes se refilent), la pop ravageuse de The Shoes a partagé la salle du 22 Est en deux : ceux qui dansaient comme des enragés au premier plan et ceux qui restaient littéralement scotchés au deuxième plan, conscients qu’ils étaient en train d’assister à la naissance d’un immense groupe, une “grosse pointure” qu’on ne reverra sans doute plus jamais dans une salle aussi petite.
Approfondir
> 2 titres dans le lecteur Deezer ci-contre à gauche
> Prochain concert près de la Région Centre : le 13 juillet aux Francofolies de La Rochelle
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