Rencontre avec Liz van Deuq, perle d’Orléans
Écrit par la rédac' Mercredi, 31 Août 2011 21:40
Le piano sautillant et dépouillé des premières secondes du premier morceau du premier EP de Liz van Deuq est une invitation sans détour dans son petit monde charmant, chaleureux et drôle. Un cocon dont nous n’arrivons plus à sortir depuis.
A l’heure où l’autofiction envahit la littérature française avec plus ou moins de réussite, Liz van Deuq commence son œuvre par un simulacre d’auto-analyse. En accord parfait avec l’ambiance musicale du morceau (sobrement et espièglement intitulé “Anna-Liz”), le texte jongle avec les mots avec une légèreté salvatrice. Même si l’expression est galvaudée, n’ayons pas peur de le dire : la musique de Liz van Deuq nous fait du bien.
“Je suis venue naturellement à la chanson française, après ma maîtrise de musicologie en composition électro-acoustique où la palette expressive me semblait un peu trop théorique et intellectuelle.” On comprend mieux l’alchimie parfaite entre envie de rigoler un peu et technique parfaitement maîtrisée.
En quatre titres, dès 2009, la jeune Vanessa (le “van” de Liz van Deuq, c’est elle) s’est (im)posée avec force dans le paysage de la chanson française, sans autre forme de préavis. Depuis, on attend. Et la suite devrait enfin arriver début 2012.
“Je prépare actuellement les arrangements de mon premier album qui, si tout va bien, sera enregistré à l’automne dans les studios de Pole Nord à Blois. Ils m’ont déjà reçu pour une résidence, c’est là-bas que j’ai enregistré mon premier EP et j’ai aimé cette collaboration.”
Suite et grâce à ses études, Liz van Deuq trouve un premier boulot assez polyvalent dans une radio à Nevers, ville dont elle est originaire et où elle a joué dans deux premiers groupes avant de créer ce projet en 2006. Ensuite, elle trouve une place de journaliste à Vibrations à Orléans, changement de style radical et découverte de l’aspect commercial de la musique...
“Ces boulots m’ont permis de continuer à être en contact quotidien avec la musique, mais aussi à découvrir de nouveaux logiciels audio et d’autres aspects techniques purs qui m’aident aujourd’hui dans mon projet.”
Maintenant, le plus dur reste à faire : se faire connaître, trouver des financements pour monter un spectacle avec un technicien lumière et encore plus de travail sur le son, les arrangements et la mise en scène.
“Je n’ai pas assez de notoriété pour pouvoir vendre un spectacle un peu plus cher, donc il faut sans cesse jongler entre différentes formules ; rester à un prix raisonnable tout en proposant quelque chose d’abouti et qui ressemble à ce que je veux faire passer.”
Dans sa chanson “L’artiste”, lointaine cousine du “J’me voyais déjà” d’Aznavour, LVD annonce la couleur d’emblée, après une intro à la Chopin, en faisant mine de poser son gros égo dégoûtant sur la table de cuisine : “Je suis une artiste et je suis égoïste/Regardez-moi, j’existe.”
Drôle, provocatrice, mais aussi profonde au détour d’un vers, Liz van Deuq n’écrit jamais une ligne qu’on avait devinée d’avance grâce à la précédente. Et ça, ça fait un bien fou ! On pense tantôt à Clarika, tantôt à Juliette, ou encore à Jeanne Cherhal, trois références que Vanessa, grosse mangeuse de concerts en tant que spectatrice, n’hésite pas à revendiquer.
Elle a déjà fait la première partie de Cali et d’Emilie Loizeau et s’apprête à faire celle de Diane Tell en octobre dans la région. Nul doute qu’au moment de la sortie de son premier album, seuls les producteurs sourds attendront plus d’une heure pour décrocher leur téléphone.
Après une année 2011 “Ben l’Oncle Soul”, la région Centre pourrait bien s’offrir un doublé avec une année 2012 “Liz van Deuq”...
Approfondir
> en écoute sur notre lecteur Deezer à gauche sur cette page : les seuls, beaux et uniques 4 titres de LVD
> Prochains concerts dans la région :
1er octobre à Marmagne (18)
18 octobre à Avoine (37), plateau avec Diane Tell











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