Si j'étais président...
Écrit par la rédac' Mardi, 21 Février 2012 16:50
Même si la Conférence Régionale de la Jeunesse insiste beaucoup sur le travail en commun et les échanges entre les jeunes, elle fonctionne sur un modèle démocratique classique. Il faut donc une tête qui dépasse, un "big boss"... bref un président, quoi. Nous nous sommes procuré les professions de foi de chacun des trois candidats pour voir de plus près leurs arguments électoraux.
Qui vote pour élire ce président ? Les présidents et les rapporteurs des 4 commissions, soit huit personnes. Au début, on sourit, puis comme on a fait un peu de mathématiques, on réalise d'un coup qu'il est aussi difficile de se faire élire par huit personnes que par 30 millions ! Sauf qu'aller à la rencontre des électeurs prend, disons, un tout petit peu moins de temps.
En effet, avec trois candidats en lice, tout est possible : vous avez une chance sur trois d'être élu et... deux chances sur trois de perdre l'élection. Bref, il faut être convaincant et une fiche distribuée aux candidats leur donne de précieux conseils, en trois points : présentation de soi, motivations de la candidature, programme et engagement visés.
Donner un titre à sa campagne est facultatif ; d'ailleurs, l'un des candidats ne le fera pas, et les deux autres proposeront "Donnons le droit à chacun" et "Les jeunes acteurs de la transformation sociale". Un seul choisit l'adresse directe aux électeurs en commençant par un Conseillères, conseillers
très républicain !
L'un des candidats décline d'emblée un CV alléchant, avec une expérience humanitaire en Afrique, une participation au Conseil d'Administration de son CFA et la création d'une association. A 21 ans seulement, c'est plutôt pas mal ! S'ensuit un texte assez convenu, mais clair et efficace, rédigé dans un style fluide et étonnant de maturité "politique" pour une personne aussi jeune : tous les ingrédients pour séduire sont réunis.
D'un coup, apparaît le slogan qui tue : Nous avons des talents individuels. A nous de tisser le talent collectif.
De quoi mettre KO ses adversaires en une ligne ! La suite est à l'avenant. Le candidat décline son programme en cinq points et tape dans le mille à chaque fois, montrant qu'il a parfaitement compris et su synthétiser le rôle de la Conférence. Allez, nous vous transcrivons nos deux préférés : Permettre une meilleure connaissance des politiques mises en œuvre par l'institution régionale
et Faire émerger des propositions concrètes
. Bingo.
Pas mal dans le genre non plus, le suivant a une expérience de... conseiller municipal. A 23 ans. Il est membre de plusieurs associations et président de l'une d'entre elles, qui agit auprès des... devinez quoi ? Des jeunes ! Tiens, tiens. Il attaque par une intro moins percutante que le premier, mais tout aussi intéressante, sur le fait que nous (les jeunes) ne sommes pas seulement les adultes de demain, mais une "réalité présente". Concept, certes assez intellectuel pour apparaître ici, mais indéniablement passionnant.
Emaillée d'allusions négatives, sa profession de foi a peut-être fait peur aux électeurs. Pourtant le fameux déboucher sur des propositions concrètes
est également présent et son cheminement allant de la résignation à l'enthousiasme est le reflet authentique du parcours de milliers de jeunes, et on sent une vraie envie chez ce candidat.
Enfin, le troisième, encore un garçon, quel dommage qu'aucune fille n'ait voulu se présenter..., choisit d'attaquer avec la crise sous toutes ses formes et l'inégalité croissante qui en découle. La première idée qui nous interpelle est cet intégrer les jeunes dans la gestion des affaires publiques
, bien envoyé.
Ensuite, son parcours nous éclaire sur le personnage et là , il est aussi riche que celui de ses deux collègues : étudiant en droit ET salarié dans une piscine, le tout agrémenté d'un engagement syndical. Pedigree qui donne immédiatement envie de mieux connaître le bonhomme.
Il termine par de bien sentis pouvoir propositionnel
et capacité d'initiatives des jeunes
, mais rien n'y fera : c'est le premier qui, quelques jours plus tard, remportera l'élection.
Le jeu électoral étant terminé, c'est dans la réalité une sorte de triumvirat qui va être à la tête de la Conférence, puisque les deux autres candidats sont vice-présidents et travaillent main dans la main avec le président. Comme l'écrivait fort justement Guillaume Sampé dans la profession de foi qui l'a conduit à la victoire : Nous avons des talents individuels. A nous de tisser le talent collectif
. CQFD.











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