Protégez votre “Netimité” !
Écrit par la rédac' Lundi, 24 Janvier 2011 12:10
Après plusieurs scandales relayés par la presse et des milliers de petits désagrément quotidiens, le sujet de la protection de lʼintimité de chacun sur internet est omniprésent. Il sʼinstalle même dans les établissements scolaires. Les campagnes de prévention ne tarderont pas à se généraliser, quelques décennies après celles sur la sexualité ou lʼusage de la route...
Si vous publiez 40 photos de la dernière soirée que vous avez organisée sous forme dʼalbum sur Facebook, mesurez-vous vraiment ce que cela signifie ? Arrivez-vous à imaginer individuellement vos 279 amis en train de regarder ces images de vous et des personnes présentes, en train de les montrer à dʼautres gens que vous ne connaissez pas ou, pire, que vous nʼappréciez pas du tout ?
“Tʼas vu sur celle-là, à droite, Léa pose sa main sur le genou de Thomas !” “Ah ouais trop bien, bouge pas je lʼenvoie à son mec, ça lui apprendra, tiens !” Combien dʼamitiés et de couples défaits sur des malentendus, des surinterprétations et des ingérences plus ou moins malsaines dans la vie privée dʼà peu près nʼimporte qui ? Difficile à chiffrer tant les conséquences de lʼétalage public peuvent être indirectes, sourdes ou à retardement...
Autre inconvénient : le risque de “trahison” permanent. Vous avez zappé une soirée chez Bidulette prétextant une bonne grippe, sauf quʼon vous voit grimper aux rideaux à la soirée de Machin, lʼheure et la date des images en question ne laissant planer aucune doute sur la question ! Et on ne vous parle même pas de vos parents, oncles et tantes avec qui vous êtes amis bien sûr et qui vous balancent au milieu du repas de Noël : “Heu, tʼessaieras de ne pas vomir sur la table comme avec tes potes le 14 juillet, on a tout bien vu en détail sur Facebook”. Et toc !
Enfin, des débats sont régulièrement organisés sur le “droit à lʼoubli numérique”, car il est difficile dʼeffacer certaines “traces” sur internet, la clôture de votre compte MySpace ou Facebook nʼétant souvent pas suffisant pour vous faire un peu oublier...
Lʼexemple nʼest pas rare dʼégosurfing (le fait de taper son propre nom dans un moteur de recherche) aux résultats surprenants, comme une signature de pétition datant de plus de 10 ans et qui pourrait avoir un effet désastreux sur lʼemployeur potentiel que vous rencontrez demain matin... Et on ne vous parle même pas des gens qui meurent, la mort physique et la “disparition numérique” étant bien souvent totalement décalées.
Aujourdʼhui, lʼI-phone vous permettant en quelques secondes de prendre en photo quelquʼun qui ne le sait même pas et de poster lʼimage sur votre compte Facebook, on se dit que lʼintimité est en train de devenir un vieux machin préhistorique comme la machine à écrire ou le minitel... Et ça fait quand même un peu froid dans le dos.
Notre pire ennemi dans cette histoire ce nʼest pourtant ni Facebook, ni MySpace, ni ces sales “amis” qui nous ont fait des crasses sur le net. Non, notre pire ennemi, cʼest souvent nous-même. Notre négligence, notre naïveté et notre position ambiguë qui nous fait osciller en permanence entre le désir dʼexister aux yeux des autres et celui de préserver son intimité.
Il y a des choix à faire qui nʼexistaient pas il y a 4 ou 5 ans. Communiquer sur le net, oui, mais pour qui, pourquoi, pour combien de temps, jusquʼoù ? Le temps des petits secrets nʼest sans doute pas révolu, à vous de savoir les garder... vraiment. Pour reprendre le slogan de la CNIL : “Les idées changent, les informations restent.” A bon entendeur, salut !
Pour approfondir
> http://www.jeunes.cnil.fr
> http://www.internetsanscrainte.fr











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