Série “Mur de Berlin”, Vol. 4 > La construction du Mur...
Écrit par la rédac' Mardi, 27 Octobre 2009 11:52
A quelques semaines du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, Jeunes Oʼ Centre vous propose de bien comprendre pourquoi il avait été construit, ce quʼil symbolisait, lʼimportance historique de sa destruction et ce qui reste de la Guerre froide aujourdʼhui.
> Cette semaine, nous nous attardons sur les quelques jours et même les quelques heures qui ont vu Berlin se faire couper en deux parties hermétiquement séparées...
Construire une barrière en fil de fer barbelé de plus de 150 kilomètres de long, de 3,6 mètres de haut au minimum, le tout en... une nuit, est-ce possible ? Réponse : oui ! Des milliers de soldats et de maçon lʼont fait, dans la nuit du 12 au 13 août 1961, tout en dépavant les grandes avenues qui reliaient les deux parties de Berlin et en coupant les lignes de métro. Le béton et le mur définitif arriveront peu à peu dans les semaines suivantes.
Sans doute passablement énervés que le camp occidental ne prenne pas vraiment au sérieux la menace de décembre 1958, le gouvernement est-allemand et les Soviétiques trouvent une idée “géniale” : encercler lʼintégralité du territoire de Berlin- Ouest avec un grand mur construit en un temps record pour que personne nʼait le temps de réagir... Une vraie scène de dessin animé !
Du jour au lendemain, le passage tranquille à lʼOuest est définitivement terminé et le pauvre Allemand de lʼOuest qui a eu la mauvaise idée de choisir justement ce soir-là pour aller dormir en douce chez sa nouvelle copine est-allemande nʼaura même pas eu le loisir dʼaller récupérer sa brosse à dent dans son appartement le lendemain matin !
Miradors, soldats armés, chiens : de nombreuses tentatives de passage se sont soldées par quelques balles dans le corps (environ 250 morts en 28 ans). Lʼexpression “rideau de fer” employée par Churchill au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale devient alors plus réelle que jamais, sauf que le “rideau” est un mur et le “fer” du béton.
Deux mois plus tôt, le président du Conseil dʼEtat de RDA, Walter Ulbricht, jurait devant des journalistes quʼil nʼavait pas du tout entendu parler dʼun “mur” ni lʼintention dʼen construire un ! Ben voyons...
La réaction des Occidentaux est dʼabord la surprise bien entendu, même sʼils sʼattendaient à dʼimportantes mesures pour empêcher la fuite des Est-Allemands (déjà plus de 20% de la population sʼétait fait la malle !), mais comme lʼaccès à Berlin-Ouest pour les Allemands de lʼOuest et pour les marchandises était respecté, contrairement à lʼépoque du Blocus, ils décident de ne pas mettre en place une intervention militaire.
Les troupes russes sʼétant massées aux frontières les jours précédents, par crainte de représailles occidentales immédiates, on nʼose même pas imaginer le bain de sang qui aurait pu avoir lieu. Beaucoup dʼhistoriens disent que sans le sang froid des dirigeants ouest-allemands, américains, français et britanniques, une troisième guerre mondiale aurait pu être déclenchée dans les jours suivants...
La principale réaction fut une “note de protestation”, jolie expression qui a fait bouillir de colère des centaines de milliers de Berlinois de lʼOuest “emmurés”. Le maire Willy Brandt nʼa pourtant rien pu faire, le commandement allié étant seul décideur dʼune éventuelle riposte militaire. Le président Kennedy aura cette phrase définitive : “La construction du Mur est une solution peu élégante, mais mille fois préférable à la guerre.”











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