Une journée chez les apprentis journalistes
Écrit par Le webmaster Jeudi, 06 Octobre 2011 15:13
Créée il y a 43 ans, l’option Journalisme de l’IUT Info-Com de Tours a bien grandi, jusqu’à devenir en 2009 l’Ecole Publique de Journalisme de Tours, figurant parmi les 13 écoles françaises reconnues par la profession. Le 5 octobre dernier, le Club de la Presse Val de Loire y organisait un colloque sur les nouveaux défis de la presse. Nous y étions !
Des jeunes, des vieux et des moins vieux, tous mélangés dans un amphi, ce n’est pas courant. Ce mercredi était une journée un peu à part pour les étudiants de l’EPJT, puisqu’ils la passaient en compagnie de journalistes et de communicants professionnels, pour assister à trois tables rondes sur des sujets très ciblés, autour de leur futur métier.
Très loin du cours magistral, le débat a très vite été ouvert et de jeunes journalistes en devenir n’ont pas hésité à intervenir, parfois avec une insolente pertinence, voire à contrer les paroles de professionnels aguerris, tels que Jérôme Bouvier de Radio France et François Bonnet de Mediapart.
Cette journée était organisée par le Club de la Presse Val de Loire, une association régionale regroupant plus de 220 professionnels de la presse (journalistes, rédacteurs, photographes, attachés de presse...) et du monde de la communication (patrons d’agence, chargés de communication de collectivités locales ou d’entreprises privées).
Une aubaine pour les étudiants qui ont pu ainsi échanger, pendant ou en marge des débats, avec la trentaine de professionnels régionaux présents, en plus des «guest stars» nationales invitées pour l’occasion.
L’EPJT, qui émane de l’IUT Info-Com donc, propose un DUT en deux ans, puis une licence pro, avec la possibilité d’un apprentissage en alternance (voir notre portrait Face de Jeune ! de Sabrina). Un travail de fond est en cours pour la mise en place d’un référentiel national avec les autres écoles françaises (dont les plus prestigieuses Lille, Paris et Strasbourg) qui devrait prochainement permettre de créer un Master.
Les étudiants de l’EPJT sont issus d’une sélection draconienne, puisque chaque promo n’en compte qu’une petite trentaine, la plupart recrutés sur dossier et entretien, à bac + 1 ou 2. Côté géographique, ils viennent de toute la France, même si (et c’est un hasard), une majorité viennent du grand ouest.
Quand bien même certains continuent leur cursus après leur DUT ou leur Licence, en intégrant Sciences Po par exemple, la grande majorité des étudiants de l’EPJT entrent dans la vie professionnelle directement en sortant d’ici.
Les sujets de la journée n’ont pas forcément été teintés d’optimisme. Le représentant d’un grand cabinet qui vient de réaliser une étude nationale approfondie sur le métier de journaliste a donné une synthèse des résultats qui laisse entendre que beaucoup de journalistes sont «fatigués, stressés, inquiets, bousculés».
Sont incriminés la précarité, la peur de ne pas trouver de boulot, la surcharge de travail, la pression... Tiens, tiens, ça ne vous rappelle rien ? Comme l’ont fort justement fait remarqué au micro une professionnelle optimiste et une étudiante agacée, tout ceci n’est pas propre à cette profession, mais malheureusement une tendance générale du marché du travail.
«C’est à vous de changer tout ça ; la presse de demain, c’est vous. C’est sans doute dur de s’adapter aux nouveaux supports et formats pour les journalistes de 40 ou 50 ans, mais pour vous, ce sera plus naturel parce vous êtes déjà dedans et parce que vous êtes motivés et passionnés par votre futur métier», a notamment déclaré avec force Odile Andrieu, vice-présidente du Club de la Presse.
Elle a été rejointe dans ce sens par Michel Puech, «dinosaure du métier», qui a notamment déclaré aux étudiants d’un air goguenard :
«Il y a une quarantaine d’années, j’étais assis à votre place et on nous disait déjà que le métier n’était plus ce qu’il était, qu’avant c’était mieux, que cela allait être dur pour nous... Tout ça me fait bien rigoler, le métier n’a pas changé et je suis certain que vous n’allez pas vous laisser impressionner par ces discours !»
Un thème passionnant de la journée a tourné autour des nouveaux médias, notamment les fameux «pure players», ces titres nés sur internet, dont certains constituent les fleurons de la presse indépendante : Arrêts sur images, Rue89, Mediapart, Slate.fr, Owni...
Enfin, à noter, le coup de gueule de François Bonnet de Mediapart qui a dénoncé une presse française à l’agonie, n’arrivant pas à la cheville de la presse allemande, espagnole ou anglo-saxonne, car, nous le citons :
«peu ambitieuse sur le plan éditorial et trop dépendante des grands groupes de presse détenus par des marchands d’armes, amis proches de responsables politiques».
A méditer...
Approfondir
> site de l’EPJT et l’EPJT sur Facebook
> site du Club de la Presse du Val de Loire











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