Avoir 20 ans il y a 20 ans ! Episode 4 : L’information partout, tout le temps
Écrit par la rédac' Mercredi, 31 Août 2011 21:37
Le monde n’a jamais changé aussi vite que ces 20 dernières années. Mais qu’est-ce qui était si différent en 1991 ? Nous avons mis à contribution le tonton de l’un de nos rédacteurs, qui vient d’avoir 40 ans et avait donc 20 ans il y a 20 ans, pour des chroniques sur le sujet. Episode 4/9 : L’information partout, tout le temps.
“Lorsqu’un événement important se produisait - je me souviens notamment de la première guerre du Golfe en janvier 1991 - il fallait écouter France Info, attendre le journal du lendemain ou le JT de 13h ou 20h.
Sans internet, sans smartphone et sans chaînes d’info continue, les choses mettaient du temps à venir et les supports, et donc les sources, étaient très limités. Et là, je ne parle que des événements considérés par ces médias comme étant “les plus importants” (traduisez “ceux dont nous avons décidé de parler”). Pour tous les autres, on se contentait de rumeurs ou de quelques lignes sans image, dans un sombre recoin de quotidien régional ou national.
Aujourd’hui, le premier adjoint d’une petite ville de Slovaquie se prend les pieds dans une marche et dévale des escaliers et dans le quart d’heure qui suit, les images sont accessibles, de n’importe où et par n’importe qui, sur toute la planète.
Pour les événements internationaux, les chaînes d’info continue sont devenues incontournables, le son enlevé - d’où la pertinence des sous-titres qui défilent en permanence - dans certaines salles d’attente et certains bars, restaurants, centres commerciaux et autres lieux publics.
L’information en temps réel est devenue une drogue de masse, imposée et diffusée partout, polluant au passage celles et ceux qui n’ont rien demandé.
Plus impressionnant sans doute, en tout cas à mon avis : au-delà de l’accès à l’actualité, c’est celui à la quasi-totalité des savoirs de l’Humanité en quelques clics, en quelques secondes. En 1991, je me souviens que la grande mode était de jouer au Trivial Pursuit. Un accès ludique et complétement aléatoire à de toutes petites informations très limitées.
Aujourd’hui, même s’il existe encore, ce jeu n’a plus le même charme. A la question “Quelle est la capitale de l’Ouzbékistan ?” la réponse risque bien d’être en 2011 : “Attends, je regarde sur mon i-Phone !” Et là, en quelques secondes, on aura non seulement le nom de cette ville, mais le nombre d’habitants, des images, une vue aérienne, un historique, la liste des coiffeurs, la météo... Bref, des milliers de renseignements, à vous donner le tournis.
Auparavant, la recherche ou la vérification d’information était parfois un travail de longue haleine, quelque chose qui “se méritait” et montrait que la personne était déterminée et perspicace. Un monde est en passe d’être définitivement englouti, celui où l’on pouvait entendre ce genre de phrase : “Tiens, tu sais ce qu’on se demandait l’autre jour au sujet des Mayas, et bien je suis passé à la bibliothèque, j’ai cherché dans plusieurs encyclopédies et au bout d’une demi-heure j’ai trouvé ce que nous cherchions...”
Prochain épisode > E-mail, tchat, SMS : le triomphe de l’écrit (5/9)











Il n'y a aucun commentaire pour cet article