Avoir 20 ans il y a 20 ans ! Episode 9 : Toute la musique en quelques clics.
Écrit par la rédac' Mercredi, 19 Octobre 2011 18:58
Le monde n’a jamais changé aussi vite que ces 20 dernières années. Mais qu’est-ce qui était si différent en 1991 ? Nous avons mis à contribution le tonton de l’un de nos rédacteurs, qui vient d’avoir 40 ans et avait donc 20 ans il y a 20 ans, pour des chroniques sur le sujet. Episode 9/9 : Toute la musique en quelques clics.
En 1991, je crois que je devais avoir une dizaine de CDs. Ils coûtaient une fortune, environ 130 francs en moyenne, l’équivalent d’une trentaine d’euros aujourd’hui en tenant compte de l’évolution des prix et des salaires.
C’était la grande époque des cassettes, qu’on passait des heures à s’enregistrer avec des magnétos «double-cassette», dont assez peu d’étudiants de ma génération étaient alors pourvus.
Pour faire simple, on est passé en 20 ans d’une époque où on écoutait ce qu’on pouvait, à une époque où on écoute ce qui retient notre attention (et encore...). Alors qu’en 1991, les affamés de musique comme mes amis et mois étions en permanence à la recherche de nouvelles choses à se mettre sous la dent, aujourd’hui c’est l’overdose, voire la nausée.
Pourtant, une fois cette désagréable sensation passée et si on sait tenir à distance le tsunami imposé par l’industrie musicale, les nouveaux outils de diffusion de la musique sont de petites merveilles. Un peu de patience, beaucoup de perspicacité et on peut accéder gratuitement (et légalement) à LA musique qui nous «chatouille la colonne vertébrale», en oubliant bien vite les millions de morceaux qui traînent autour et ne nous font ni chaud, ni froid.
Myspace et Deezer sont des outils inespérés il y a même encore une dizaine d’années, qui permettent à n’importe quel musicien (talentueux ou non, et c’est bien là le problème) de mettre à la disposition du monde entier sa dernière composition à peine sortie de son home-studio.
I-tunes et quelques autres plateformes d’achat au morceau permettent d’acheter ce que l’on préfère, sans s’encombrer des morceaux que l’on juge «secondaires» sur un album (la mort de ce format semblant d’ailleurs très proche), tout en soutenant les groupes et chanteurs que l’on aime.
Je me souviens d’albums interminables où j’aimais seulement deux ou trois morceaux. Pour sauter des morceaux, on devait faire «avance rapide» (FF, ou «Fast Forward») sur les magnétos cassette et c’était très compliqué.
Alors on écoutait tout et on finissait par s’y faire, par entrer dans cet univers conçu comme tel par des artistes, un peu comme une exposition où l’on regarde même les œuvres qui ne nous touchent pas au premier abord ; ou un livre, où l’on ne saute pas les pages qui ne nous plaisent pas plus que ça...
Aujourd’hui, on va «droit au but» et on se construit en permanence notre propre «best of», réduisant à néant le travail de fond, de parfois 3 ou 4 ans, d’un groupe qui conçoit, compose et enregistre une œuvre de 14 ou 15 titres et dont on ne retiendra en finalité qu’un ou deux.
Est-ce triste ? Quand on voit que la majorité des groupes sont incapables d’être vraiment bons et intéressants au-delà de deux ou trois morceaux, on peut se dire tant mieux. Mais quid des autres, les quelques-uns qui construisent un ensemble cohérent, superbe de la première à la dernière seconde ?
Enfin, quand j’entends parler d’un groupe à la radio à 7h30 le matin, que j’écoute tous ses disques sur Deezer dans la matinée, que je poste sur Facebook un lien vers l’un de ses meilleurs clips à midi à mes trois ou quatre amis qui adorent ce style de musique et que l’un d’entre eux me répond à 17h qu’il vient d’acheter leur CD chez un disquaire et qu’un autre m’écrit le soir qu’il trouve ça génial et qu’il va aller les voir en concert à côté de chez lui deux semaines plus tard, je me dis qu’on vit dans un monde merveilleux !»
Laurent.











Il n'y a aucun commentaire pour cet article