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Notre série de l’été : Avoir 20 ans il y a 20 ans ! Episode 2 : La société de surconsommation

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visuel-serie-ete-2-sur-8Le monde n’a jamais changé aussi vite que ces 20 dernières années. Mais qu’est-ce qui était si différent en 1991 ? Nous avons mis à contribution le tonton de l’un de nos rédacteurs, qui vient d’avoir 40 ans et avait donc 20 ans il y a 20 ans, pour des chroniques sur le sujet. Episode 2/9 : la société de surconsommation.


“Les années 80 ont vu naître la société de consommation, les années 90 l’ont vu exploser, les années 2000 ont vu naître la société de surconsommation... mais aussi et c’est tant mieux, le début d’une prise de conscience que ça ne va pas pouvoir continuer comme ça !

Il y a 20 ans, ma chambre d’étudiant était certes déjà bien remplie de gadgets et d’objets plus ou moins inutiles, mais à y regarder de près, pas tant que ça. L’achat d’un livre, d’un nouveau vêtement, objet usuel ou disque était un événement, n’arrivant qu’une fois de temps en temps.

Rapidement, les choses se sont amassées chez moi de manière exponentielle. Certes, en commençant à travailler, mon pouvoir d’achat a augmenté, mais pas aussi vite que la baisse significative du prix des choses, grâce entre autres au développement des soldes, promotions, fins de série, produits asiatiques fabriqués à moindre coût et autres magasins spécialisés dans les lots issus de faillites et surstocks, à l’instar des cultissimes “Noz”.

En 2011, on achète un T-shirt comme on achetait une baguette de pain en 1991. Il ya bien sûr des bons côtés dans ce changement, c’est que les gens qui n’ont pas trop de revenus, s’ils se débrouillent bien et fouinent un peu, peuvent avoir accès à des produits sympa.

Mais, ce qui m’attriste le plus dans cette évolution, c’est évidemment la propension au gaspillage, sur l’air de “je ne l’ai pas payé cher, c’est pas grave si je le jette déjà/si je l’ai perdu, j’en rachèterai un autre”. Au début des années 90, on faisait beaucoup plus attention à ses affaires. Et on se lassait beaucoup moins vite des choses...

L’exemple le plus flagrant en ce qui me concerne est la musique. Au début des années 90 sortaient environ 5 à 10 fois moins de disques qu’aujourd’hui (“Les Inrocks” chroniquaient autant de disques en deux mois qu’en une semaine aujourd’hui). L’attente de la sortie d’un album était un long moment d’excitation, qui durait souvent des mois et qui ne pouvait être compensé par l’achat d’autres albums du même style et de qualité égale en attendant.

Je me souviens de moments de plaisir intense lorsqu’on avait économisé longtemps pour s’acheter un CD à 130 ou 140 francs (environ 30 à 35 euros d’aujourd’hui si on tient compte de l’évolution des salaires et du pouvoir d’achat), qu’on poussait la porte du disquaire, qu’on trouvait la chose et qu’on rentrait chez soi avec.

Aujourd’hui, l’industrie du disque, et même les petits labels indépendants plein de bonnes intentions artistiques, nous gavent jusqu’à l’écœurement. Le nombr e des sorties explose, impossible de suivre ; le prix des CDs a baissé, les promotions en tout genre ont explosé : il n’est plus rare de pouvoir acheter 4 excellents CDs récents pour 20 euros. Chez des soldeurs, on trouve de très bonnes choses à 2 ou 3 euros...

On pourrait en dire autant des films en salle et des DVDs. Beaucoup de gens trouvent géniale cette offre culturelle, cette créativité qui déborde de partout, ce choix infini qui s’offre à nous.. Personnellement ça me fait tourner la tête, je trouve que c’est un peu trop et qu’on n’a plus le temps d’apprécier les œuvres à leur juste valeur. C’est sans doute parce que je suis déjà devenu un “vieux schnock”!”

Cette fuite en avant, l’imposition par les sociétés commerciales de choses dont nous n’avons pas besoin dans l’absolu, voire pas besoin du tout, devra un jour où l’autre être arrêtée. Seuls les consommateurs peuvent le faire : tout simplement en cessant de consommer certains produits. Vraiment et définitivement.”

Laurent.


Prochain épisode > Ronds-points, rocades et zones commerciales (3/9)

1 commentaire pour cet article

  1. dans le temps
    Je me souviens d'un petit disquaire, à côté de la place Plum', un amour de disquaire, gentil, serviable, qui servait un café quand tu rentrais....

    Il a été bouffé par la surconsommation.. et c'est bien trop regrettable..

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