Notre série de l’été : Avoir 20 ans il y a 20 ans ! Episode 3 : Ronds-points, rocades et zones commerciales
Écrit par la rédac' Mercredi, 24 Août 2011 22:04
Le monde n’a jamais changé aussi vite que ces 20 dernières années. Mais qu’est-ce qui était si différent en 1991 ? Nous avons mis à contribution le tonton de l’un de nos rédacteurs, qui vient d’avoir 40 ans et avait donc 20 ans il y a 20 ans, pour des chroniques sur le sujet. Episode 3/9 : ronds-points, rocades et zones commerciales.
“En 1991, on passait encore beaucoup dans le centre des petites villes lorsqu’on se déplaçait sur les routes nationales. Feux, stops, travaux, marchés, piétons, circulation ralentie... Je me souviens que certains centres ville à certains moments de la semaine étaient de véritables cauchemars.
Ceux qui y habitaient et faisaient de petits déplacements se mélangeaient avec ceux qui ne faisaient que passer entre un point de départ et une destination plus ou moins éloignée.
L’une des idées géniales (?) qui a commencé à se développer dans les années 1960/1970 pour les grandes villes et a explosé pour les petites villes et les villes moyennes ces 20 dernières années (et ce n’est pas fini) consiste à construire des voies rapides circulaires qui contournent les villes (périphériques ou rocades).
Conséquence directe : désengorgement des centres ville (ce qui a pour beaucoup contribué à leur décrépitude commerciale, immobilière et parfois même sociale) et gain de temps, quoique dans certains cas, pour des villes vraiment petites, on nous fait faire un tour de 7 ou 8 kilomètres pour éviter deux feux et trois rues, ça m’est encore arrivé cet été en Bretagne...
Petit frère indissociable de la rocade, mais aussi présent absolument partout, le rond-point est plus récent et si aujourd’hui il fait partie de notre paysage quotidien (certaines mauvaises langues disent que dans 50 ans, la circulation automobile consistera à passer d’un rond-point à l’autre en permanence !), il devait y en avoir dix ou quinze fois moins il y a 20 ans.
A titre d’exemple, j’ai passé mon permis en 1993 dans une ville de 7500 habitants et dans mes souvenirs il n’y avait pas le moindre rond-point... Dans cette même ville aujourd’hui, il y en a au moins 8.
Fleuris, décorés, arborés, hauts, plats, en bois, en béton... On trouve de tout chez les ronds-points, un peu comme chez les humains ! Conçus pour éliminer les carrefours dangereux et réguler les flux de circulation, ils coûtent cher et leur multiplication et leur systématisation frisent désormais le ridicule.
Troisième du trio emblématique d’une certaine conception de la “modernité”, la zone commerciale achève de vider les centres des villes et des villages. Bien sûr, elles existaient un peu en 1991, mais il arrivait encore à cette époque qu’on traverse des champs, des bois et des landes juste avant d’entrer dans une ville.
Aujourd’hui, l’entrée des villes françaises est une combinaison d’enseignes nationales, disposées de telle ou telle manière. D’une ville à l’autre, la combinaison et la disposition change, mais c’est tout. Que vous arriviez aux abords d’Angers, de Toulouse, de Mulhouse ou de Grenoble, vous avez exactement la même chose...
Uniformisé par ces milliers de hangars plus énormes et laids les uns que les autres, le paysage des bordures de ville a été massacré définitivement, les maisons neuves (elles aussi s’étant multipliées de manière exponentielle) venant s’agglutiner autour comme des mouches, comme si le top du top consistait désormais à vivre le plus près possible des supermarchés et loin des centres ville, souvent devenus des musées sans vie et sans âme, et de la campagne désertifiée.”
Laurent.
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