De quelle maladie souffrez-vous : sérieusite ou humourite ?
Écrit par la rédac' Jeudi, 16 Septembre 2010 17:38
Entre la dérision permanente, cousine de l'humour lourd, et le fait de se prendre toujours au sérieux pour tout et n'importe quoi, sur l'air de “on n'est pas là pour rigoler”, comment trouver le juste équilibre ? En osant être ce qu'on est, sans doute.Beaucoup de personnes souffrent d'abord d'un mal chronique qui frappe sans doute plus les ados et les jeunes adultes : la timidité, l'obsession du regard des autres, la peur d'être “cassé” en public, de faire en bide. Pire encore : la crainte de l'indifférence.
Face à toutes ces choses pas réjouissantes, les armes sont nombreuses, mais certaines sont, à long terme, sans doute encore plus mortelles que ce contre quoi elles sont censées vous aider à vous battre...
Parmi elles, “l'humourite”, petit jeu social ultra-agaçant qui consiste à donner l'air de se moquer de tout, de tourner systématiquement en dérision tous les sujets abordés autour de vous.
Avantages : vous vous faites remarquer, vous en faites rire certains et vous évitez d'avoir à réfléchir et à dire des trucs un peu intelligents à vos semblables qui, pourquoi pas, pourraient en avoir besoin. L'idéal, donc, pour rester dans sa petite bulle, ne pas vraiment échanger avec les autres et ne pas se bâtir de vraies opinions sur toutes les petites - et grandes - choses de la vie.
Inconvénients : vous allez finir par lasser et, à force de d'avorter systématiquement toute discussion un peu poussée, vous allez finir par donner l'impression que vous n'avez vraiment rien à dire sur rien, jusqu'au jour où vous allez en exaspérer un ou une et que vous allez prendre une réflexion hyper trash en public. Vous penserez alors que cette personne manque cruellement d'humour. Et vous aurez sûrement tort...
A égalité en tête de classement, la “sérieusite”, qui consiste à adopter un air grave et à rebondir sans sourire sur n'importe quel sujet, en assénant des infos glanées à droite à gauche ou votre opinion personnelle, valable ou pas (là n'est pas la question, en fait).
Avantages : vous passez pour quelqu'un d'intelligent, voire peut-être de “supérieurement” intelligent auprès de certaines personnes de votre entourage et on va peut-être vous demander plus souvent votre avis, ou se confier à vous. Pendant un moment, on va vous voir comme quelqu'un de “mûr” et de “réfléchi”.
Inconvénients : plus ou moins rapidement, on va vous trouver “un peu chiant”, “rabatjoie” et sans humour (ce qui, cette fois, contrairement à la maladie précédemment décrite, sera sans doute vrai !), ce qui aura pour effet de voir les gens se détacher peu à peu poliment de vous et les invitations à des soirées se raréfier, sauf pour aller voir un film turque en version originale au cinéma “art et essai” de votre ville.
Alors quoi ? On peut plus rigoler ? On peut plus être sérieux ? Si, bien sûr, les deux sont essentiels, mais à condition de savoir alterner. On peut aussi être parfois ni l'un, ni l'autre, juste être comme on est et ne pas se forcer à porter l'un des deux masques (“là, je rigole” ou “là, je ne rigole pas du tout”).
“On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui” , disait le poète/humoriste Pierre Desproges. On pourrait ajouter “mais pas tout le temps” et on pourrait adapter cet adage au mot “sérieux”...











Il n'y a aucun commentaire pour cet article