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Forum de l'Orientation... Rencontre avec un conseiller

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Hassan Azergui est conseiller d'orientation et directeur du CIO à Saint-Amand Montrond dans le Cher. Nous l'avons rencontré sur le stand du Centre d'Information et d'Orientation, en plein milieu du Forum, et nous l'avons interrogé sur son métier et sur son ressenti par rapport aux élèves qu'il rencontre depuis des années.

«Contrairement à ce que l'on peut entendre ici ou là, la grande majorité des élèves ne sont pas inquiets pour leur avenir. Ils se posent des questions et ont parfois des doutes, ce qui est normal.»

 

Trouver sa voie n'est pas une mince affaire. Alors, la trouver du premier coup... N'en parlons même pas ! Il est important de rappeler ici que le travail des conseillers d'orientation commence dès la sixième, avec une sorte de questionnaire qui est proposé aux jeunes qui arrivent au collège.

«Ce questionnaire est assez global et parle plus d'adaptation à l'environnement que d'orientation à proprement parler. C'est un moyen de déceler d'éventuels problèmes chez les élèves et, si c'est le cas, d'agir le plus rapidement possible avec le reste de l'équipe éducative, et particulièrement avec l'assistante sociale dans les cas les plus sérieux.»

 

Un autre grand questionnaire est proposé lors de l'entrée en seconde et aux Bac Pro. Il n'a pas la même portée : il vise à déceler les profils de «décrocheurs scolaires» potentiels.

«Le décrochage scolaire est un vrai problème, qui ne peut être géré efficacement que s'il est pris en compte de bonne heure. Un élève qui n'est par exemple pas à sa place dans une seconde générale, ce n'est pas dramatique : l'équipe pédagogique peut l'accompagner assez rapidement vers quelque chose de plus adapté à ses envies, ses compétences et sa personnalité.»

 

Le calme et la force tranquille de notre interlocuteur n'occultent en rien sa détermination à vouloir aider chaque jeune du mieux qu'il le peut. Il nous explique que chaque journée a ses défis, qu'il doit parfois gérer des incompréhensions importantes entre les parents et les enfants.

«Le projet d'études d'un jeune aura beaucoup plus de chances d'aboutir si les parents l'ont accepté et, par conséquent, le soutiennent. Cela peut paraître évident, mais nous ne cessons de le répéter et de faire en sorte que ce soit le cas, en servant de médiateurs entre les parents et les ados, qui peuvent ne plus se comprendre à un moment donné.»

 

En prolongeant un peu plus la discussion sur ce thème avec Hassan, nous apprenons que le contraire est aussi vrai : les parents ne peuvent seuls porter le projet de leur enfant, il doit en avoir envie et être à un moment ou un autre, persuadé qu'il a fait un bon choix.

«Il existe une certaine pression sur LE bon choix. Or, je pense qu'il existe plusieurs options pour chacun. Il n'y a jamais la bonne réponse absolue. Les possibilités sont nombreuses. Nous travaillons en amont avec les jeunes, non pas pour leur dire : «Tu devrais faire ça !», mais pour leur donner des outils de réflexion. Ceux-ci déboucheront sur la maturité nécessaire pour savoir choisir.»

 

Les séances obligatoires au collège et au lycée, que certains élèves rencontrés sur le Forum n'ont pas hésité à qualifier «d'inutiles», peuvent parfois donner l'impression d'avoir un intérêt tout relatif à un jeune qui a souvent d'autres préoccupations et voudrait des réponses avant même d'avoir commencé à se poser de vraies questions. Ce sont pourtant de petites graines semées dans nos cerveaux en formation qui peuvent un jour finir par faire germer en nous des idées, des envies ou des refus. Bref, des choses qui font grandir.

«Nous suivons tout au long de notre carrière des formations assez précises avec des professionnels, des institutions comme les Chambres des Métiers, les Chambres de Commerces, la Direction de l'Education Permanente, le Centre d'Etudes et de Recherche sur les Qualifications, l'INSEE, mais aussi avec des spécialistes de certains secteurs professionnels. Nous ne pouvons évidemment pas tout connaître, mais nous tâchons d'être à l'affût de toutes les informations utiles aux jeunes que nous accompagnons.»

 

Conseiller d'orientation, un métier souvent méconnu et peu valorisé et pourtant au cœur du chemin que nous parcourons entre l'âge de 11 et de 18 ans. Cet âge où, malgré l'apparente désinvolture de beaucoup, un futur plus ou moins réussi s'esquisse peu à peu.

«Nous ne refusons jamais les entretiens individuels. Au contraire, nous sommes ravis lorsque les jeunes viennent d'eux-mêmes vers nous. Contrairement à ce que l'on peut croire, nous ne sommes pas seulement là pour les élèves en difficultés, mais pour tous ceux qui se posent des questions parfois très simples, sur leur avenir...»

Approfondir

> Entretien personnalisé d'orientation, mode d'emploi :

http://eduscol.education.fr/cid46873/entretien-personnalise-d-orientation.html

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