Jobs d’étudiant : la tentation de tout laisser tomber
Écrit par la rédac' Mercredi, 23 Mars 2011 20:28
Le sujet n’est pas si anodin, les expériences se compteraient chaque année par milliers. Scénario classique : vous trouvez un petit boulot pour financer tant bien que mal vos études, l’avenir est incertain, vos notes moyennes, vos débouchés aléatoires... et très vite, votre job devient la chose la plus solide de votre (encore jeune ) existence.
Ce matin, en arrivant pour faire votre demi-journée chez XXX où vous bossez depuis votre rentrée en deuxième année de fac, votre supérieur ou votre patron vous demande de passer dans son bureau. Vous vous dites : “ça y est, je suis cuit, je suis trop nul, j’ai dû faire d’énormes gaffes, les clients se plaignent de moi, je vais me faire pourrir. Et virer.”
Et bien non, bien au contraire, et avec un peu de recul, même si sur le moment ça aurait été galère, perdre votre job aurait sans doute été la meilleure chose qui aurait pu vous arriver !
En effet, votre patron/supérieur, après avoir tourné quelques minutes autour du pot (“Voilà, Romain, ça fait maintenant 6 mois que vous travaillez pour nous, nous sommes très contents de vous, etc, etc”) vous annonce tout net que Monsieur Ygrec va quitter la société et que Mademoiselle Zède va le remplacer et que, donc, la place de Mademoiselle Zède se libère... Suivez mon regard !
Généralement dans ces cas-là, votre ego devient comme un lion affamé dans une cage de 3m2 et vous êtes déchiré : encore hier soir avec vos potes vous descendiez “cette boîte pourrie” et rêviez d’avoir terminé vos études pour pouvoir leur claquer la porte au nez. Puis d’un coup, on vous propose des responsabilités, une vague augmentation de salaire et des promesses de promotion encore plus importante. Mais, évidemment, il va falloir abandonner vos études...
Du jour au lendemain, vous passez - en théorie du moins - du statut d’ex-lycéen vivant chez ses parents à celui de “presque cadre” en entreprise, alors que vous n’avez même pas terminé votre deuxième année à l’université et que vous ne savez pas vraiment où ça allait vous mener.
Evidemment dans ces cas-là, on vous donne “quelques jours pour réfléchir”. Vous consultez quelques amis pour entendre d’une oreille des avis que vous ne suivrez pas, vous vous engueulez avec vos parents qui ne cessent de vous répéter depuis environ 15 ans qui faut “absolument faire des études longues, pas comme nous”, puis vous vous regardez dans la glace un matin en vous disant que vous en avez marre d’être à 2 euros près et de bouffer toujours les mêmes pâtes qui vont avec...
Certains parcours commencés comme ça se terminent par de belles carrières, mais soyaons clairs : ils sont rares. Pour une raison très simple : tant que tout se passe bien dans la boîte ne question, pas de souci. Mais le jour où vous claquez la porte ou on vous la claque au nez, vous découvrez d’un coup le monde de la recherche d’emploi.
“Vous comprenez Monsieur, vous avez une bonne expérience chez XXX, mais vous n’avez aucun diplôme à part le bac, donc ça nous ennuie un peu, et patati, et patata.” Et encore, ça, c’est dans le meilleur des cas : celui où on vous a convoqué pour un entretien malgré l’absence de diplôme sur votre CV...
C’est là que les (gros) ennuis commencent. Vous avez 30 ans, vous vous êtes coupés de certains amis étudiants qui vivaient leur vie d’étudiant parce que vous vous couchiez à 22h pour pouvoir assurer le lendemain, qui sont partis dans d’autres villes terminer leurs études, qui ont vécu un an à l’étranger...
Vous, vous avez un peu vieilli avant l’âge. A 22 ans, alors que tout le monde galérait autour de vous, vous pouviez payer des coups les week-ends, vous acheter plein de CDs et de fringues, avoir une voiture digne de ce nom et un appart qui faisait envie à tout le monde...
La tentation d’une entrée précoce dans la vie professionnelle, c’est un peu comme l’histoire d’Ulysse et des sirènes : le chant enchante et attire, mais gare aux rochers où votre beau bateau risque de s’échouer ! D’autant plus que la plupart du temps, les boîtes où l’on se trouve un job d’étudiant ne sont pas vraiment des endroits qui correspondent à vos attentes, vos ambitions, vos goûts et votre vocation...
Approfondir
> http://www.letudiant.fr/jobsstages/jobs-stages-emploi-premier-emploi/rebondir-job-d-attente-14227.html











Il n'y a aucun commentaire pour cet article