La solitude n'est pas une fatalité : c'est une facilité !
Écrit par la rédac' Vendredi, 31 Décembre 2010 11:38
A l'heure où beaucoup s'enorgueillissent bêtement d'avoir plusieurs centaines “d'amis” sur Facebook et sont incapables d'aller plus moins qu'un vague bonjour (en encore...) à leur voisin du dessus ou du dessous, des associations se battent au quotidien pour réapprendre aux citoyens les fondamentaux de la vraie vie. Exemple avec Voisins Solidaires.En juillet dernier, une enquête de la Fondation de France révélait ce chiffre effrayant : environ 4 millions de Français auraient moins de 3 conversations personnelles par an.
Pas étonnant que les cabinets de psy ne désemplissent pas et que nous soyons les champions du monde de la consommation d'anti-dépresseurs et pas mal classés non plus côté suicides.
Pour le “plus beau pays du monde” (en tout cas le plus visité, avec environ 70 millions de touristes en 2009...), ça la fout mal. L'individualisme à tout crin, inventé dans les années 70 avec l'explosion de la société de consommation et de la télévision (qui permet le plus grand “bonheur” de l'homme moderne : tout savoir sans sortir de chez soi !), commence sérieusement à tourner vinaigre.
Heureusement, il suffit de presque rien pour inverser la tendance, comme par exemple appuyer sur la touche “off” de son PC ou de sa télé, enfiler une paire de baskets et aller sonner chez la vieille dame du quatrième pour aller faire la causette 10 minutes et lui proposer d'aller lui acheter une baguette fraîche et une salade verte en bas de la rue.
Ce n'est surhumain pour personne. En théorie du moins.
L'association Voisins Solidaires a une vocation à la fois simplissime et très ambitieuse : réapprendre aux gens à vivre ensemble. Drôle et triste, le “kit de Noël” à télécharger sur le site proposait ainsi des activités nunuches types école maternelle de base (décorer le couloir, faire des gâteaux, s'échanger des dessins...). Mais comment a-t-on pu en arriver là ? Ce type d'activités ne devrait-il pas être “naturel” ?
Plus élaborés au milieu de tout ça : glisser une petite carte de Noël sous la porte d'un voisin seul, échanger des bons de service (genre “je te file une heure de soutien scolaire en anglais contre une heure de repassage”) ou encore proposer une place à sa table à sa voisine, veuve et dont les enfants habitent à 800 km et viennent la voir deux jours par an.
Atanase Périfan, créateur de la Fête des Voisins et fondateur du site et du réseau Voisins Solidaires n'y va pas par quatre chemins quand il parle sur son site de “repli sur soi, d'indifférence et d'individualisme”, indiquant au passage que “l'institution ne pourra faire face seule à cette situation.” Et toc !
Un pavé dans la mare du Français moyen qui part souvent du principe que le fait de payer des charges sociales et des impôts le dispense de tendre la main à son prochain. Ni un gouvernement, ni une collectivité locale ne sont en mesure de remplacer les millions de petits gestes du quotidien qui font que les gens sont bien ensemble.
Quand on voit qu'il a fallu inventer une “Journée de la gentillesse”, sous-entendant implicitement que les 364 autres jours de l'année beaucoup de gens ne sont pas forcément gentils, on se dit que l'humanité est en train de se tirer une balle dans le pied.
Il est grand temps de réagir concrètement et d'arrêter de se dire qu'on va bientôt faire quelque chose...
Approfondir
> http://www.voisinssolidaires.fr
> http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Ultra-modernesolitude-224721/











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