Le “Coup de poing” d’une lycéenne !
Écrit par la rédac' Samedi, 18 Juin 2011 15:24

Eulalie, élève de terminale, lassée des incivilités immatures de certains de ses “camarades”, publie un texte acide qu’elle placarde sur les panneaux d’affichage de son lycée, en accord avec le CPE et le proviseur. Un coup de poing sur la table avant son départ qui portera ses fruits, on l’espère, et pourrait servir d’exemple dans tous les lycées de la région.
Dans ce lycée sans histoire, l’opération “coup de poing” d’Eulalie ne sera pas passée inaperçue : affiché un peu partout dans des lieux stratégiques la semaine dernière, deux jours avant la fin des cours des Première et Terminale, en version courte (le long n’était accessible que sur un seul panneau), l’appel à plus de respect, notamment envers le personnel de ménage de l’établissement, nous a littéralement scotchés ici à la rédaction de Jeunes O’Centre.
Nous imaginions difficilement possible que des ados de cet âge-là puissent agir de cette manière ! Ce document est pourtant le VRAI journal de bord banal d’un lycée ordinaire. Et c’est affligeant.
Elle attaque fort et sans détour : “Il y a beaucoup de choses à déplorer ici. Beaucoup trop. (...) Je vous préviens, vous l’aurez compris, ce billet va être salé. Parce que ça fait trois ans que ces réflexions, je les rumine, et je m’empêche de les crier (...) je me sentirai plus légère d’avoir exprimé mes peines.”
La suite est une longue liste de méfaits méticuleusement décrits et rangés par grandes thématiques, avec des mots parfois crus, ce qui ne refroidira ni les agents à qui Eulalie fournira son premier jet pour “validation”, ni le CPE, ni le proviseur, qui n’hésiteront pas à autoriser cette élève pas comme les autres à aller au bout de sa démarche citoyenne de lycéenne responsable.
On commence par les jeux dégoûtants à la cantine, que même des enfants de maternelles laissés sans surveillance pendant un quart d’heure n’auraient sans doute pas l’idée de faire (déchets dans les pichets, inondation de sachets de sel et de sucre rendus inutilisables, bouts de pain jonchant les tables...)
Eulalie, en évoquant le personnel de service, redéfinit simplement cette notion : “Ces personnes sont là pour nous, pour rendre service, faciliter la vie au sein du lycée. Ils sont employés dans ce but, et non, - pardonnez-moi l’expression - pour nettoyer nos “merdes”.
Et d’enchaîner sur une phrase horripilante qu’on lui a maintes fois rétorquée lorsqu’elle osait faire des commentaires aux coupables : “Ils sont payés pour ça !” “Mais combien de fois cette réflexion m’a-t-elle cinglée de plein fouet, combien de fois ai-je été déçue par vos réactions... ! Comme si tout cela était banal, normal. Je trouve cela tellement aberrant, totalement injuste, profondément égoïste.” Et toc !
Nous vous faisons grâce des détails de l’épisode sur les toilettes qui sont régulièrement transformés en porcherie par quelques énergumènes qui, visiblement, n’ont pas franchi le stade du pipi-caca, alors qu’ils auront bientôt le droit de vote et celui de conduire une voiture (ça fait froid dans le dos).
Eulalie parle aussi d’un autre aspect du manque de respect : l’indifférence à l’égard du personnel de service, comme si celui-ci faisait partie des murs, déshumanisé par l’absence totale de considération d’un certain nombre de lycéens. Tout au long de son attaque, elle hésite entre interpréter ces actes quotidiens comme de l’irresponsabilité ou, au contraire, comme de la méchanceté volontaire.
Quoi qu’il en soit, elle rappelle les règles élémentaires de vie en communauté : “S’y contraindre n’est pas un calvaire, juste un effort commun. Parce que ces petits gestes, si ce n’est pas vous qui les faites, ça sera quelqu’un d’autre, et malheureusement, ça tombe toujours sur les mêmes.”
Dans l’une de ses nombreuses thématiques égrénées les unes après les autres, on trouve le chewing-gum balancé ou collé n’importe où. Là, Eulalie aborde les fameux concepts du « ni vu ni connu » et celui du « pas vu pas pris », autres éléments clés de l’inconscience crasse de ces quelques hurluberlus qui peuvent dégrader des lieux communs très rapidement.
Quand on l’interroge sur son action (qui a reçu dans les heures suivantes un écho très favorable, des élèves comme du personnel - enseignant ou non), elle n’a qu’un seul regret : “J’aurais dû le faire plus tôt”. Le proviseur lui a promis qu’il se servirait de son témoignage pour l’année prochaine. En espérant que ces quelques fautifs réalisent un jour que pourrir son lieu de vie quotidien et mépriser le personnel, c’est se salir un peu soi-même aussi...
Approfondir
> Profession Agent des Lycées ; descriptif et superbe série de photographies noir et blanc sur notre site :
http://www.jeunesocentre.fr/actus-region/profession-agent-des-lycees.html











Le 07-12-2011 à 20:26:13 - Rose-Marie Moledda a écrit :
Le “Coup de poing” d’une lycéenne !
Constat amer mais bien réel, on rêve tous d'avoir une Eulalie au sein de notre établissement, pour que toutes ces incivilités disparaissent et que le respect des personnes et des biens soit de nouveau d'actualité... Parents montrez l'exemple les enfants suivront... Merci Eulalie pour ton courage... Je suis sûre que tes enfants seront bien élevés !