Notre envoyé spécial au cœur d’une réunion de rentrée de lycée
Écrit par la rédac' Dimanche, 18 Septembre 2011 23:52
Après notre reportage sur les résultats du bac, nous avons envoyé l’un de nos rédacteurs incognito dans une réunion de rentrée d’un lycée de la région Centre. Il nous en rapporte cette chronique.
Après avoir gravi deux étages d’escaliers, nous voici salle 22, avec vue sur une belle cour arborée (et, ce matin-là , ensoleillée à souhait). Sur la porte une feuille A4 a été scotchée à la hâte : «Seconde 4, liste des enseignants». Une quinzaine de noms, avec des matières en face.
A l’intérieur, pas mal de tables libres encore (nous sommes en avance) et quelques parents, seuls ou en couple, assis sagement face à un professeur d’histoire-géo décontracté, mais visiblement attentif et accueillant chaleureusement chaque nouvelle personne qui franchit le seuil de la classe.
Je m’installe à côté de ma petite sœur qui, du coup, trouve les choses un peu moins impressionnantes, même si nos parents sont là eux aussi, et se mette sagement deux rangs devant. C’est vrai que, je me souviens, passer de la Troisième à la Seconde, sauf pour ceux qui restent dans le même établissement, c’est quand même un sacré truc.
L’heure prévue arrive et la salle est presque remplie. «C’est l’heure, mais on va attendre cinq minutes pour les retardataires, je sais que certains viennent de loin», annonce le prof, magnanime. Mais il ajoute aussitôt, avec un sourire entendu : «Evidemment, pendant l’année, aucun retard ne sera accepté !»
Une fois la réunion officiellement ouverte, l’homme barbu à la chemise bleue commence son «exposé» calmement. On sent un subtile mélange de fermeté, de tranquillité et de professionnalisme et je ne peux m’empêcher, au bout de quelques minutes de me dire que la plupart des profs d’histoire-géo que j’ai eus il y a quelques années, n’étaient pas comme ça, même s’ils étaient plutôt pas mal.
La présentation donne lieu à toute une ribambelle de questions, certaines laissant penser que des parents sont quand même assez inquiets, probablement largement autant que leur progéniture, si ce n’est plus !
On perçoit déjà ceux qui vont demander 200 rendez-vous dans l’année aux professeurs dès qu’il y aura le moindre doute sur quoi que ce soit, ceux qui se sentent obligés de préciser à plusieurs reprises qu’ils sont les parents d’un certain «Baptiste» comme s’il avait trois ans et qu’il était ultra-différent de ses congénères, et ceux, plus en recul, qui viennent s’informer avec sérénité des grands fonctionnements de cet établissement.
Les intervenants défilent à la suite du prof principal : prof de français (hyper dynamique, motivante, mais en même temps visiblement sans pitié pour celles et ceux qui auraient la mauvaise idée de se la couler douce !), CPE, proviseur, prof d’anglais, de sport, d’espagnol, d’allemand, de maths, etc, etc.
Même si je trouve cette palette de personnages très changeante et intéressante, et leurs discours globalement rassurants, précis et déterminés, je vous avoue qu’au bout d’une heure trente, je commence à sérieusement fatiguer. Ma sœur se trémousse sur sa chaise, certaines mamans commencent à textoter ouvertement sous le nez des profs (Oui ! Oui ! Vous avez bien lu !!! Comment voulez-vous que leurs enfants n’en fassent pas autant après ?!).
Quelques dernières questions plus ou moins pertinentes et nous voilà «libérés», comme l’annonce fièrement le prof principal, sans doute lui aussi content d’en avoir terminé, même si on voyait très bien qu’il était sincèrement content d’être là et de présenter le lycée et son fonctionnement en détail.
Pour tout vous dire, ça m’a presque fait envie de retourner quelques années en arrière. En tout cas, ma sœur est à fond et a l’air très motivée de bosser avec ces gens-là . Au départ très dubitative sur l’utilité d’une telle réunion, elle en est ressortie le sourire aux lèvres et nos parents aussi !











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