Notre série sur le logement étudiant (article 4/5) - Colocation
Écrit par la rédac' Lundi, 14 Février 2011 17:04
“Et l'année prochaine, tu vis où, toi ?”Question classique, surtout chez les Terminales, mais pas seulement : un changement de fac, d'école, de formation nécessite parfois un changement de ville et donc une remise en question de votre organisation de vie. Quatre grandes options : la résidence universitaire/l'internat, le petit studio indépendant, la colocation ou quelques années de rab chez papa et maman...
Chaque génération a ses classiques de fin de repas : nos arrière grands-parents racontent leurs souvenirs de guerre, nos grands-parents ceux de mai 68 et nos parents - enfin, nos papas - ceux du service militaire... Et nous, qu'aurons-nous à raconter de si fort à nos enfants ? Des souvenirs de colocation, sans doute !
Véritable institution en Angleterre depuis fort longtemps, même chez des trentenaires qui bossent, la colocation étudiante se développe de plus en plus en France. Crise, baisse généralisée du pouvoir d'achat, loyers chers, désir de vivre en centre ville coûte que coûte, peur de la solitude, envie de s'amuser, influence du film “LʼAuberge Espagnole” de Klapisch... les raisons d'un tel engouement ne manquent pas !
Alors qu'il y a encore peu de temps la grande majorité des propriétaires de maisons et de grands appartements en ville la refusaient catégoriquement, de plus en plus comprennent que la “colocation solidaire” a des avantages, le premier étant de garantir le remplissage de leur bien ! Simple question d'offre et de demande.
Ce qu'on appelle parfois “colocation solidaire”, c'est le fait que les colocataires s'engagent à ce que le loyer soit intégralement payé même si certains partent en cours de route. Nous ne rentrerons pas ici dans les détails, il faut se renseigner en agence ou voir directement avec les propriétaires concernés qui sont généralement bien informés et organisés lorsqu'ils “colouent”...
Sur le papier, la colocation c'est le bonheur intégral : ambiance assurée, partage des tâches, des recettes de cuisine, des disques, des points de vue sur tout et sur rien, des amis 24h/24, fin de la solitude...
En réalité, vous vous en doutez, ça peut être l'enfer : désaccords sur l'heure des repas, sur la gestion du ménage, sur la notion de bruit et d'intimité, oublis réguliers des tâches partagées, incompatibilités d'humeur croissantes et, cauchemar absolu, intégration forcée de la nouvelle petite copine ou du nouveau petit copain qui, inévitablement, vient bousculer l'équilibre de la colocation et fait apparaître le spectre d'un possible départ.
Vieux débat qui n'a peut-être pas lieu d'être : vaut-il mieux colouer avec des potes ou avec des inconnus ? L'argument numéro 1 contre la première solution c'est le risque de massacrer en quelques mois une relation de 5 ou 10 ans. L'argument contre le second c'est qu'on ne sait jamais sur qui on va tomber et qu'une personne apparemment sympa lors des premiers jours peut s'avérer horrible au quotidien.
Réponse très simple : on ne peut jamais savoir sans essayer. Dans un cas comme dans l'autre, on risque gros, certes, mais on n'a rien sans rien et puis la vraie vie c'est bien ça, se frotter aux autres quitte à ce que ça fasse un peu mal, avec le “risque” aussi que ça se passe super bien. Ou alors les deux : un jour bien, un jour moins bien...
On ne peut pas passer sa vie à ne fréquenter les gens qu'à distance numérique, par Facebook ou I-phone interposés. Lumières pas éteintes, vaisselle pas faite, odeurs corporelles, emprunt de yaourts... font partie des charmes agaçants d'un truc génial qui s'appelle les relations humaines.
Même si, dans l'absolu, les bonnes résolutions - même écrites noir sur blanc - peuvent voler en éclat rapidement, on vous conseille quand même la bonne vieille réunion précolocation, avec établissement de quelques règles bien précises et acceptées par tous, qui seront soigneusement signées par chacun et affichées dans un coin de la cuisine ou d'une autre pièce commune. Dès le premier jour !
Autre clé de la réussite : le dialogue simple et direct. Plus facile à dire qu'à faire vous nous direz, mais la rancoeur est un sale truc qui pousse en quelques semaines dans le silence et reste coincé dans la gorge jusqu'à explosion. A titre d'exemple : si votre coloc a laissé les WC dans un état lamentable douze fois, le ton de votre reproche sera forcément moins agréable - et votre tentative d'humour moins ratée - que si vous l'avez fait dès la deuxième fois... Alors, faites-le dès la deuxième fois !
Belle ou calamiteuse, la colocation reste une aventure et les aventures, ça forge le caractère. Laissez-vous tenter !
Approfondir
> http://www.colocation.fr/pages/guidedesurvie.php











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